jeudi 22 septembre 2011

Exécution de Troy Davis et Peine de Mort à la Française

 A l"heure où le système financier international se désintègre, que l'occident se lance dans une politique de recolonisation, que divers cataclysmes naturels affectent quotidiennement notre planète, que font les médias ? Ils nous invitent à nous pencher sur le cas de Troy Davis, qui sera exécuté alors que (soit disant) on n'est même pas sûr à 100% qu'il soit coupable.
Diantre ! Serait ce un nouveau Mumia Abou Jamal ?
C'est Amnesty Internationnal qui méne l'affaire, le suspense a quand même duré quelques jours puis il a été exécuté comme prévu.
Dans les jours qui viennent, vous verrez que les médias trouveront  un autre sujet pour faire diversion.






Il est un bizarre le système de valeur des Français. Hier, un condamné à mort a été exécuté dans l’Etat de Géorgie. Il s’agit de Troy Davis accusé d’avoir tué un officier de police en août 1989. On peut être pour ou contre la peine de mort, par contre il vaut mieux réserver des mots comme « martyr » à la victime et sa famille.

Oui, en France on porte très haut dans son cœur les violeurs, assassins et pédophiles. On les libère après une claque sur la main et ils sortent choisir une autre victime au gré de leurs pulsions. A chaque victime, on leur rajoute une récidive dans le dossier. Au bout d’un nombre important de récidives, on les appelle « multirécidivistes ». Un multirécidiviste est le symptôme même d’une société malade qui donne le droit à ceux qui le veulent, de violer, torturer, tuer… en échange de quelques années de prison à chaque fois. Le mot « victime » est souvent abstrait. Vous pouvez le remplacer par votre nom, celui de votre enfant, ou toute autre personne à laquelle vous tenez.

Les Français devraient éviter de critiquer les pays qui ont la peine de mort parce qu’elle existe aussi en France ! Ramenés au nombre d’habitants, il y a autant de morts aux USA qu’en France par peine de mort. Sauf qu’en France, c’est des innocents qui payent. La France n’a pas aboli la peine de mort, elle a juste transféré les morts : ce ne sont plus des criminels qui meurent, mais des membres du public choisis au hasard par les criminels.

L’abolition de la peine de mort c’est une sorte de cessez le feu à sens unique. La société ne tue pas les criminels, en espérant que ceux-ci vont cesser de tuer à leur tour. C’est faux, ils tuent même plus parce qu’on les épargne. Le résultat net est qu’on épargne X vies de criminels et on perd X vies de personnes innocentes.
La question d’être pour ou contre la peine de mort est une fausse question. Sur le terrain, elle ne se pose pas comme ça, mais plutôt : êtes vous pour la peine de mort pour les criminels ou des innocents pris au hasard dans le public ?

Revenons au cas de Troy Davis le 19 août 1989. Avant de devenir un héros, martyr et modèle pour beaucoup de gens, c’était un noir armé errant avec des copains dans les rues d’Atlanta cherchant la merde. En début de soirée, il tire sur un véhicule qui quittait une fête et atteint une personne à la tête.

Une heure plus tard, il est dans un King Burger toujours avec ses copains. Il a sorti un flingue et frappé d’un coup de crosse un sdf qui refusait de donner sa bière. Le sdf de met à gueuler et un flic qui était dehors l’entend et vient voir ce qui se passe. A sa vue, Troy Davis prend la fuite à pieds et le flic le poursuit à travers le parking. Davis se retourne et tire deux fois. Une balle atteint le flic à la cuisse et l’autre rentre par le coté de son gilet par balle, passe près du cœur, sectionne l’aorte et finit au fond de la cage thoracique. Il lui reste au mieux deux minutes à vivre mais il va mourir encore plus vite. Davis reviens vers lui et lui tire une balle dans le visage puis reprend la fuite.

Le lendemain, Davis raconte à un ami qu’il a eu un problème dans un restaurant, qu’il a frappé un gars avec un flingue puis qu’il a tiré sur un flic et a même du revenir pour « finir le job » parce que le flic l’avait vu assez pour le reconnaitre. Quelques jours plus tard, il se rend et raconte la même histoire à un autre prisonnier. Deux ans plus tard, il est condamné à mort.

Contrairement à ce que dit la presse, les témoins ne sont pas revenus sur leurs déclarations. Ils ont juste dit qu’aujourd’hui, plus de 20 ans après les faits, ils seraient incapables de reconnaître ou se souvenir exactement du tireur. Néanmoins, la justice favorise toujours les témoignages faits à l’origine de l’affaire et longtemps après, il est normal qu’on ne puisse plus retrouver la même qualité de témoignage qu’au début.



La vraie victime
Mark MacPhail

Troy Davis a été exécuté hier. Dans sa dernière déclaration, il balance un mensonge que même ses plus fervents admirateurs ne défendent pas : « Je n’avais pas de gun ».

Beaucoup de condamnés à mort ont une ligne de défense qui inclut un « Superman ». Le Superman surgit du néant dans une scène au timing très serré, commet le crime et disparaît. Le public lui, ne voit que le prévenu. Dans le cas de Troy Davis, entre le moment où il sort du King Burger flingue en pogne et le moment où le flic est flingué dans le parking, Superman est intervenu. Il est arrivé à la vitesse de la lumière. Il a pris le flingue de Davis, il a tiré sur le flic et il a disparu. Qu’ont vu les gens ? Troy Davis

Les condamnés à mort US se mettent souvent à parler de Jésus, écrivent des livres pour enfants ou des discours contre la violence. Hélas, ceci arrive trop tard pour eux, comme pour leurs victimes.
  
http://aldo-sterone.blogspot.com/2011/09/execution-de-troy-davis-et-peine-de.html

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