vendredi 27 janvier 2012

Megaupload a bien été fermé car il génait les majors de l'industrie du divertissement.


2 entretiens qui confirment les rumeurs : Megaupload a été fermé et son boss incarcéré car la firme voulait rentrer dans la légalité en proposant un système rémunérant directement les artistes, ce qui aurait empêché les majors de ponctionner leurs revenus.
C'est tout le discours sur les droits d'auteurs qui s'écroule, les majors veulent le fric et se moquent des artistes.







                         
Entretien avec un des dévellopeurs de la Megakey :
Ainsi donc, tu as été salarié de Megaupload. As-tu rencontré Kim Dotcom personnellement ? Et sur quoi travaillais-tu lorsque le site a été fermé ?

J’ai rencontre Kim il y a quelques années, mais bien avant d’être employé par Mega. Mais je ne le connais pas vraiment. Lorsque l’affaire a éclaté, j’étais employé depuis 4 mois, dans un petit groupe de développeurs dans une grande ville d’Asie du Sud-Est. Je bossais sur un projet de stockage orienté business, pas du tout orienté warez (ndh16:logiciels piratés et échangés sous le manteau), et super user-friendly (ndh16: à l’interface utilisateur conviviale et adaptée pour autre chose que les techniciens purs et durs).

Comment se passait le travail, l’ambiance ? Les salariés étaient-ils au courant des activités illégales de MegaUpload ?

En fait, l’ambiance était bonne. Les employés étaient confiants dans la légalité de Megaupload. J’avais même un collègue qui bossait sur le système de takedown DMCA, et ça marchait bien.

(ndh16: il s’agit d’un système qui permet de retirer directement un contenu illicite sur demande, suite au Digital Millenium Copyright Act, ici envisagé de façon quasi-automatisé)

Comment as-tu appris la nouvelle de la fermeture ? Que s’est-il passé ensuite ?

Mon patron m’a appris la nouvelle au bureau, mais c’était déjà dans les nouvelles un peu partout. Ça a été une énorme surprise pour tout le monde. Après, on a été un peu dans le flou quelques jours, puis notre patron nous a dit que les comptes bancaires étant bloqués, il ne pourrait pas nous payer ce mois-ci. Je n’aurais pas de salaire pour Janvier. En parallèle, dès la fin du mois, le bail pour les bureaux va être terminé. Ça a été très vite.

Et que penses-tu des rumeurs qui disent que MegaUpload a été fermé précisément parce que l’entreprise voulait lancer une offre concurrente aux grosses Majors ?

Je n’ai pas eu de présentation officielle de la stratégie, mais ce que j’en ai entendu, c’est qu’ils voulaient devenir le plus légal possible.

Par exemple, la société avait interrompu il y a six mois le programme de récompense qui permettait aux utilisateurs proposant les contenus les plus populaires (les plus téléchargés) de toucher de l’argent. Dans le même temps, des concurrents sur d’autres sites de téléchargement directs, eux, ont continué leurs propres programmes de récompense, comme si de rien n’était.

Pour montrer sa bonne foi, une partie des serveurs de MegaUpload ont été mis aux États-Unis, afin de bien montrer que l’entreprise n’avait rien a se reprocher, et voulait rentrer dans le rang. Pour dire, même les serveurs de mail étaient aux États-Unis, ce qui a d’ailleurs permis au FBI de lire les e-mails.

Les demandes de retrait de contenu illicite (« takedown DMCA ») étaient honorés très rapidement, bien plus qu’avant.

Et surtout, je confirme que la Megabox n’était pas une façade. Kim avait la conviction que le business-model des majors était dépassé et que son service était l’avenir. D’ailleurs, il avait envoyé un représentant au Sénat français pour expliquer leur façon de travailler, et aussi montrer leur bonne volonté vis-à-vis des pouvoirs publics et de la légalité. La présidente de la HADOPI l’avait même invité en Février pour discuter. D’ailleurs, même le président de la SACD, Pascal Rogard, celui qui lui avait fait les signes de menottes en public, l’avait invité ! Et là, le but était que Megabox ait le label HADOPI.
http://h16free.com/2012/01/27/12433-fermeture-de-megaupload-interview-dun-des-developpeurs

 Entretien avec un employé de Megaupload :
Interview - Emmanuel Gadaix, qui se présente comme un employé de la société, ne s'est pas exprimé depuis la fermeture de MegaUpload. Il revient pour ZDNet.fr sur le projet d’offre légale MegaBox que préparait le site, une initiative qui dérangeait selon lui certains groupes d'intérêts.

ZDNet.fr - Tout d’abord, qu’en est-il aujourd’hui de la situation du groupe Megaupload et de ses employés ?
Emmanuel Gadaix - Tous les employés sont au chômage technique, tous les comptes en banque ont été bloqués et toutes les sociétés ont été fermées.

La fermeture de Megaupload et la saisie des 18 noms de domaines affiliés signe-t-elle la fin de toute activité ?
La justice américaine en décidera. Il lui reviendra de trancher sur la nature du business de Megaupload.

Hormis les 7 personnes inculpées par les autorités américaines, d’autres collaborateurs sont-ils visés ?
Les autorités ont visé les créateurs et les actionnaires de Megaupload.

Le 11 janvier dernier, lors de votre intervention devant la commission de la Culture, de l'Education et de la Communication du Sénat (vidéo en bas de l'article), vous avez évoqué votre projet d’offre de contenu baptisé Megabox.
Il a été proposé à Hadopi au Sénat la création d'une plateforme d'échange de contenu garantissant la rémunération des auteurs.

Pourriez-vous nous le décrire et confirmer la présence des partenaires suivant : 7digital, Gracenote et Amazon* ?
Je n'ai pas participé au développement de Megabox, donc je ne peux confirmer quels étaient les partenaires choisis. Il me semble qu'en effet Megabox avait un partenariat avec ces sociétés pour lancer le service.

Megabox prévoyait d’offrir un accès gratuit à de la musique ainsi qu’à des films en rémunérant les ayants droit via Megakey. Aviez-vous déjà des accords avec des artistes ?
Megabox, c'était pour la musique. Le projet pour les films (Megamovies) était en développement et nous étions en discussion avec des sociétés - dont une française - pour lancer une offre de VoD. Megabox avait signé des accords avec un nombre d'artistes, dont certains que vous avez pu voir dans la fameuse chanson MegaSong** (P. Diddy, Will.i.am, Alicia Keys, Kanye West, Snoop Dogg, Chris Brown, The Game, Mary J Blige, NDLR).

Dans votre discours au Sénat, vous évoquez un accord avec une université française et la société Wakanim. Pourriez-vous préciser ce qui était prévu ?
Avec Wakanim (plateforme communautaire de diffusion de mangas, NDLR) nous allions héberger et mettre à disposition l'ensemble des Mangas pour lesquels ils ont une licence et ainsi créer une offre 100% légale. Avec l'université, nous étudions un projet pour mettre en ligne les contenus d'enseignement numérique à l'aide de l'infrastructure de Megaupload. Grâce à notre capacité de stockage, notre bande passante de qualité, notre système de streaming et de broadcasting, Megaupload leur permettait de se lancer dans le numérique sans avoir à faire aucun investissement d'infrastructure.

Comment ont réagi les maisons de disque et les studios à ce projet ?
Il est clair que les maisons de disque et les studios se sentent menacés par tout modèle économique qui ne leur est pas favorable. Vous avez pu voir les réactions d'Universal lors du lancement de la MegaSong**. Sans aucune justification légale, Universal a abusé du procédé du DMCA pour faire un "takedown" de notre vidéo sur YouTube. À la suite de cette affaire, Megaupload leur avait fait un procès, afin de faire la lumière sur cette histoire. Youtube a donné raison à Megaupload.

Le 11 janvier dernier vous participiez à une table ronde au Sénat. Une semaine plus tard, Megaupload est fermé et certains de ses dirigeants incarcérés. Comment expliquez-vous un tel retournement de situation ?
Le hasard du calendrier ? L'intervention au Sénat nous a permis de clarifier notre position et de participer à un débat sur le futur de l'Internet. Le message est d'autant plus d'actualité que nous venons d'avoir eu une démonstration d'abus de pouvoir résultant de mesures répressives.

Certains observateurs font le rapprochement entre la sortie de votre offre Megabox et la procédure lancée par les autorités américaines contre Megaupload. Quel est votre commentaire à ce sujet ?
Le lancement de Megabox était prévu pour l'anniversaire de Kim le lendemain de son arrestation en Nouvelle-Zélande. Le service avait été testé en "bêta" depuis des mois, et nous étions très excités de pouvoir lancer ce service 100% légal avec des personnalités du monde de la musique comme Swiss Beatz, dont il était prévu qu'il dirige ces nouvelles initiatives. Il est évident que ces initiatives dérangeaient certains groupes d'intérêts, et il est fort possible qu'ils aient usé de leur pouvoir de lobby pour faire pression sur les autorités.

Vous avez déclaré la semaine dernière que vous feriez tout pour rouvrir le service. Est-ce toujours d’actualité, en avez-vous légalement la possibilité ?
Nous n'avons pas la possibilité technique de redémarrer le service pour l'instant car la plupart de nos serveurs sont sous scellés. Bien entendu, notre première priorité est de rétablir le service de partage de fichier afin que nos utilisateurs puissent accéder à leurs données personnelles. Nos avocats y travaillent, mais le cadre juridique est compliqué et il est clair que le gouvernement américain va faire tout son possible pour l'empêcher.

D’un point de vue général, quel est votre sentiment sur la manière dont les choses se déroulent depuis le 19 janvier ?
Personnellement, ce qui me choque le plus c'est que, juste sur simple présomption de culpabilité, les autorités peuvent bloquer l'accès à leurs fichiers à des millions d'utilisateurs légitimes, pour lesquels aucun ayant droit n'a formulé de demande de retrait de contenu. C'est une véritable voie de fait et une atteinte à leur vie privée, et à leur propriété privée, et donc à leurs libertés fondamentales. Comme je l'expliquais au Sénat, ce genre de mesures répressives sont liberticides - nous en avons ici une démonstration flagrante.
Propos recueillis par Marc Zaffagni pour Eureka Presse / ZDNet.fr

http://www.zdnet.fr/actualites/megaupload-entretien-exclusif-avec-un-employe-du-site-ferme-par-le-fbi-39767935.htm

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