samedi 21 janvier 2012

Un bonus pour le commandant du Costa Concordia ?

 Une petite réfléxion sur le naufrage de nos valeurs morales...


Le vendredi 13 janvier 2012, le navire Costa Concordia s’échouait sur un récif rocheux et commençait à se coucher sur le flanc en sombrant. Le commandant, Francesco Schettino, rassura rapidement les passagers et se mit à l’abri dans un radeau de sauvetage. Selon certains récits, il aurait même eu le réflexe de sauver le cash contenu dans le coffre fort du navire. Il aurait également refusé de revenir sur le navire pour aider à coordonner l’évacuation et les secours.

Beaucoup de gens sont choqués par le comportement du pacha. Well…

Le 14 janvier 2012, on apprend que le boss de Tesco, la plus grande chaîne de super marchés britannique, a vendu ses actions juste avant que l’entreprise n’annonce des pertes [source].

Le 11 novembre 2011, la RBS, banque britannique, annonce distribuer 500 millions de Livre de bonus [source] à ses dirigeants qui l’ont dirigée aussi mal que le Costa Concordia : presque 800 millions de pertes annoncées l’été passé et d’autres à venir. Le 12 janvier 2011, la RBS annonce la suppression de 5500 emplois [source] alors que les responsables du désastre ont reçu jusqu’à 1 million de livres de bonus en sus de leur salaire normal.

It’s the World you are in my dear!

Vous voulez que je vous sorte la liste des hommes politiques corrompus ou bien j’arrête la démonstration ?

A l’image de la majorité des personnes qui sont aux commandes, le pacha du Costa Concordia n’est pas arrivé à sa position en démontrant des qualités de courage, de valeur et de sagesse. Pour « arriver » aujourd’hui, il faut être loup parmi les loups ou putain parmi les putes. Le commandant qui se laisse couler avec son navire ou qui se fait sauter la boite crânienne avec une cartouche de P38 au moment du naufrage, ça n’existe plus. De même, les hommes qui laissent passer les femmes et les enfants vers les chaloupes, ça n’existe plus. Mourir avec un cigare et un verre de Cognac en regardant la foule se tabasser pour sauver sa misérable vie comme elle se tabasse pour une Nike Jordan, ça n’intéresse plus beaucoup d’hommes. Pourtant, c’est un départ très romanesque… Je rêve et le cigare est mauvais pour la santé.

Quand le Titanic avait coulé en 1912, il était à plusieurs jours de navigation de la moindre terre. Dans ce monde, il n’y avait ni avions, ni satellites, ni balises GPS. Et les passagers s’étaient comportés dignement alors qu’ils savaient qu’il n’y avait pas assez de canots de sauvetage pour tout le monde. Le taux de survie chez les femmes était de 74%, chez les enfants 52% et seulement 20% chez les hommes. Chez les enfants de première et de seconde classe, le taux de survie était de 100%. Clairement, les femmes et les enfants étaient passés d’abord.

Un siècle plus tard, le Costa Concordia s’échoue sur une plage de méditerranée et s’incline. Une personne qui se serait montée sur le pont supérieur se serait callée contre une cloison, aurait pu apprécier les étoiles jusqu’à l’arrivée des secours. Pourtant, il eut d’énormes bousculades, comme un jour de soldes, et les gens ont marché les uns sur les autres pour arriver les premiers dans des canots qui allaient leur faire faire les 100 mètres qui les séparaient de la plage.

Aux heures glorieuses de la marine, quand un navire coulait, les hommes d’équipage aidaient les passagers à évacuer et l’orchestre continuait à jouer jusqu’à ce que le commandant s’approche de chaque homme lui dise : chacun pour soi. Aujourd’hui, c’est chacun pour soi. Tous les jours, tout le temps.

Encore une chose, si le commandant du Costa était un homme politique ou un banquier, on aurait fait payer les passagers pour lui offrir un bonus.

C’est le monde dans lequel nous vivons.
http://www.operationteafortwo.com/2012/01/17/un-bonus-pour-le-commandant-du-costa-concordia/

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