vendredi 24 février 2012

Une taxe sur les FAI pour sauver la presse

Concrètement cela s'appelle du parasitisme.


Une presse subventionnée encore plus veule


Dans un pays sclérosé comme la France, la mort de tout un secteur économique prend du temps et nécessite, pour une agonie vraiment lente mais vraiment terminale, l’intervention d’un maximum de personnages de l’Etat. Et cette intervention passe par le lobbyisme et le corporatisme, avatars institutionnalisés d’un capitalisme de connivence parfaitement assumé par des journaliste de gauche mais pas suffisamment fous pour croire à leurs opinions politiques : le marxisme, le socialisme, l’anticapitalisme plus ou moins revendiqué, c’est très bien pour le contenu des papiers, mais dès qu’il s’agit de bouffer, on oublie. Le moindre petit tintement de la grosse louche à subvention sur les grandes marmites cuivrées remplies de fond public attirent immanquablement tous les ténors de la presse, jamais en retard à la gamelle.
Et lorsque cette corporation lutte pour un pouvoir d’achat, sachez que c’est le sien, et certainement pas le vôtre : aider la veuve, l’orphelin, le précaire et le smicard, c’est très bien sur le papier. En pratique, s’il faut proposer d’augmenter les tarifs des FAI en faisant payer leurs clients plus cher, qu’à cela ne tienne : « proposons rapidement une bonne taxe qui claque et récupérons ainsi l’argent des autres dans nos popoches pour continuer à produire la même soupe insipide qui a fait notre renommée ! »

L’ »idée » est donc lancée et on peut déjà observer les barils d’argumentaires bien dodus se déverser dans une presse évidemment toute acquise au principe. En pratique, on retrouve, packagé avec un autre papier-cadeau, les mêmes arguments moisis que ceux qui furent utilisés par l’industrie de la Musique Qui Braille et des Films Qui Bavent pour justifier la création d’une taxe sur les supports numériques.

Je ne résiste pas à l’envie de vous infliger l’histrion-totem de ces insondables abrutis.
Pascal Nègre a des goûts très sûrs.

Dans la presse, on devra se contenter des poils en bataille et des odeurs de tabac froid des vieux briscards de rédaction, c’est moins glamour et paillette, mais ça reste la même cuisine : on veut de l’argent pour maintenir notre statut. Et puisque la presse fait partie des motifs importants de consultation d’Internet sur tous les supports possibles et imaginables, cela veut donc dire que ce qu’elle produit doit pouvoir être facturé au lecteur.

Pourquoi « doit » ? Mais c’est très simple, pardi ! Comme les autres lecteurs ne les lisent plus, ils ne s’abonnent plus. Et comme les subventions n’arrivent pas à couvrir, malgré leurs jérémiades, tous leurs coûts de fonctionnement, il leur faut donc — pour parler comme un manager dans le coup — trouver des relais de croissance, c’est-à-dire d’autres sources de pognon frais pour leur business.

Comme le dit l’un des véhéments instigateurs de cette nouvelle taxe :

« Nous représentons un secteur qui contribue fortement à l’émergence de l’économie numérique, et nous sommes peut-être celui qui en bénéficie le moins. Il existe des mécanismes de redistribution pour le cinéma et la musique, mais rien pour la presse. Or, nous sommes un secteur qui relève de l’intérêt général de la démocratie ! »

Presse : l'argent d'internet m'intéresseEt pan dans les dents ! Le petit Pascal Nègre, lui, ne pouvait même pas faire valoir la carte bonus « Démocratie » et « Intérêt Général » dans son argumentaire (ce qui l’a peut-être conduit à s’habiller comme un proxénète lillois, mais c’est un autre sujet). Sans rire donc, nos frémissants entaxeurs estiment que leur métier doit bénéficier des mêmes mécanismes iniques que le Cinéma ou la Musique ! « Puisqu’eux y ont droit, nous aussi », en somme.

Sauf que… Sauf que dans plein de pays, la presse ne bénéficie pas de subventions (en tout cas, pas à hauteur des montants scandaleux que l’Etat français distribue) et produit pourtant des articles papiers et en ligne de bien meilleure qualité. Ou, dans d’autres cas, reste rentable sans réclamer de taxes, et attire malgré tout des millions de lecteurs à elle (chose qui ne s’est plus vue en France depuis au moins vingt ans).

Ce qui veut donc dire que la presse non ou peu subventionnée, c’est possible, qu’avoir un lectorat papier et online, c’est possible, que ne pas piquer dans la poches des autres, c’est possible même si c’est contraire aux habitudes des socialistes en place.

Mais au delà même de la constatation qu’ailleurs, les journalistes et la presse s’en sortent mieux qu’en France, disons-le clairement : continuez, messieurs, à vous comporter de la sorte et votre sort en sera scellé.

Vous estimez que vous apportez un vrai contenu sur le web, et que ce simple fait vous octroie le droit d’aller piocher de l’argent dans nos poches ? Lorsque vous constaterez qu’on se passe toujours plus de vos resucées de l’AFP, de vos analyses crypto-marxistes, de vos chroniques collectivistes pathétiques, de vos reportages bidonnés et de vos scoops truqués, que ferez-vous ?

Les internautes, et les Français en général, sont en train de se passer de vos minables services d’écrivaillons poussifs parce qu’ils voient le décalage croissant entre une intelligentsia confite de ses certitudes et un peuple épris de bon sens. Vos lecteurs fuient non pour aller sur Internet, mais tout simplement parce que vous produisez un porridge gluant de bien-pensance, de lieux-communs, de sophismes éculés et de polémiques minables.

Quand tout un peuple s’enfonce dans la dette et le collectivisme, qu’aucun des candidats à une présidentielle ne sait faire le moindre budget à l’équilibre et ne propose qu’un champ de taxes ruineuses et d’impôts florissants, vous n’avez ainsi à cœur que de dénoncer bruyamment les banalités d’un Vanneste désigné cible du jour. Où étiez-vous, pénibles imposteurs, lorsqu’il s’agissait de raconter les dérives sexuelles condamnables de votre poulain présidentiel et dont le Tout Paris était au courant ? Qui, chez vous, diligente les enquêtes sur Karachi, sur les empilements effarants de détournements de fonds et d’affaires mafieusesRhône ?

Ah, ça, pour nous rapporter que Mamie Jolie « emmerde » Corinne Lepage, vous êtes sur le pont ! Pour réclamer de la taxe bien fraîche pour faire perdurer la Rédac à Papa sans y changer quoi que ce soit, là, vous criez présent !

Mais pour rapporter l’ignoble tentative d’étouffement par les parlementaires du rapport Perruchot, on n’a guère entendue de bronca de votre côté. Il aura fallu la force d’une mobilisation et les questions répétées de certains députés pour faire sortir le rapport au grand jour.

Et pour nous parler du Mécanisme Européen de Stabilité, lamentablement voté dans l’indifférence de vos salles de rédactions, qui fut là ? Qui expliqua ce qu’il allait en coûter au contribuable et au citoyen européen ? Encore une fois, bernique !

Votre taxe n’est plus qu’un cache misère pour une profession tombée rapidement dans l’ornière de la facilité. Son seul avantage, au final, est de permettre l’observation d’un phénomène d’une extraordinaire rareté : un consensus anti-taxe dans les commentaires d’un article du Monde !
http://h16free.com/2012/02/24/12953-une-presse-subventionnee-encore-plus-veule

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