jeudi 15 mars 2012

40 000 milliards de dollars empruntés par les États de l’OCDE depuis 2008

Ne vous étonnez pas que les marchés nous dictent leur loi... Savez-vous combien auront emprunté les seuls États de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) entre 2008 et 2012 sur les marchés financiers ? 40 000 milliards de dollars !

Pour mettre ce chiffre en perspective, les gigantesques réserves de change de la Chine dont on parle tant, sa phénoménale « force de frappe », s’élèvent à … 3 300 milliards de dollars.

40 000 milliards… C’est une preuve aussi éclatante que terrifiante de notre dépendance aux marchés financiers. Il ne faut pas s’étonner ensuite que ces mêmes marchés nous dictent leur loi. Pourquoi diable nous sommes-nous mis dans une telle situation de dépendance…

Ne nous sommes nous pas livrés pieds et poings liés aux marchés à force de leur emprunter du cash pour assurer depuis des décennies notre train de vie ? Train de vie que nous n’avons jamais su financer par nous même, en créant effectivement de la richesse ?
10 500 milliards de dollars à trouver rien qu'en 2012 !

Lorsqu’un pays a un budget déficitaire, ses ressources sont inférieures aux dépenses. Il doit donc financer son déficit en recourant aux marchés. C’est ce qu’on appelle le besoin de financement.

De même, un État très endetté doit en permanence refinancer la dette qu’il a accumulée et qu’il se traîne. Les États doivent donc réémettre des emprunts pour rembourser leurs emprunts qui arrivent à échéance (on fait « rouler » les emprunts). C’est ce qu’on appelle le besoin de refinancement. Il est de 100 et 122 milliards d’euros rien que pour la France en 2012 et 2013.

Mettons donc bout à bout tous ces besoins pour les pays de l’OCDE. A quel montant aboutissons-nous ? 10 500 milliards de dollars pour 2012. Les gouvernements de l’OCDE devront trouver cette somme astronomique pour financer leur « frasques », rien que sur 2012.

30% de la dette de l’OCDE arrivera à échéance sur les trois prochaines années, et devra donc être refinancée…
Relever le défi sera plus qu’audacieux !


Pourquoi ? Parce que les levées de fonds seront aussi massives que concentrées dans le temps. Et à ce stade, il n'est pas encore question des besoins de financement des pays « émergents », ni des banques, ni des entreprises, qui eux aussi se financent sur les marchés et sont donc en concurrence direct avec les « États en manque de cash ».

Parce que les taux d’intérêt sont globalement ridiculement bas (parfois les taux réels sont mêmes négatifs), ce qui ne devrait pas favoriser la bousculade des investisseurs au portillon.

Parce que les obligations souveraines sont aujourd’hui devenues « à risque ». Alors qu’avant elles étaient 100% sûres. Et le basculement progressif de la zone euro en « mode récession » pour 2012 ne fait qu’exacerber ce risque.

Parce que les États doivent impérativement émettre des obligations à plus long terme (ils doivent réduire la part des obligations à très court terme qui rend le pays fragile à toute hausse des taux courts). Malheureusement, les investisseurs préfèrent les échéances courtes moins risquées…


Les banques sous perfusion des liquidités des banques centrales

Prêteriez-vous une très grosse somme d’argent à un ami dont le train de vie dépasse largement ses moyens, qui de surcroit est super endetté, dont les revenus sont assurés de baisser en 2012, et tout ça pour un rendement quasi nul ? Moi non. A moins d’avoir vraiment trop d’argent, « à ne plus savoir qu’en faire » !

Nous en sommes là. Les banques centrales ont injecté des milliers de milliards de cash dans le système depuis 2008, et cela continue de plus belle. Tout ceci n’est pas un hasard… C’est précisément pour éviter la pénurie de cash au moment où les « états en manque » se tournent vers les marchés.

Synthétisons :
L’OCDE a des besoins gigantesques d’argent frais sur 2012

Elle est totalement dépendante du bon vouloir et des caprices des marchés financiers (jamais bon…) ;

Pour être bien certaines que l’argent sera là au bon moment, les banques centrales noient la planète finance dans un océan de cash papier ;

Mais malgré tout ces efforts, on ne peut exclure le risque de liquidités à un moment ou un autre.

Vous dites ? Un risque d’inflation et de bulles en tous genres à terme ?

Vous croyez ? Et c’est pour cela que vous détenez de l’or physique ? Ce n’est pas une mauvaise idée…
http://www.atlantico.fr/decryptage/40-000-milliards-dollars-montant-emprunte-etats-marches-financiers-depuis-2008-isabelle-mouilleseaux-310190.html

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