mardi 13 mars 2012

Survivalisme : Les 6 imposteurs

Aujourd'hui, le survivalisme est à la mode, c'est même un business. Il y a 10 ans, on se moquait de ceux qui faisaient des stocks de vivres et qui achetaient des pièces d'or (50 euros le nap ! maintenant ça rigole moins).
Je vous le dit tout de suite, dans le contexte pré-apocalyptique qui est le nôtre, c'est pas un canif, une lampe torche et 10 packs d'eau minérale qui vont faire pencher la balance. Seul comptera l'instinct de survie.
Une sélection naturelle s'opèrera, les plus faibles seront éliminés ou assujettis, ne subsisteront que les brutes sans pitié et "les survivants", ces increvables qui auront su surmonter tous les obstacles.

A ce petit jeu, un bon survaliste ne fera pas forcément un bon survivant. Ce n'est cependant pas une raison pour ne pas mettre toutes les chances de son côté.
Voici pour commencer, un petit aperçu des produits à éviter si l'on veut se lancer dans ce domaine.



Le nucleus de l'univers du survivalisme est dans bien des cas cette recherche systématique du système parfaitement adapté…de l'outil idéal.
Pour le survivaliste, cette quête de l'outil ou du système parfait est quasi "Graalesque".

Cependant, la masse d'information et de choix est souvent cette abysse sans fond. Une mystification de l'objet par ici, une caricature de la fonction par la, notre culture de la consommation est une sorcière tentatrice sans scrupules.

Le monde de la survie, aussi minimaliste et marginal soit-il, n'échappe pas a la machine consommatrice et publicitaire.
Aujourd'hui, des personnages comme Bear Grylls par exemple, arrivent a vendre des systèmes et des outils de survie comme ont vend du déodorant ou des chaussettes, et l'achat d'un outil est alors souvent une succession de pièges, tantôt culturels et tantôt publicitaires.





Les 6 imposteurs qui se retrouvent sur cette liste ne sont pas forcement des outils ou des systèmes qui sont mauvais ou encore inutiles, mais ils ont soit cet aura d'un système trop souvent idéalisée, soit cette nature totalement inadaptée aux réalités de notre environnement.


1- "Le couteau de Rambo".



Le concept du couteau de Rambo est sans doute l'exemple parfait d'un système totalement ridicule, et qui pourtant continu d'avoir une certaine emprise sur le monde du matériel de survie en tant que concept.
C'est le parfait imposteur.


L'outil le plus mystifié et publicité, reste le couteau.
Que ce soit le couteau de Rambo, le couteau de Tom Brown ou le couteau de Bear Grylls, le concept publicitaire, reposant sur un terrain culturel particulier, nous rappel que l'industrie du couteau peut être extrêmement difficile a naviguer.


L'essentiel du système est ici souvent masqué par quelques moulures ornementales et idéologiques; un design de lame trop souvent agressif au lieu d'être utilitaire, un ou deux gadget incorporés, mais surtout un mec super viril derrière l'objet qui semble négocier tout et n'importe quoi avec un succès hollywoodien.

Deux alternatives réellement adaptées a la survie:


a) La machette.






Pour 10E, soit 20 machettes pour le même prix qu'un Tom Brown Tracker par exemple, nous avons ici un outil réellement adapté au vital.
Nous sommes ici loin d'Hollywood…mais ça débite et ça coupe, ça s'affute avec une pierre, ça fait deux couteaux quand ça casse, c'est pas chère, et surtout c'est un système utilisé par des millions de survivant, du soir au matin !


b) Le Frost Mora.





Le Mora a sans aucun doute quelques défauts, mais pour environ 15E, une lame extrêmement coupante, un design sobre, un manche parfait et un étuis fonctionnel, il n'est pas étonnant de voir ce système être adopté par bon nombre de passionnés de Bushcraft.

Le plus célèbre des Mora est le "Clipper", qui reste un très bon couteau a avoir.




2- La pile CR123.




Lampes tactiques, GPS, radios…le survivaliste est forcé de reconnaître l'utilité de ces forces multiplicatrices, et donc d'anticiper le maintient de ses systèmes, et de se pencher sur la pile.





Durant une rupture de la normalité, une crise ou un événement catastrophique, la pile devient vite une nécessité…au moins pendant quelques temps.
De Cuba a la Yougoslavie, du conflit armé en Iraq a l'effondrement économique de l'Argentine, la pile est toujours très prisée, et ceci même si elle ne se mange pas !


La pile CR123 est un système imposteur, parce qu'elle reste difficile a trouver, parce qu'elle n'est pas bon marché, et parce que les systèmes les plus répandus et donc les plus facile a trouver durant une rupture de la normalité fonctionnent principalement sur des formats AA et AAA.





Même si votre lampe préférée marche avec des piles CR123, même si vous pensez que cette plateforme énergétique est supérieure…ce système n'a aucun sens d'un point de vu survivalistique.


Un petit chargeur solaire pouvant recharger un format AA et AAA et un stock imposant de piles du même format est le meilleur investissement a faire ici.







3- La scie fil de survie.




Alors oui la scie fil de survie (parfois appelée prétentieusement la scie fil "commando") se range dans une petite boite, un petit kit de survie, dans la poche…mais c'est vraiment tout ! Je vous promet.

La seule chose qui a propulsé cet outil aux devants de la scène, est son aptitude a rentrer dans une petite boite, et un marketing axé sur le monde militaire.
Personnellement, ayant parcouru ce monde ici et la, je n'ai jamais vu cet outil intégré un quelconque système.

Imposteur !

Alors nous sommes prêt a porter un couteau de Rambo, un duvet -30, une sarbacane en fibre de verre et 3 kilos de chocolat mais pas une scie normale avec un manche et tout ?

Je ne vais pas rentrer dans les détails techniques…dans la méthodologie ou même l'utilitaire, tout simplement, cette scie est un gadget, et non un outil.




Deux alternatives réellement adaptées a la survie:

a) La scie Bahco Laplander.




Pour environ 25E, cette scie pliante reste la référence en terme de matériel capable et adapté. Vous ne pouvez pas vous tromper ici, et tout comme avec le Mora Clipper, cette scie est souvent intégrée a des systèmes Bushcraft.

Et non, elle ne se range pas dans une petite boite.


b) La scie Trail Blazer Sawvivor.



L'énorme avantage de la Sawvivor (ma scie) sur la Bahco, est le fait de pouvoir garder avec la scie des lames de rechange, et de pouvoir les installer en moins de 5 secondes.
Pliante, légère, environs 40$ pour la 18 pouces et 30$ pour la 15 pouces…ce système offre deux lames complémentaires : une lame pour le bois, et une lame pour l'os (vendues séparément).

Les lames se rangent dans le manche.
Ce que j'aime ici, est que même si nous cassons la scie, nous avons les lames, et nous pouvons donc fabriquer une nouvelle scie.


Et non, elle ne se range pas dans une petite boite.

4- La couverture de survie.



La couverture de survie a rencontrée et rencontre encore un succès époustouflant en matière de matériel de survie.
Elle est partout…dans les EDC, dans les BOB, dans les BOV, dans les GHB, dans les FAK…bref, c'est l'imposteur jetable omniprésent et incontournable.

Seulement…c'est aussi le matériel le plus frustrant et douteux au monde !

Je ne sais pas si cette couverture de l'espace qui brille des deux cotés sauve des vies, ou si elle le fait mieux qu'une couverture "normal", un poncho, les entrailles d'un tauntaun, un sac poubelle ou un bol de chocolat chaud, mais si elle le fait, elle doit le faire une seule fois, et faut surtout pas qu'il y ai de vent, de ronces ou de branches d'arbre a 500 mètres a la rondes.


Ce truc est juste impossible a replier, bruyant, trop léger pour rester en place, extrêmement fragile, ne protège qu'un bout du corps (surtout si comme moi vous faites 1m95)…bref, frustrant !
Ses avantages: tout petit et léger, pas chère, et une exposition médiatique importante.
On fini le marathon, hop, tient met une couverture de survie sur ton dos gamin tu vas voir ça va aller mieux…



Deux alternatives réellement adaptées a la survie:


a) Le Bivvy Bag de chez Adventure Medical.




Même concept, mais moins de frustration, plus épais, plus solide, et en sac de couchage, ce qui permet d'envelopper complètement le corps et donc de minimiser l'exposition aux éléments et la perte de chaleur efficacement.

b) Le sac poubelle noir et épais de 200L.





Bon c'est vrai il brille pas, mais pour la même place qu'une couverture de survie, et pour presque gratuit, la on a un matériel polyvalent qui s'adapte plutôt bien aux problèmes pouvant découler sur une régulation douteuse de notre température.

Le sac poubelle de 200L est capable de faire bien plus qu'une couverture de survie. Par exemple, nous pouvons le remplir de feuilles mortes et l'utilisé comme sac de couchage, le remplir de feuilles et l'utilisé comme matelas isolant, nous pouvons l'utiliser pour récupérer l'eau de pluie et donc s'hydrater, nous pouvons faire un poncho et bien sur nous pouvons l'utiliser comme tarp pour faire un abris.




Simplement, il permet d'intervenir en amont sur notre condition thermique et psychologique, bien avant que nous ayons a sortir la couverture de survie qui brille des deux cotés.


5- L'uniforme tacticool.




L'uniforme tactique est a la mode. C'est cool.
Méfiance ! Serions-nous en présence d'un imposteur ?
Je ne sais pas pourquoi beaucoup aujourd'hui persistent a vouloir ressembler a un militaire, un mercenaire en vacance ou un super flic du GIGN, mais je trouve cette mode vestimentaire déplacée et totalement inadaptée pour un civil.

Le civil, devrait selon moi ressembler le plus possible a un civil…en tout cas en surface.

Déjà, disons le clairement, la plupart d'entre nous ne sommes pas des mercenaires, et encore moins des super flics du GIGN (et oui grosse déception la…), et je dois dire qu'il n'y a rien de plus ridicule que de voir un civil porter des vêtements extrêmement spécialisés.

Ca fait très vite costume.
Parce que le gros problème du tacticool, c'est que ça se repère direct.
Rien qu'un pantalon 5.11 TacLite Pro fait tache…et il serait tout de même dommage de se faire remarquer inutilement, ou pire encore, d'être confondu pour un professionnel.



La réalité est que l'uniforme tactique n'offre vraiment rien d'exceptionnel pour le civil, a part peut être un style.
Au niveau de la fonctionnalité, et vu que vos lois et vos législations ne vous permettent pas de porter une arme a feu, un couteau plus grand qu'un cure dent ou qu'il n'est pas nécessaire pour vous d'avoir une radio sur vous, je ne vois pas trop l'utilité.


Même si ces vêtements peuvent être extrêmement pratiques, solides et utilitaires dans certains cas, l'uniforme tactique révèle plutôt clairement une certaine attitude.

Une seule alternative ici, le concept de l'homme gris…
Un uniforme tactique mental, dans un système vestimentaire passe partout et sobre, comme par exemple le bon vieux blue-jean, l'uniforme tactique des années 70 !



SEALs au Vietnam.


6- Le Made In China.




La Chine produit.
La Chine produit beaucoup.

Tout n'est pas mauvais bien sur, mais si nous nous penchons sur du matériel pouvant potentiellement maintenir la vie, si nous parlons de systèmes vitaux, alors la Chine est bien souvent la pays d'origine de bon nombres d'imposteurs.

Au premier abord, il serait question ici d'économiser.
Une pince multifonctions a 10E, c'est tout de même beaucoup plus abordable pour la plupart d'entre nous qu'un Leatherman a 90E !

Pourtant, et il y a des exceptions bien sur, ce qui nous semble être une économie n'est que très souvent une supercherie.

La vérité est qu'il n'y a pas besoin de dépenser des milles et des cents pour intégrer a nos systèmes de bons outils durables et adaptés, mais souvent nous restons les victimes d'une mode et d'un effort publicitaire.

Si Tom Brown disait a tout le monde qu'une machette a 10E ou qu'un Mora a 15E était réellement suffisant, avec les bonnes techniques, pour maintenir la vie, plus personne n'achèterai son Tracker a 200E !

Il nous faut donc déconstruire la fonction de chaque outil, et démystifier chaque système.

A quoi nous sert une pince multifonctions 99 fois sur 100 ? A pincer, et a couper.
Voila la base fonctionnelle de cet outil; son âme...et dans ce cadre, une simple pince universelle (moins de 10E) récupérée dans la boite a outil, et un petit Mora a 15E, est une forme d'outil multifonctions qui ne coute pas 90E, et qui fera, dans 99% des cas, le même travail.

Puisque nous venons d'économiser 65E (Mora a 15E + Pince universelle a 10E = 25E) , nous pouvons commander 2 machettes, 1 scie Bahco Laplander, et il nous reste encore 20E, soit par exemple 10 kilos de pâtes !!!

Au final, il y a énormément d'outils et de systèmes qui s'imposent a nous non pas pour leurs fonctions ou leurs natures adaptatives par exemple, mais par simple pression sociale.


Ceci ne veut pas dire que ces outils sont inutiles ou encore sans intérêts pour le survivaliste, mais simplement qu'il est préférable d'assurer nos bases avant de passer a des systèmes souvent plus complexes et peut être superflus dans leurs fonctions premières.

Stay Sharp

http://lesurvivaliste.blogspot.com/2012/02/6-imposteurs.html

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires sont réservés aux utilisateurs inscrits et sont soumis à modération.
Merci d'écrire dans un français correct et structuré sans insulte ni grossièreté.