mercredi 15 août 2012

Le Nouvel ordre mondial est un projet de 4 siécles

Et donc forcément d'inspiration surnaturelle...


L’idée d’un ordre mondial, ou international, apparaît dès le XVIIe siècle, même si l’expression « ordre mondial » n’a été introduite que récemment dans le discours politique. Elle a été discutée chaque fois que se présentait une occasion d’organiser et de pérenniser la paix.

C’est en 1603 que le roi de France Henri IV fit élaborer par son ministre, le duc de Sully, un premier projet. Il s’agissait de constituer une république chrétienne incluant tous les peuples d’Europe. Elle aurait garanti la préservation des nationalités et des cultes et aurait été chargée de régler les problèmes entre eux.

Ce Grand Dessein stipulait la une redéfinition des frontières des États pour équilibrer leur puissance, la création d’une Confédération européenne à 15, avec un Conseil supranational disposant d’un pouvoir d’arbitrage, et une armée capable de protéger la confédération face aux Turcs.


 

Cependant ce rêve fut interrompu par l’assassinat d’Henri IV et ne ressurgit qu’à l’issue des guerres déclenchées par Louis XIV. L’abbé de Saint-Pierre lança son Projet pour rendre la paix perpétuelle entre les souverains chrétiens.

Ce plan, qui a été présenté au Congrès d’Utrecht (1713), consistait à adopter intégralement toutes les décisions prises dans ladite conférence comme base définitive en matière de tracement des frontières entre les pays belligérants, et la mise en place d’une ligue des nations européennes (une fédération internationale) ayant pour mission de prévenir les conflits.

Indépendamment de cette utopie, le plus important à cette époque fut, bien entendu, les Traités de paix de Westphalie, signés en 1648. Ils interviennent à l’issue d’un guerre de Trente ans, conduite sous bannières religieuses, donnant lieu à une accumulation de haine et à l’anéantissement de 40 % de la population.

Les négociations durèrent quatre ans (1644-1648). En définitive, elles consacrèrent une égalité dans les négociations entre toutes les parties belligérantes, qu’elles soient catholiques ou protestantes, monarchiques ou républicaines.

Les Traités de Westphalie posaient quatre principes fondamentaux :
1. La souveraineté absolue de l’État-nation, et le droit fondamental à l’autodétermination politique.
2. L’égalité juridique entre les États-nations. Le plus petit État est, de ce fait, égal au plus grand, quelque soit sa faiblesse ou sa force, sa richesse ou sa pauvreté.
3. Le respect des traités, et l’émergence d’un droit international contraignant.
4. La non ingérence dans les affaires intérieures des autres États.

Certes, ce sont des principes généraux qui ne déterminent pas une souveraineté absolue, mais il n’y en a jamais eu. Toutefois ces principes délégitimaient toute action susceptible d’abolir cette souveraineté.

Les philosophes politiques ont tous soutenu ces projets. Rousseau a vivement appelé à constituer un unique État contractuel regroupant tous les pays européens. Kant a publié en 1875 Vers la Paix perpétuelle. Pour lui, la paix est une construction juridique qui exige de codifier une loi générale applicable à tous les États. L’utilitariste anglais Bentham a stigmatisé la diplomatie secrète en ce qu’elle s’exonère du droit. Il a appelé également à créer une opinion publique internationale pouvant contraindre les gouvernements à se soumettre aux résolutions internationales ainsi qu’à l’arbitrage.

 
Signature d’un des Traités de Westphalie




La création des institutions régulatrices internationales

 
Clément-Wenceslas de Metternich (1773-1859)

L’idée d’un ordre international n’a cessé de progresser au fur et à mesure, et toujours sur la base des règles de la souveraineté adoptées par les Traités de Westphalie. Elle a donné naissance à la Sainte Alliance proposée par le Tsar Alexandre Ier en 1815, ainsi qu’au projet de Concert européen proposé par le chancelier autrichien Metternich au XIXème siècle visant à prévenir « la révolution » qui signifie dans le langage rationnel politique, le chaos.

C’est à partir de ce moment que les États commencèrent à tenir des sommets pour résoudre des problèmes en dehors des guerres, en privilégiant l’arbitrage et la diplomatie.

C’est dans cette perspective que la Société des Nations (SdN) fut fondée à l’issue de la Première Guerre mondiale. Mais elle n’était que la concrétisation des rapports de force du moment, au service des puissances victorieuses de cette guerre. Ses valeurs morales étaient donc relatives. Ainsi, malgré son objectif affiché de régler les différents entre nations par l’arbitrage plutôt que par la guerre, elle se déclarait compétente pour la supervision des peuples sous-développés ou colonisés -politiquement, économiquement, et administrativement- jusqu’à leur autodétermination. C’est ce qui a conduit naturellement à la légitimation des mandats. En tenant une telle position, la Société des Nations a incarné la réalité coloniale.

Le caractère artificiel de cette organisation s’est révélé lorsqu’elle s’est trouvée incapable de faire face à de graves événements internationaux comme la conquête de la Mandchourie par le Japon, celle de l’Abyssinie (Éthioipie) et l’annexion de Corfou (Grèce) par l’italie, etc.

 
 La Société des Nations réunie à Genève

Malgré le fait que l’idée de la SdN, concue par Léon Bourgeois, ait été promue par le président des États-Unis Woodrow Wilson, Washington n’y a jamais adhéré. Mis en cause, le Japon et l’Allemagne s’en sont retirés. De sorte que l’institution s’est trouvée sans valeur.

Successeur de la SdN, l’ONU était le reflet de la Charte de l’Atlantique, signée par les États-Unis et le Royaume-Uni, le 4 août 1941, et de la déclaration de Moscou, adoptée par les Alliés le 30 octobre 1943, annonçant la création d’« une organisation générale fondée sur le principe d’une égale souveraineté de tous les États pacifiques ». Le projet fut développé lors de la Conférence de Dumbarton Oaks tenue à Washington du 21 août au 7 octobre 1944.

Les principes de la Charte de l’Atlantique ont fait ainsi l’objet d’une approbation pendant la conférence de Yalta (4-12 Février 1945), avant d’être consacrés par la conférence de San Francisco (25 et 26 Juin 1945).

L’idéologie mondialiste s’est alors incarnée dans l’ONU qui, dès sa création, a prétendu établir un système de sécurité collective pour tous, y compris pour les États qui n’en étaient pas membres. En réalité, l’ONU n’est pas plus que la SdN une société contractuelle entre égaux, mais le reflet des rapports de force du moment au profit des vainqueurs du moment.

Cela dit, le monde entier s’inclina devant cette volonté.

 
Le Conseil de sécurité des Nations Unies

Cette organisation, qui se voulait mondiale, n’était en pratique que l’expression de la volonté de domination des puissances victorieuses au détriment de la volonté des peuples qui n’était pas prise en compte.

Cette réalité géopolitique a été confirmée lors de la création du Conseil de sécurité formé de cinq grandes puissances (les vainqueurs) en qualité de membres permanents, et d’autres membres, non permanents, mais élus selon des critères géographiques, donnant lieu à une sous-représentation de l’Afrique et de l’Asie.

La défaillance de ce système est apparue durant la Guerre froide. Le conflit entre les deux grandes puissances s’est imposé aux petites qui en ont supporté toutes les conséquences sur les plans locaux ainsi que régionaux.

Cette structuration des rôles était évidente dans le fonctionnement de l’ONU que ce soit à l’égard des demandes d’adhésion que pour le traitement des conflits, comme on l’a vu à propos de la Palestine, de la Corée, de la nationalisation du pétrole iranien, de la crise du Canal de Suez, des occupations israéliennes, du Liban etc.

L’ONU a été créée en proclamant « la foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites, à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international ». Cependant, le système de veto a privé les autres nations du droit d’être acteurs en toute égalité.

En définitive, les institutions internationales ont toujours illustré l’équilibre des puissances, loin de toute idée de justice au sens philosophique ou moral.

Le Conseil de sécurité est un directoire mondial (dans la continuation de celui installé par Metternich). Il réserve la capacité d’imposer des résolutions aux seuls Alliés, vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, et non à ceux qui recherchent la paix.

Après la dissolution de l’Union Soviétique, il était crucial de changer le système international.

La suite ici :
http://www.voltairenet.org/Le-projet-de-Nouvel-Ordre-Mondial

10 commentaires:

Ampipeline a dit…

Pourquoi "forcément d'inspiration surnaturelle" ?
Les empires datent de très longtemps, les bâtisseurs de ce nouvel ordre mondial ne font rien de plus "qu'adapter les fenêtres à la maison". Plus cette "maison" (l'empire connu et reconnu) grandit, plus les "fenêtres" (organisations connues et moins connues) doivent s'adapter à la taille de la bâtisse. Rien de bien surnaturel là-dedans, seulement de l'adaptation...

Rorschach a dit…

C'est un certain John Dee qui a introduit cette notion de "nouvel ordre" à la cour d'angleterre.
De son propre aveu, il était inspiré par des entités désincarnées.

Ampipeline a dit…

Dee n'a jamais employé le terme de "nouvel ordre" mais celui "d'Empire britannique". Il a agrandi -considérablement- la fenêtre de la maison britannique :
Quand, en 1558, la reine Élisabeth accéda au trône, Dee devint son conseiller personnel en science et astrologie. Il choisit lui-même la date de son couronnement. Des années 1550 à 1570, il fut conseiller de navigation lors des Grandes Découvertes, et fut le premier à utiliser le terme d’Empire Britannique. En 1577, il publie General and Rare Memorials pertayning to the Perfect Arte of Navigation, une étude dans laquelle Dee décrit sa vision d’un empire maritime et d’une emprise territoriale anglaise sur le Nouveau Monde.
Source : Wikipedia

Rorschach a dit…

John Dee à été inpiré par les démons de la goetie pour créer le NWO :

http://rustyjames.canalblog.com/archives/2011/02/07/20328976.html

Ampipeline a dit…

Merci pour le lien mais je reste sceptique concernant ces prétendues "inspirations".
L'être humain est suffisamment intelligent pour concevoir un plan dans la durée, relié par ses successeurs aussi bien légitimes qu'illégitimes...

Rorschach a dit…

L'être humain intelligent ? Voyons cela...

-Il a fabriqué un arsenal nucléaire qui peut vaporiser toute vie sur la planéte.

-Catastrophe du golfe du Méxique : des banksters voulaient à tout prix mettre la main sur un gisement de pétrole, résultat : catastrophe écologique, le gulf stream est perturbé, l'europe s'enfonce dans un âge glaciaire.

-catastrophe de Fukushima : Pour économiser du rendement la centrale est construite au niveau de la mer dans un endroit où les tremblements de terre et les tsunamis sont fréquents, le résultat se chiffre en millions de morts à l'échelle globale.

Ces quelques exemples démontrent que c'est l'avidité et non l'intelligence qui caractérise le mieux les êtres humains.

Ampipeline a dit…

"suffisamment intelligent pour concevoir un plan dans la durée"
L'être humain ne maîtrise pas grand chose dans sa vie (voir Jérémie 10 :23), par contre je soutiens qu'il est suffisamment intelligent pour assouvir ce qui paraît être sa passion première : dominer ses semblables par N'IMPORTE QUEL MOYEN!
Ce qui lui "retombe sur la tête" n'est que le résultat de son inconséquence (ne pas confondre causes et effets !)

Rorschach a dit…

Cela me parait trés improbable que des gens fassent des calculs pour disons l'an 2400.
La plupart des projections futuristes ne dépassent pas 2 ou 3 générations.

4 siécles de planification, à l'échelle humaine c'est totalement impensable, cela n'est possible qu'à une autre échelle, dans un autre niveau de réalité.

David Suckerfeller a dit…

En réalité il est bien plus vieux que cela puisque Nemrod a voulu imposer le Nouvel Ordre Mondial (3.000 ans avant le début de l'ére chrétienne) puis il y a eu Alexandre de Macédoine et Jules César.

David Suckerfeller a dit…

On peut remonter ainsi jusqu'à Adam & Eve...

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