mardi 20 novembre 2012

En France, on s’organise pour la fin du monde



La fin du monde que certains lisent dans le calendrier maya fait craindre des réactions intempestives et des incidents dans la nuit du 21 au 22 décembre 2012. En France, la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) se penche depuis déjà plusieurs années sur ce phénomène pour y être préparé au mieux. Le Président de la Mission, Serge Blisko, nous explique ses inquiétudes.

"Nous sommes surtout angoissés de ce qui risque de se passer au pic de Bugarach. [Ndlr : Ce petit village français situé dans le département de l’Aude est considéré par certains comme le seul lieu où les hommes pourraient survivre à l’apocalypse. Le préfet Eric Freysselinard en a interdit l’accès trois jours avant la date et un ou deux jours après]. Il faut se préparer à un afflux potentiel de gens fragiles, angoissés qui, en pleine nuit vont débarquer dans un endroit venteux et dangereux, à plus de 1000 m d’altitude. Il peut ne rien se passer, mais il faut aussi envisager qu’une personne se tue sur ce sentier escarpé dans le noir ou que des scènes de désespoir s’organisent."

Mais encore... "Des rendez-vous sont donnés sur Internet et il faut prévoir cela. En France, il faut le rappeler, on est marqué au fer rouge par l’affaire de l’Ordre du Temple solaire. Deux vagues de suicides successives ont touchée des gens évolués, bien intégrés dans la société. On était tous certains que cela n’arriverait jamais chez nous, que les Français étaient rationnels. Il faut donc attirer l’attention de la population et des autorités sur le fait que cela peut se reproduire. Je me rends dans l’Aude dans quelques jours pour observer le dispositif prévu pour la nuit du 21 au 22 décembre et conseiller le préfet qui doit coordonner les services de secours, la gendarmerie, le SAMU. On peut s’attendre à voir arriver deux types de personnes: des curieux et des gens qui y croient. Ces derniers nous inquiètent le plus évidemment. Ils voudront alors monter sur ce pic dangereux pour être sauvé."

Mais pour Serge Blisko et son équipe, le travail ne s’arrêtera pas le 23 décembre prochain. Les dérives sectaires sont nombreuses, en France comme ailleurs et la mission de la Miviludes est multiple : "Les gouvernements français, de droite comme de gauche, depuis une quinzaine d’années, s’inquiètent de la multiplication des phénomènes sectaires. Dans notre manière de travailler, nous ne faisons peser aucun jugement de valeur sur les cultes, aussi étranges soient-ils. Nous n’avons qu’un objectif : la protection des victimes. Quel que soit le phénomène sectaire, ce sont les personnes les plus fragiles qui sont touchées par cette manipulation mentale, cette sujétion psychologique qui les met dans des situations dangereuses, pour leur intégrité physique ou pour leur survie financière. Tous les milieux peuvent être les proies de gourous de bas-étage mais avec un point commun : les victimes sont des personnes qui ont une faille dans leur vie. La Miviludes a un devoir de vigilance – alerter les autorités, l’éducation nationale, etc - qui s’additionne à un service d’aide aux victimes."

Serge Blisko n’est pas alarmiste : "Mon prédécesseur à la Miviludes, Geroges Fenech, a recensé 183 annonces de fin du monde par le passé. L’humanité a toujours craint sa propre fin et toutes les civilisations ont eu ce sentiment de finitude. La fin du monde arrivera un jour ; le monde tel qu’on le connaît évolue et finira par disparaître. Mais la grande nuance, ici, c’est qu’on a une date, une heure, et un climat anxiogène. Sans surprise, notre hypothèse, c’est qu’il n’y aura pas de fin du monde dans la nuit du 21 au 22 décembre 2012."

Toutefois, médecin et psychologue, Serge Blisko attire l’attention sur le succès de ces théories farfelues : "Nous surveillons des centaines de sites. Aujourd’hui, le moindre buzz retentit sur toute la planète. Nous sommes par exemple particulièrement attentifs aux survivalistes qui ne disent pas quand aura lieu la fin du monde mais qu’il faut s’y préparer en construisant des bunkers, en entreposant des vivres, des médicaments, et même du gaz. Cela provoque des inquiétudes, notamment dans le Vallespir [Ndlr : Pyrénées-Orientales] où quelques adeptes de la mouvance Ramtha construisent des abris souterrains. Ces phénomènes ne doivent pas être traités à la légère et nous devons nous interroger : pourquoi une prédiction saugrenue fonctionne à fond dans l’esprit de certaines personnes ? "

http://www.dhnet.be/infos/monde/article/415335/en-france-on-s-organise-pour-la-fin-du-monde.html

1 commentaires:

Anatole Patachon a dit…

La religion est l'opium des peuples. Ceux qui n'en ont pas sont des victimes potentiels des sectes. Mais on peut considérer que les religions sont des sectes qui ont bien marché...
Par contre, il n'y a pas que "cette sujétion psychologique qui les met dans des situations dangereuses, pour leur survie financière"...
Je crois que le plus grand danger démontré à ce jour sont les actions de cette poignée d'individus toxiques qui dirigent le monde.

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