samedi 28 décembre 2013

Julius Evola sur le messianisme technique de cette fin de cycle.

Une critique du modernisme qui renvoie dos à dos la société collectiviste et le capitalisme marchand et dévoile leur rôle d'instruments destinés à accélérer la chute de l'homme vers les abîmes infernaux.



La Russie

Certains traits typiques de la révolution bolchevique méritent d'être mis en lumière. Elle ne présenta qu'à un faible degré le caractère romantique, orageux, chaotique et irrationnel propre aux autres révolutions, surtout à la Révolution française. On y voit au contraire apparaître une intelligence, un plan bien médité et une technique. Lénine lui-même étudia, du début jusqu'à la fin, le problème de la révolution prolétarienne, de la même façon que le mathématicien affronte un problème de calcul supérieur, en l'analysant, froidement et avec calme, dans les moindres détails. Selon ses propres paroles, « les martyrs et les héros ne sont pas nécessaires à la cause de la révolution :
C'est une logique qu'il lui faut et une main de fer ». « Notre mission n'est pas d'abaisser la révolution au niveau du dilettante, mais d'élever le dilettante au niveau du révolutionnaire ». C'est à cette règle qu'obéit l'activité d'un Trotsky, qui fit de l'insurrection et du coup d'Etat, moins un problème populaire et de masse qu'un problème de technique, demandant l'emploi de troupes spécialisées et bien dirigées.

On constate, en conséquence, chez les chefs, un impitoyable esprit de suite. Ils sont indifférents aux conséquences pratiques, aux calamités sans nom qui résulteront de l'application de principes abstraits. L'homme, pour eux, n'existe pas. Ce furent comme des forces élémentaires qui s'incarnèrent, avec le bolchevisme, dans un groupe d'hommes où la féroce concentration du fanatique s'unit à la logique exacte, à la méthode, à la recherche exclusive du moyen le mieux adapté au but poursuivi, qui sont le propre du technicien.

Ce n'est qu'au cours d'une deuxième phase, suscitée par eux et maintenue, dans une large mesure, entre des digues préétablies, que se produisit le déchaînement du sous-sol de l'ancien Empire russe, le régime de terreur de la masse s'appliquant à détruire et à extirper frénétiquement tout ce qui se rattachait aux classes dominantes précédentes et à la civilisation russo-boyard en général.

Un autre trait caractéristique c'est que, tandis que les révolutions antérieures, dans leur démonisme, échappèrent presque toujours des mains de ceux qui les avaient suscitées et dévorèrent leur fils, ce phénomène ne s'est vérifié en Russie que dans une faible mesure: le pouvoir et la terreur s'y sont stabilisés. Si la logique inexorable de la révolution rouge n'a pas hésité à éliminer et à abattre les bolcheviques qui tendaient à s'éloigner de la direction orthodoxe, sans égard aux personnes et sans scrupules quant au choix des moyens, le centre ne connut pas de crises ni d'oscillations importantes.

Et c'est là un trait aussi caractéristique que sinistre, car il préfigure l'époque où les forces des ténèbres cesseront d'agir, comme auparavant, de derrière les coulisses, mais ne feront qu'un avec le monde des hommes, car elles auront trouvé une parfaite incarnation chez des êtres où le démonisme s'unit à l'intelligence la plus lucide, à une méthode, à un pouvoir exact de domination. Une des caractéristiques les plus marquantes du point final de chaque cycle est précisément un phénomène de ce genre.

Quant à l'idée communiste, quiconque ignore qu'il existe, dans le communisme, deux vérités, sera induit en erreur. Une de ces vérités, ésotérique pour ainsi dire, présente un caractère dogmatique et immuable ; elle correspond aux principes de base de la révolution et se trouve formulée dans les écrits et dans les directives de la première période bolchévique.

La seconde est une vérité changeante, « réaliste », forgée cas par cas, souvent en opposition apparente avec la première et comporte d'éventuels compromis avec les idées du monde « bourgeois » (idée patriotique, adoucissements apportés au régime de la propriété collective, mythe slave, etc.). Les diverses manifestations de cette seconde vérité sont abandonnées dès qu'elles ont accompli leur but tactique: elles ne sont que de simples instruments au service la première vérité, et ceux qui s'y laissent prendre, et penseront, à un moment quelconque que le bolchevisme a été « dépassé », qu'il a « évolué » et s'oriente vers des formes normales de gouvernement et de relations internationales, ceux-1à sont bien naïfs.

Mais il ne faut pas se laisser tromper non plus par la première vérité: ce n'est pas le mythe économique marxiste qui est ici l'élément primaire, mais bien la négation de toute valeur d'ordre spirituel et transcendant. La philosophie et la sociologie du matérialisme historique ne sont que de simples expressions de cette négation; elles dérivent de celle-ci, et non inversement, tout comme la pratique communiste correspondante ne représente qu'une des méthodes pour la réaliser systématiquement.

Le résultat auquel on parvient en suivant cette direction jusqu'au bout comme le fait le communisme soviétique est important: c'est l'intégration, c'est-à-dire la désintégration de l'individu dans ce qu'on appelle le « collectif », dont le droit est souverain. Et le but que poursuit le monde soviétique, c'est précisément l'élimination, chez l'homme, de tout ce qui a une valeur de personnalité autonome, de tout ce qui peut représenter pour lui un intérêt indépendant du collectif.

La mécanisation, la désintellectualisation et la rationalisation de l'activité, sur tous les plans, font notamment partie des moyens mis en oeuvre pour atteindre ce but, et ne sont pas considérées, ainsi que dans l'actuelle civilisation européenne, comme les conséquences de processus fatals que l'on doit subir mais que l'on déplore. Tout horizon étant limité à l'économie, la machine devient le centre d'une nouvelle promesse messianique et la rationalisation apparaît également comme l'un des moyens de liquider les « résidus » et les « accidents individualistes » de l'« époque bourgeoise ».

Dans cette perspective, l'abolition de la propriété et de l'initiative privée, qui demeure une idée de base de la doctrine interne du communisme, malgré certains compromis de caractère contingent, ne représente, en U.R.S.S., qu'un épisode et un moyen en vue d'une fin. La fin étant précisément la réalisation de l'homme-masse et du matérialisme intégral, dans tous les domaines, sans commune mesure avec le contenu d'un mythe purement économique.

Le propre du système est de considérer le « Moi », l'« âme » et la notion du « mien » comme des illusions et des préjugés bourgeois, comme des idées fixes, principes de tout mal et de tout désordre, dont une culture réaliste et une pédagogie adéquates devront libérer l'homme de la nouvelle civilisation soviétique et socialiste.

On procède ainsi à la liquidation en bloc de toutes les prévarications individualistes, libertaires et humanistico-romantiques de la phase que nous avons appelée la phase de l'irréalisme occidental. On connaît le mot de Zinovieff : « Dans tout intellectuel je vois un ennemi du pouvoir soviétique ». L'art doit devenir un art de masse, il doit cesser de faire de la « psychologie », de s'occuper des affaires privées de l'individu, de servir au plaisir des classes supérieures parasites; il ne doit pas être une création individualiste, mais se dépersonnaliser et se transformer en « un puissant marteau qui incite le prolétaire à l'action ».


Que la science même puisse faire abstraction de la politique, c'est-à-dire de l'idée communiste comme force formatrice, et être « objective », on le conteste, on y voit une périlleuse déviation idéologique « contre-révolutionnaire ». Un exemple caractéristique est celui de Vasileff et d'autres biologistes relégués en Sibérie parce que la théorie génétique qu'ils soutenaient en reconnaissant le facteur « hérédité » et « disposition innée », en présentant l'homme autrement que comme une substance amorphe ne prenant forme qu'à travers l'action extérieure du milieu, comme le veut le marxisme, ne répondait pas à l'idée centrale du communisme. Ce qu'il y a de plus extrême en fait de matérialisme évolutionniste et de scientisme sociologique dans la pensée occidentale est utilisé comme dogme et « pensée d'Etat », afin qu'un lavage de cervelle se produise dans les nouvelles générations et que prenne forme une mentalité adéquate, profondément enracinée.

Quant à la campagne antireligieuse, qui n'a pas ici le caractère d'un simple athéisme, mais bien d'une véritable contre-religion, on la connaît suffisamment: c’est en elle que se trahit la véritable essence du bolchevisme, c'est elle qui lui fournit les moyens les plus efficaces de faire disparaître la grande maladie de l'homme occidental, cette « foi » et ce besoin de « croire » qui servirent de succédané alors que se perdait la possibilité de contacts réels avec le monde supérieur. Une « éducation des sentiments» semblablement orientée, est aussi envisagée, afin que les complications de l' « homme bourgeois », le sentimentalisme, l'obsession de l'eros et de la passion soient « dédramatisés ». Les classes étant nivelées, les sexes le sont aussi, l'égalité complète de la femme par rapport à l'homme est légalement instituée dans tous les domaines. L'idéal est qu'il n'existe plus de femmes en face d'hommes, mais seulement des « camarades » au sein d'une masse pratiquement asexuée...

Ainsi, même la famille, non seulement telle qu'elle existait dans l'« ère du droit héroïque », mais telle qu'elle subsistait encore, sous une forme résiduelle, dans 1a tradition bourgeoise du foyer, avec ses sentimentalismes et son conventionnalisme est virtuellement dissoute, ce qu'on appelle les zags ayant déjà représenté, à cet égard, un bouleversement caractéristique; et l'on connaît toutes les mesures prises en U.R.S.S. pour que l'éducation devienne exclusivement la chose de l'Etat, pour que, dés l'enfance, la vie collective soit préférée à la vie familiale et pour que les classes, l'Etat et le parti supplantent le lien familial, de même que tout autre lien de nature particulière.

Dans l'idéologie bolchevique interne il n'y a pas de place pour le concept de patrie ou de nation; ces idées sont « contre-révolutionnaires », même si, comme nous l'avons dit, il est permis d'en faire un emploi tactique hors de l'Union soviétique, en vue d'exercer une action désagrégeante préliminaire. Selon la première constitution soviétique, un étranger fait obligatoirement et automatiquement partie de l'Union des Soviets s'il est un travailleur prolétarien, alors qu'un Russe, s'il n'est pas un travailleur prolétarien, en est exclu, est, pour ainsi dire « dénaturalisé», devient un paria privé de personnalité juridique.

Selon la stricte orthodoxie communiste, la Russie n'est que la terre où la révolution mondiale du Quatrième Etat a triomphé et s'est organisée, pour se répandre ultérieurement. Le peuple russe s'était toujours caractérisé par une mystique de la collectivité, en même temps que par une confuse impulsion messia-nique: i1 s'était considéré comme le peuple théophore - porteur de Dieu - prédestiné à une oeuvre de rédemption universelle. Tout cela fut repris, sous une forme inversée et modernisée, par la théorie marxiste. Dieu s'est transformé en s'identifiant avec l'homme « terrestrifié » et collectivisé, et le « peuple théophore » est celui qui s'applique à en faire triompher, par tous les moyens, la civilisation, sur l'ensemble de terre.

Tout cela fait essentiellement partie de la vérité interne du bolchevisme; c'est son axe de marche. Du point de vue historique, arrivé à la phase stalinienne du bolchevisme, 1e mythe de la « révolution » au sens ancien, associé au chaos et au désordre, apparaît déjà lointain: c'est au contraire vers une nouvelle forme d'ordre, de système et d'unité qu'on s'achemine. La révolution devient, selon la formule connue, « révolution permanente » et se manifeste dans le totalitarisme. La société devient une machine ne comportant qu'un seul moteur, l'Etat communiste. L'homme n'est qu'un levier ou un rouage de cette machine et il suffit qu'il s'y opposer pour être immédiatement emporté et brisé par l'engrenage, pour lequel la valeur de la vie humaine est nulle et n'importe quelle infamie licite. Matière et esprit sont enrôlés dans l'entreprise unique, en sorte que l'U.R.S.S. se présente comme un bloc qui englobe tout, qui est simultanément Etat, trust et Eglise, système politique, idéologique et économico--industriel, dans le cadre de structures intégralement centralisées. C'est l'idéal du Super-état, inversion sinistre de l'idéal organique traditionnel.

D'une manière générale, dans la civilisation soviético-communiste s'annonce donc quelque chose de semblable à une singulière ascèse ou catharsis en grand tendant à un dépassement radical de l'élément individualiste et humaniste et à un retour au principe de la réalité absolue et de l'impersonnalité mais inversé, dirigé non vers le haut, mais vers le bas, non vers le supra-humain, mais vers le sub-personnel, non vers l'organicité mais vers le mécanisme, non vers la libération spirituelle, mais vers l'asservissement social total. Telle est la caractéristique du bolchevisme, son vrai visage, son sens ultime.

Que le primitivisme de 1a grande masse hétéroclite dont se compose l'Union Soviétique, où les massacres ont fait disparaître presque tous les éléments racialement supérieurs, contribue à repousser jusqu'à un avenir encore lointain la formation effective de l' « homme nouveau », de l' « homme soviétique » - cela n'a guère d'importance. La direction est donnée. Le mythe terminal du monde du Quatrième Etat a pris une forme précise et une des plus grandes concentrations de puissance du monde est à son service, une puissance qui est en même temps le centre d'une action organi-sée, souterraine ou ouverte, de subornation et d'agitation des masses internationales ou des peuples de couleur contre l'hégémonie européenne.


L'Amérique

Alors que le bolchevisme, selon les paroles de Lénine, considéra le monde romano-germanique comme « le plus grand obstacle à l'avènement de l'homme nouveau » et parvint, en profitant de la croisade des nations démocratiques aveuglées, à lui enlever pratiquement toute influence sur l'orientation des destins européens, il a vu, idéologiquement, dans les Etats-Unis, une sorte de terre promise. Les dieux antiques partis, l'exaltation de l'idéal technico-mécanique devait avoir pour conséquence une sorte de « culte de l'Amérique ». « La tempête révolutionnaire de la Russie soviétique doit s'unir au rythme de la vie américaine ».

« Intensifier la mécanisation déjà en cours en Amérique et l'étendre à tous les domaines, telle est la tâche de la nouvelle Russie prolétarienne » - ces formules correspondent à des directives quasi officielles. C'est ainsi qu'un Gasteff a proclamé le « super-américanisme » et que Majekowski a adressé à Chicago, « métropole électro-dynamo-mécanique », son hymne collectiviste.

L'Amérique en tant que citadelle haïe de l'« impérialisme capitaliste » passe évidemment ici au second plan par rapport à l'Amérique qui symbolise la civilisation de la machine, de la quantité et de la technique. Les éléments de ressemblance, loin d'être extrinsèques, trouvent une confirmation dans beaucoup d'autres domaines.

Tout le monde connaît la nature et le nombre des divergences qui séparent la Russie et l'Amérique du Nord sur le plan ethnique, historique, caractériel, etc. I1 n'est donc pas nécessaire de les souligner à nouveau. Ces divergences, toutefois, ne modifient en rien ce fait fondamental: certaines parties d'un « idéal », qui, dans le bolchevisme, n'existe encore que comme tel, ou a été imposé par une contrainte extérieure, se sont réalisées en Amérique en vertu d'un processus quasi spontané. Ce ne sont pas là des « théories », mais une réalité de fait, naturelle et évidente. C'est donc dans un milieu encore plus vaste que celui auquel songeait Engels, que s'est réalisée sa prophétie, à savoir que ce serait 1e monde du capitalisme qui aplanirait la voie pour le monde du Quatrième Etat.

L'Amérique aussi, dans sa façon essentielle de considérer la vie et le monde, a créé une « civilisation », qui se trouve en parfaite contradiction avec l'ancienne tradition européenne. Elle a définitivement instauré la religion de l'utilitarisme et du rendement, elle a placé l'intérêt pour le gain, la grande production industrielle, la réalisation mécanique, visible, quantitative, au-dessus de tout autre. Elle a donné naissance à une grandeur sans âme de nature purement technico-collective, privée de tout arrière-plan de transcendance, de toute lumière d'intériorité et de vraie spiritualité. Elle aussi a opposé à la conception de l'homme intégré en tant que qualité et personnalité dans un système organique, une conception où il n'est plus qu'un simple instrument de production et de rendement matériel dans un conglomérat social conformiste.

Alors que dans le processus de formation de la nouvelle mentalité soviético-communiste l' « homme-masse », qui vivait déjà mystiquement dans le sous-sol de la race slave, a joué un rôle important, et qu'il n'y a de moderne que le plan en vue de son incarnation rationnelle dans une structure politique omnipotente en Amérique le phénomène procède du déterminisme inflexible par lequel l'homme, en se séparant du spirituel pour se consacrer à une volonté de grandeur temporelle, cesse, par delà toute illusion individualiste, de s'appartenir à lui-même, pour devenir partie intégrante d'une entité dont il dépend et qu'il finit par ne plus pouvoir dominer.

C'est précisément l'idéal de conquête matérielle poursuivi par une vague d'émigrés qui furent les premiers à donner le signal des révolutions et que leur éthique dominante, protestante et puritaine, devait rendre extrêmement réceptifs à l'action de l'esprit hébraïque, qui a entraîné la transformation et la perversion que l'on constate en Amérique. On a dit avec raison que dans sa course vers la richesse et la puissance, l'Amérique a abandonné la voie de la liberté pour suivre celle du rendement. « Toutes les énergies, y compris celles de l'idéal et presque celles de la religion, concourent à ce même but productif: on est en présence d'une société de rendement, presque d'une théocratie de rendement, qui vise finalement à produire des choses plus encore que des hommes », ou des hommes, seulement en tant que plus efficaces producteurs de choses.

Une sorte de mystique exalte, aux Etats-Unis, les droits suprêmes de la communauté. « L'être humain, devenu moyen plutôt que but, accepte ce rôle de rouage dans l'immense machine, sans penser un instant qu'il puisse en être diminué » - d'où « un collectivisme de fait, voulu des élites et allégrement accepté de la masse, qui, subrepticement, mine la liberté de l'homme et canalise si étroitement son action que, sans en souffrir et sans même le savoir, il confirme lui-même son abdication. » « La jeunesse, elle, ne laisse apparaître aucune protestation, aucune réaction contre la tyrannie collective: elle l'accepte manifestement comme allant de soi, elle n'a pas la mentalité individualiste; bref, le régime lui convient ».

Cet état de choses provoque l'apparition de thèmes identiques, en ce sens que, même dans le domaine plus général de la culture, s'établit nécessairement et spontanément une correspondance avec les principes formateurs de la nouvelle « civilisation » soviétique. Ainsi, bien que l'Amérique ne pense pas du tout à bannir tout ce qui est intellectualité, il est certain qu'elle éprouve à l'égard de celle-ci, dans la mesure où elle n'apparaît pas comme l'instrument d'une réalisation pratique, une indifférence instinctive, comme à l'égard d'un luxe auquel ne doit pas trop s'attarder celui qui est porté vers les choses sérieuses telles que le « get rich quick », le « service », une campagne en faveur de tel ou tel préjugé social et ainsi de suite. En général, tandis que les hommes travaillent, ce sont surtout les femmes qui s'occupent, en Amérique, de « spiritualisme » : d'où le très important pourcentage de membres féminins dans les milliers de sectes et de sociétés où le spiritisme, la psychanalyse et des doctrines orientales déformées se mêlent à l'humanitarisme, au féminisme et au sentimentalisme, puisqu'en dehors du puritanisme socialisé et du scientisme, c'est à peu prés à ce niveau que se situe la « spiritualité » américaine.

Et même lorsque l'Amérique attire avec ses dollars les représentants et les oeuvres de l'ancienne culture européenne, utilisés volontiers pour la détente des seigneurs du Troisième Etat, le véritable centre se trouve pourtant ailleurs. En Amérique, l'« inventeur » de quelque nouvel engin qui multiplie le « rendement » sera toujours, en fait, plus considéré que le type traditionnel de l'intellectuel; il n'arrivera jamais que tout ce qui est gain, réalité et action au sens matériel, pèse moins dans la balance des valeurs que tout ce qui peut procéder d'une attitude de dignité aristocratique. Si l'Amérique n'a pas banni officiellement, comme le communisme, l'ancienne philosophie, elle a fait mieux: par la bouche d'un William James, elle a déclaré que l'utile est le critère du vrai et que la valeur de toute conception, même métaphysique, doit être mesurée à son efficacité pratique, c'est-à-dire, en fin de compte, selon la mentalité américaine, son efficacité économico-sociale.

Le pragmatisme est une des marques les plus caractéristiques de 1a civilisation américaine envisagée dans son ensemble, ainsi que la théorie de Dewey et le behaviorisme, qui correspond exactement aux théories tirées, en U.R.S.S., des vues de Pavlov sur les réflexes conditionnés et, comme celles-ci, exclut totalement le Moi et la conscience en tant que principe substantiel. L'essence de cette théorie typiquement « démocratique » est que n'importe qui peut devenir n'importe quoi - moyennant un certain training et une certaine pédagogie - ce qui revient à dire que1'homme, en soi, est une substance informe, malléable, tout comme le conçoit le communisme, qui considère comme anti-révolutionnaire et anti-marxiste la théorie génétique des qualités innées. La puissance de la publicité, de l'advertising, en Amérique, s'explique d'ailleurs par l'inconsistance intérieure et la passivité de l'âme américaine, qui, à maint égard, présente les caractéristiques bidimensionnelles, non de la jeunesse, mais de l'infantilisme.

Le communisme soviétique professe officiellement l'athéisme. L'Amérique n'en est pas arrivée là, mais, sans s'en apercevoir, tout en étant même souvent convaincue du contraire, elle glisse le long d'une pente où rien ne subsiste de ce qui, même dans le cadre du catholicisme, avait le sens d'une religion. Nous avons déjà vu à quoi la religiosité se réduit dans le protestantisme: ayant repoussé tout principe d'autorité et de hiérarchie, s'étant libérée de tout intérêt métaphysique, des dogmes, des rites, des symboles et des sacrements, elle s'est appauvrie en un simple moralisme qui, dans les pays anglo-saxons puritains et surtout en Amérique, passe au service de la collectivité conformiste.

Siegfried remarque justement que la seule véritable religion américaine est le calvinisme, qui professe que « la cellule véritable de l'organisme social... ce n'est pas l'individu, mais le groupe. » La fortune étant considérée comme un signe de l'élection divine, « il devient difficile de distinguer l'aspiration religieuse de la poursuite de 1a richesse. » On admet ainsi comme moral et désirable que l'esprit religieux devienne un facteur de progrès social et de développement économique. En conséquence, les vertus nécessaires à la poursuite de fins surnaturelles finissent par apparaître inutiles et même nocives. Aux yeux d'un pur Américain, l'ascète n'est qu'un homme qui perd son temps, un parasite de la société; le héros au sens antique, n'est qu'une sorte de fou dangereux qu'il convient d'éliminer en recourant à d'opportunes prophylaxies pacifistes et humanitaires tandis que le moraliste puritain et fanatique est entouré d'une resplendissante auréole.

Tout cela est-il très éloigné du principe de Lénine consistant à bannir « toute conception surnaturelle ou de quelque façon étrangère aux intérêts de classe », à détruire comme un mal infectieux tout vestige de spiritualité indépendante? N'est-ce pas selon la même mystique de l'homme « terrestrifié »? et tout puissant que prend forme, en Amérique comme en Russie, l'idéologie du messianisme technique ?

Il est un autre point sur lequel il convient d'attirer l'attention. Avec la NEP, on n'avait aboli le capitalisme privé, en Russie, que pour lui substituer un capitalisme d'Etat, capitalisme centralisé sans capitalistes visibles, lancé, pour ainsi dire, dans une entreprise gigantesque à fonds perdus. Théoriquement, tout citoyen soviétique est simultanément ouvrier et actionnaire du trust omnipotent et universel de l'Etat prolétarien. Pratiquement, toutefois, c'est un actionnaire qui ne reçoit pas de dividendes: en dehors de ce qu'il reçoit pour vivre, le produit de son travail va immédiatement au Parti qui le relance dans d'autres entreprises sans permettre jamais qu'il s'accumule chez l'individu, mais faisant au contraire en sorte qu'il en résulte une puissance toujours plus grande de l'homme collectif, conformément aux plans de la révolution et de la subversion mondiales.

Or, si l'on se rappelle ce que nous avons dit à propos de l'ascèse capitaliste phénomène surtout américain, à propos de la richesse qui, au lieu d'être le but du travail et l'instrument, soit d'une grandeur extra-économique, soit tout simplement du libre plaisir de l'individu, devient, en Amérique, le moyen de produire un nouveau travail, une nouvelle richesse et ainsi de suite, par des procédés en chaîne qui vont toujours plus loin et n'admettent pas de trêve on arrive de nouveau à cette constatation qu'en Amérique s'arme de divers côtés, d'une façon spontanée et dans un régime de « liberté », un style identique à celui que, d'une manière sombre et violente, les structures centralisées de la Russie soviétique sont en voie de réaliser.

Ainsi, dans la taille inquiétante des métropoles américaines où l'individu, devenu le « nomade de l'asphalte », prend conscience de sa nullité infinie devant le règne immense de la quantité, devant les groupements, les trusts et les standards tout-puissants, la jungle tentaculaire des gratte-ciel et des usines, tandis que les dominateurs sont enchaînés aux choses mêmes qu'ils dominent le collectif se manifeste encore davantage, et sous une forme encore plus dépourvue de visage, que dans la tyrannie exercée par le régime soviétique sur des éléments primitifs et souvent abouliques.

La standardisation intellectuelle, le conformisme, la « moralisation » obligatoire et organisée en grand sur des bases puritaines, sont des phénomènes typiquement américains mais cadrant cependant avec l'idéal soviétique d'une « pensée d'Etat » valable pour toute la collectivité. On a remarqué avec raison que tout Américain qu'il s'appelle Wilson ou Roosevelt, Bryan ou Rockefeller est un évangéliste qui ne peut laisser ses semblables tranquilles, qui considère comme son devoir constant de prêcher et de convertir, de purifier, d'élever chacun au niveau moral « standard » des Etats-Unis, dont il ne doute pas qu'il soit le plus élevé. On a commencé par l'abolitionnisme dans la guerre de Sécession, et l'on a fini par la double « croisade » démocratique wilsonienne et rooseveltienne.

Mais, même sur une plus petite échelle, qu'il s'agisse de la prohibition, de la propagande féministe, pacifiste, naturiste, de l'apostolat eugénique et ainsi de suite l'esprit reste le même, c'est toujours la même volonté de standardisation, l'intrusion insolente du collectif et du social dans la sphère individuelle. Il est absolument faux de prétendre que l'âme américaine soit « ouverte », sans préjugés: il n'en est pas qui aient autant de tabous. Mais elle se les est assimilés de telle façon, qu'elle ne s'en aperçoit même pas.

Nous avons déjà dit qu'une des raisons de l'intérêt que porte l'idéologie bolchevique à l'Amérique, est l'importante contribution que la technicité apporte, dans ce type de civilisation, à l'idéal de la dépersonnalisation. Le « standard » moral correspond au « standard » pratique de l'Américain. Le « comfort » à la portée de tous et la superproduction qui caractérisent l'Amérique ont été payés d'un prix tragique: des millions d'hommes réduits à l'automatisme dans le travail, à une spécialisation à outrance qui restreint 1e champ mental et émousse toute sensibilité.

A la place de l'ancien artisan, pour qui tout métier était un art, en sorte que tout objet portait une marque de personnalité et, en tout cas, était produit par ses propres mains, supposait une connaissance personnelle, directe, qualitative de ce métier même on trouve une « horde de parias qui servent stupidement des mécanismes dont un seul, celui qui les répare, connaît les secrets, avec des gestes presque aussi automatiques et uniformes que les mouvements de leurs machines. » Staline et Ford se donnent ici la main et, tout naturellement, un circuit s'établit: la standardisation inhérente à tout produit mécanique et quantitatif détermine et impose 1a standardisation de celui qui s'en sert, l'uniformité des goûts, une réduction progressive à quelques types, conformes aux tendances qui se manifestent directement dans la mentalité.

Et tout, en Amérique, concourt à ce but: le conformisme, sous la forme de matter-of-fact likemindedness est, sur tous les plans, le mot d'ordre. Ainsi, quand les digues ne sont pas rompues par le phénomène de la criminalité organisée et par d'autres formes sauvages de « super-compensation » (nous avons déjà fait allusion à la beat generation) l'âme américaine, allégée par tous les moyens du poids d'une vie responsable d'elle-même, portée vers la sensibilité et l'action sur les rails déjà posés, clairs et sûrs de Babbitt, devient simple et naturelle comme peut l'être un légume, solidement protégée contre toute préoccupation transcendante par les oeilléres de l'« idéal animal » et de la vision moraliste, optimiste et sportive du monde.

On pourrait parler, en ce qui concerne la masse des Américains, d'une réfutation en grand du principe cartésien « Cogito, ergo sum » : ils « ne pensent pas mais sont », ils « sont », même, souvent, comme des êtres dangereux et il arrive parfois que leur primitivisme dépasse de très loin celui du Slave qui n'est pas encore entièrement trans-formé en « homme soviétique ».

Le nivellement, naturellement, ne manque pas de s'étendre aux sexes. L'émancipation soviétique de la femme concorde avec celle qu'en Amérique l'idiotie féministe, tirant de la « démocratie » toutes ses conséquences logiques, avait déjà réalisée depuis longtemps, en corrélation avec la dégradation matérialiste et utilitariste de l'homme. Avec les divorces en chaîne et à répétition, la désagrégation de la famille se poursuit en Amérique à un rythme analogue à celui auquel on peut s'attendre dans une société qui ne connaît que des « camarades » des deux sexes.

Des femmes qui, ayant abdiqué en tant que telles vis-à-vis d'elles-mêmes, croient s'élever en assumant et en exerçant une forme quelconque d'activité masculine; des femmes qui semblent ne savoir plus être que chastes, dans le culte narcissiste de leur corps, et même dans les perversions les plus extrêmes, ou qui demandent à l'alcool le moyen de se décharger des énergies réprimées ou déviées de leur nature ; des hommes et des jeunes filles, enfin, qui, dans une promiscuité amicale et sportive semblent ne plus guère connaître la polarité et le magnétisme élémentaire du sexe ce sont là des phénomènes de pure marque américaine, même si leur diffusion infectieuse dans la quasi-totalité du monde ne permet pratiquement plus, désormais, d'en connaître l'origine.

Dans l'état actuel des choses, s'il existe, à cet égard, une différence, par rapport à la promiscuité souhaitée par le communisme, cette différence n'est pas en faveur de l'Amérique; elle correspond en effet à la prédominance du facteur gynécocratique que l'on constate en Amérique comme dans les pays anglo-saxons en général, toute femme et toute jeune fille considérant comme parfaitement naturel qu'on lui reconnaisse de droit une sorte de prééminence et d'intangibilité morale.

Aux débuts du bolchevisme, quelqu'un avait proposé l'idéal d'une musique faite de bruits ayant un caractère collectif, en vue de purifier également ce domaine des concrétions sentimentales bourgeoises. C'est ce que l'Amérique a réalisé en grand et a diffusé dans le monde entier sous la forme d'un phénomène extrêmement significatif: le jazz. Dans les grandes salles des villes américaines où des centaines de couples se secouent de concert comme des pantins épileptiques et automatiques aux rythmes syncopés d'une musique nègre, c'est vraiment un « état de foule », la vie d'un être collectif mécanisé, qui se réveille.

Il est peu de phénomènes qui expriment, comme celui-1à, 1a structure générale du monde moderne dans sa dernière phase: cette structure se caractérise, en effet, par la coexistence d'un élément mécanique, sans âme, essentiellement fait de mouvement, et d'un élément primitiviste et sub-personnel qui entraîne l'homme, dans un climat de troubles sensations (« une forêt pétrifiée dans laquelle s'agite le chaos » H. Miller). En outre, certaines représentations « théâtralisées » du réveil du morde prolétarien, qui faisaient partie du programme bolchevique, et ont été réalisées, çà et là, comme moyen d'activation systématique des masses, ont depuis longtemps leur équivalent, sur une bien plus vaste échelle et sous une forme spontanée, en Amérique: c'est le délire insensé des meetings sportifs, centrés sur une dégradation plébéienne et matérialiste du culte de l'action phénomène d'irruption du collectif et de régression dans le collectif, qui ont d'ailleurs comme chacun sait, franchi depuis longtemps l'océan.

L'américain Walt Whitman, poète et mystique des démocraties sans visage, peut être considéré comme un précurseur de cette « poésie collective » incitant à l'action, qui, nous l'avons dit, est un des idéaux du communisme et fait partie de son programme. C'est, au fond, un lyrisme de ce genre qui imprègne de nombreux aspects de la vie américaine: sport, activisme, production, service. De même qu'en U.R.S.S. il suffit d'attendre que des développements adéquats dissolvent les résidus primitifs et chaotiques de l'âme slave, il suffit d'attendre, aux Etats-Unis, que les résidus individualistes de l'esprit des rangers, des pionniers de l'Ouest, et de ce qui se déchaîne encore et cherche une compensation dans les exploits des gangsters, des existentialistes anarchiques, et autres phénomènes du même genre, soient réduits et repris dans 1e courant central.

Si le cadre de cet ouvrage le permettait, il serait facile de mettre en lumière d'autres points de correspondance, permettant de voir dans la Russie et l'Amérique deux faces d'une même chose, deux mouvements correspondant aux deux plus grands centres de puissance du monde qui convergent dans leur oeuvre de destruction. L'une réalité en voie de formation, sous la poigne de fer d'une dictature, à travers une étatisation et une rationalisation intégrales. L'autre - réalisation spontanée (et de ce fait encore plus préoccupante) d'une humanité qui accepte d'être et veut être ce qu'elle est, qui se sent saine, libre et forte et parvient d'elle-même au même point, sans l'ombre quasi personnifiée de l'« homme collectif », qui pourtant la tient dans son filet, et sans l'engagement fanatico-fataliste du Slave communiste. Mais derrière l'une et l'autre « civilisation », derrière l'une et l'autre grandeur, celui qui sait voir reconnaît les prodromes de l'avènement de la « Bête sans Nom ».

Malgré cela, il en est qui s'attardent encore à l'idée que la « démocratie » américaine est l'antidote du communisme soviétique, l'autre terme de l'alternative du soi-disant « monde libre ». On reconnaît en général le péril quand il se présente sous la forme d'une attaque brutale, physique, extérieure; on ne le reconnaît pas, quand il suit des voies intérieures. Depuis longtemps déjà l'Europe subit l'influence de l'Amérique, et donc l'action pervertissante des valeurs et des idéaux, propre au monde nord-américain. Cela par une sorte de contrecoup fatal. En effet, comme on l'a dit avec raison, l'Amérique ne représente qu'un « extrême Occident », que le développement jusqu'à l'absurde des tendances de base de la civilisation occidentale moderne, en général. C'est pourquoi une véritable résistance est impossible quand on s'en tient aux principes de cette civilisation et surtout au mirage de la technique et de la production.

Avec le développement de cette influence accélératrice, il pourrait donc arriver qu'à la fermeture de la tenaille de l'orient et de l’Occident autour d'une Europe qui, après la deuxième guerre mondiale, privée désormais de toute idée vraie, a cessé, politiquement aussi, d'avoir le rang d'une puissance autonome et hégémoniste mondiale, il pourrait arriver, disons-nous, qu'on n'éprouve même pas le sentiment d'une capitulation. Il se pourrait que l'écroulement final n'ait même pas les caractères d'une tragédie.

La Russie et l'Amérique, dans leur certitude d'être investies d'une mission universelle, expriment une réalité de fait. Comme nous l'avons dit, un conflit éventuel entre les deux pays correspondrait, dans le plan de la destruction mondiale, à la dernière des opérations violentes, impliquant l'holocauste bestial de millions de vies humaines, afin que se réalise complètement la dernière phase de l'involution et de la descente du pouvoir, jusqu'à la plus basse des anciennes castes, afin que se réalise l'avènement du pur collectif. Et même si 1a catastrophe redoutée par certains, résultant de l'utilisation des armes atomiques, ne devait pas se réaliser, lorsque s'accomplira ce destin, toute cette civilisation de titans, de métropoles d'acier, de verre et de ciment, de masses pullulantes, d'algèbre et de machines enchaînant les forces de la matière, de dominateurs de cieux et d'océans, apparaîtra comme un monde qui oscille dans son orbite et tend à s'en détacher pour s'éloigner et se perdre définitivement dans les espaces, là où il n'y a plus aucune lumière, hormis la lumière sinistre qui naîtra de l'accélération de sa propre chute.

Julius Evola "La Révolte contre le monde moderne"

13 commentaires:

Anonyme a dit…

Tl;DR

Anonyme a dit…

Psssssschtt !
L'imbécilité crasse congénitale des deux systèmes de technostructures ne mène qu'à une mort biologique par implosion pour le bolchévisme sclérosant, et par explosion gazeuse pour la putride nécrose américanisme.
Morticole et mortifère laissent encore de beaux jours à l'héroïsme romantique petit bourgeois de l'Occident.
140 millions de CCCP + 230 millions d'US ça fait quand même 370 millions, contre 360 millions d'occidentaux ramollis du cerveau au croupion ! Et puis Julius oublie le milliard et demi de petits chinois maocisés qui travaillent pour UN euro par mois pour fabriquer tes jouets de Noël, et les 25 millions de nord-coréens qui eux travaillent pour rien et surtout pas pour toi.
Après décomptage et réflexion, le héros romantique petit-bourgeois d'Occident est peut-être au bout du ......

Antares a dit…

Se brave Julius c'est livré au sport favori des penseurs du xxème siècle, à savoir une bonne masturbation intellectuelle, pour nous parler de la peste et du choléra !

Et tout ce flot de belles paroles sans qu'une seule fois il ne parle de l'origine de ces deux maladies. Rien sur le virus souche !

Anonyme a dit…

La détention de biens fruits du productivo-consumméro-capitalo-américanisme assure une aliénation mentale bien plus paralysante et certaine au dit américanisme.
Américanisme vainqueur !
Antares dit bien "masturbation intellectuelle", ces penseurs du XXème siècle font toujours de très belles descriptions des pathologies, mais pour ce qui est de conclure sur les causes dont l'origine "Ante" et "Post" se trouve dans la philosophie des ténèbres du 14 juillet 1789, date actée de la dite peste et du dit choléra puisque Julius n'arrive pas à nous l'écrire.
Reposes en paix lecteur, nous sommes tous cliniquement morts.

Anonyme a dit…

Houlala, que de mots et de mots dans ce pamphlet hystérique et fulminant, on croirait écouter un discours de Manuel Valls ; )

Où comme Julius César qui parle de lui à la troisième personne et qui ne fait que s'écouter parler

Veni,Vidi,Tomba endormi....Zzzzz....


On pourrait résumer tout cela de façon beaucoup plus simple, tenez voilà ma version:

Le capitalisme voudrait faire de l'homme une marchandise,
Le marxisme voudrait faire de l'homme un automate à produire des marchandises,
Et le fascisme voudrait faire de l'homme l'automate ultime, entièrement soumis à la volonté de l'État.

Et voilà, on vient de sauver quelques arbres de la réimpression des livres de M. Evola



Akima : )

osmont norbert a dit…

bravo les pisseurs de critique
Evola ne s'est pas contenté de se soulager de sa mediocrité quelques instants ,
non seulement il a beaucoup étudié mais il est sorti du rang,du conformisme petit bourgeois universitaire.il s'est décondionné de la culture occidentale .

il y a de plus en plus sur ce blog de plus en plus de gens qui sont tres conventiels et médiocres dans leur posture de pseudo contestataires en critiquant en ignorance de cause.
Pour etre crédibles et ne pas etaler votre imposture de pseudo contestataires Développez un argumentaire à la hauteur de ce que vous critiquez
et commencez par le début
http://fr.wikipedia.org/wiki/Julius_Evola

Antares a dit…

@osmont norbert

Le pisseur va répondre à ta bouse.

Ce n'est pas notre problème si Evola est une de tes idoles. Dans ce texte je fais le constat qu'il manque l’essentiel. Il parle beaucoup pour au final ne rien dire.
N'importe qui un tant soit peu éveillé peut voir ce qu'il décrit. Mais le courage n'est pas tant de le décrire en moulinant l'air avec de grandes phrases qui prouvent juste que vous avez une maitrise culturelle, non le vrai courage serait d'oser parler des acteurs réels de ce désastre. Parler de la Russie et de l'Amérique, c'est impliquer directement ces deux pays indépendamment de tout autre facteur exogène, facteur qui n'aurait pourtant pas du échappé à ce fin observateur qu'est notre bon Julius. Avait-il peur de froisser certaines "sensibilités" ? Son éditeur peut-être ?

Et pour ce qui est du "il est sorti du rang, du conformisme petit bourgeois universitaire", je te rappelle que c'est un aristocrate pas un petit bourgeois, et que comme tout aristocrate qui se respecte son éducation, sa culture, ses affinités et ses fréquentations étaient sûrement différentes de celles des petits bourgeois et bien sûr des gens ordinaires. D'ailleurs si tu avais lu son livre "Révolte contre le monde moderne" dont est tiré cet extrait, tu aurais su qu'il désignait la caste des bourgeois et des marchands sous l'appellation de "Aristocratie impure de la fortune". Tu aurais su également qu'il était très attaché à certaines valeurs comme, par exemple, en matière de propriétés terriennes qu'il nommait "Tradition du privilège aristocratico-sacré de la possession de la terre".
Et il va plus loin:
"être le seigneur d'une terre, droit inhérent aux castes supérieures, est un titre et un devoir non seulement politique, mais aussi spirituel".
Ce qui nous le place quand même assez loin du statut de contestataire et nous le remet sur les rails d'un certain conformisme, comment dire....? aristocratico-sacré-spirituel, peut-être ! On est loin des réflexions d'un petit bourgeois, même conditionné par la culture occidentale traditionnelle.

Tiens, un autre extrait histoire de le situer un peu plus :
"Fustel de Coulanges exprime une idée parfaitement juste lorsqu'il dit que
l'apparition du testament, impliquant, pour celui qui possède, une liberté individualiste de fractionner sa propriété, de la désintégrer en quelque sorte, et de
la détacher de l'héritage du sang et des normes rigoureuses du droit paternel et de la primogéniture, est une des manifestations caractéristiques de la dégénérescence de l'esprit traditionnel. D'une façon plus générale, il faut dire que lorsque le droit de
propriété cesse d'être le privilège des deux castes supérieures et passe aux deux
castes inférieures - celles des marchands et des serfs - on se trouve virtuellement
devant une régression dans la nature."

Bref la propriété terrienne pour Julius ne devrait être que le droit exclusif de l'aristocratie sacrée, à laquelle il semble secrètement s'identifier. Propriété à laquelle il donne même une dimension "magique", divine, protectrice. Il est vrai que Julius était très attaché aux valeurs et aux croyances de la Rome antique, sans jeu de mots !

Antares a dit…

Suite et fin

Dans son milieu, il a du rencontrer pas mal de francs-macs et autres engeances du même cru, qui ont du le mener sur les chemins de l'ésotérisme oriental, bouddhisme, tantrisme et autres philosophies ésotériques. dont tu sembles être très friand et qui te font penser qu'il était un homme d’exception.

Je ne trouve rien d'exceptionnel dans ce texte qui fait l'état des lieux, et c'est mon droit. Toi tu es libre de penser le contraire mais ne viens pas nous insulter et nous donner des leçons en nous parlant de "pseudo contestataires" sous prétexte que l'on égratigne ton maître à penser. Moi je n'ai aucun maitre. Je ne savais pas que le statut de "contestataire" passait obligatoirement par l'adhésion aux thèses de penseurs comme Julius Evola !

Redescend sur terre, et arrêtes d'essayer de jouer au pseudo-intellectuel en faisant de grandes phrases qui souvent ne veulent rien dire et que tu sembles toi-même ne pas comprendre.

Autre remarque, Wikipédia est loin d'être le "début"... n'importe quel vrai contestataire te le dira. Quand on s'en sert comme référence absolue ça commence plutôt à sentir à la fin !

Au plaisir.

Anonyme a dit…

@ osmond norbert

En lisant les commentaires d'Antares et les miens, tu as seulement fait l'erreur que beaucoup de personnes font à notre époque, c'est-à-dire juger hâtivement et à priori des personnes que tu ne connais qu'à travers le prisme "mâyânique" du monde virtuel d'internet (tiens, si Evola avait vécu à notre époque, c'est cela qui constituerait un des virus souche qu'il aurait dû stigmatiser, la machine à rumeurs et à médisance d'internet).

Nos commentaires t'ont peut-être parus simplistes ou même légers, sans doute parce que tu t'es imaginé que nous n'avions aucune connaissance préalable d'Evola et de ses idées et que le court extrait publié par Rorschasch était tout ce que nous connaissions de lui, erreur dont tu as dû te rendre compte en lisant la réponse que t'a adressée Antares. Pour ton information, j'avais déjà lu Evola auparavant, ainsi que d'autres auteurs traditionalistes comme René Guénon (le premier livre de lui que j'ai lu est La Crise du Monde Moderne, et c'est un des livres dont je peux dire qu'il a fait réellement "basculer" mon point de vue sur le monde actuel et sur la vie en général, ce qui m'a incitée ensuite à lire tous ses autres ouvrages). René Guénon et Julius Evola étaient contemporains et échangeaient même une correspondance, c'est d'ailleurs par le contact avec Guénon et en lisant ses ouvrages qu'Evola, qui au départ avait été influencé principalement par Nietzsche, décida lui aussi de suivre, à sa façon bien particulière, la voie de la tradition. Cette influence de Nietzsche se fait très bien sentir dans son discours, avec ces concepts de "surhomme", de "race supérieure", de "triomphe décadent de la féminité au détriment de la force virile", de "hiérarchisation aristocratique de l'État", d' "ardeur guerrière", etc...

Je n'ai absolument rien contre l'ardeur guerrière, bien au contraire, car elle est même une des principales vertus des kshatriyas. Mais Evola n'avait malheureusement aucune idée de ce qui constitue l'essence des véritables kshatriyas, qu'il confond tout bonnement avec de simples guerriers dont l'histoire connue, c'est à dire enceinte dans les limites du Kali-Yuga, lui donne l'exemple (samouraï, chevaliers médiévaux, hoplites grecs...) . Sans doute aurait-on fort étonné Evola si on lui avait dit qu'un véritable kshatriya n'a jamais fait couler la moindre goutte de sang et n'est pas autorisé à le faire de par le code de conduite qu'il a lui-même librement choisi de suivre, et que s'il s'aventurait à transgresser cette règle, il perdrait par là même sa qualité de kshatriya à tout jamais. Et pour ce qui est de l'ardeur guerrière des kshatriyas, elle puise sa source dans l'Amour universel uniquement et non pas dans le ressentiment et le dédain aristocratique qu' un intellectuel, qui n'est en réalité en guerre qu'avec lui-même, éprouve à l'égard d'un monde qu'il méprise et déteste passionnément parce qu'il n'est pas conforme avec ce qu'il voudrait qu'il soit, avec ses propres caprices individuels. C'est cet Amour universel qui est le seul et unique "moteur" des kshatriyas, et le but qu'ils poursuivent est le même que celui des avatâras de Vishnu, c'est-à-dire le rétablissement du Dharma et de l'Unité cosmique, mais TOUJOURS en respectant le libre-arbitre des êtres humains, et même de tous les êtres en général. (et que si les kshatriyas tendent vers l'Unité, les brahmanes pour leur part tendent vers la Non-Dualité, c'est-à-dire vers la fusion avec l'Absolu).























Anonyme a dit…

SUITE

Quant aux guerriers proprement dits, même s'il subsiste en eux une certaine conscience de l'unité, cette unité n'est plus l'Unité universelle, mais bien souvent l'unité du clan, de la nation, du royaume, et il s'y mêle aussi des ambitions et des considérations purement humaines et individuelles comme l'hérédité, l'expansion des terres par la conquête, les titres, la renommée, etc...

Une autre différence essentielle entre le guerrier et le kshatriya est le fait que les guerriers ont recours à la violence et utilisent des armes corporelles au cours de leurs combats, tandis que les kshatriyas n'ont pour seule arme que la Connaissance ainsi que leur force spirituelle pour vaincre les puissances "infra-cosmiques" qui constituent et constitueront toujours leur seul véritable ennemi; jamais un être vivant, quel qu'il soit, pourrait constituer un ennemi pour un kshatriya.

Et si on en vient aux militaires, et plus spécifiquement aux militaires modernes, alors là on est totalement dans une autre galaxie, voire même dans un trou noir d'une autre galaxie. Si les kshatriyas et les guerriers ont leur place au sein de l'Unité, la place des militaires modernes, et René Guénon aurait été d'accord, ne saurait être que dans les "Ténèbres Extérieures". Alors que les kshatriyas servent la Tradition, les militaires modernes eux, ne sont bien souvent au service que des intérêts financiers et économiques, et sont utilisés en gros pour spolier les ressources naturelles de tous les peuples, et plus particulièrement du pétrole, dont la couleur noire, l'odeur nauséabonde, et le fait qu'il est reconnu comme un résidu de putréfaction est assez révélateur d'un point de vue symbolique.

Le type même du militaire est sans doute apparu avec la Rome antique, et les légions romaines, en écrasant sous leur nombre les guerriers des différents peuples, allaient incarner le renversement de la force spirituelle par la puissance matérielle, de la qualité par la quantité. Pour les légionnaires romains, tout comme pour les militaires modernes, il ne s'agissait que "d'obéir aux ordres" de façon aveugle, et cette attitude conventionnelle est à des milliers de lieues de l'intelligence et de l'autonomie qui caractérise le véritable guerrier.

Anonyme a dit…

SUITE ET FIN


Toute cette question de distinction entre les kshatriyas, les guerriers et les militaires peut sembler être une digression, mais n'en est pas une en réalité puisque l'attitude et les valeurs guerrières se situent au centre même de l'oeuvre d'Evola, et en les définissant de façon juste on ne peut que prendre conscience que les prétentions d'Evola au statut de guerrier ne sont que des fantaisies romantiques, associées à un certain "dandysme" d'ordre intellectuel (ou plutôt en fait, d'ordre simplement mental).

Selon Wikipédia:

"Le baron Giulio Cesare Andrea Evola, nait à Rome d'une famille de la petite noblesse sicilienne. Il adoptera plus tard le prénom de Julius par admiration pour la Rome antique"


Evola avait originalement pour nom celui de Giulio CESARE Andrea, et en adoptant le prénom de JULIUS, il est assez clair qu'il cherchait à s'identifier à Jules César même, et ce que nous avons dit au sujet des militaires romains et de ce qui les oppose aux guerriers permet de juger tout ce que cette attitude d'Evola a de contradictoire...

D'autre part, le mot ROMA est l'inverse du mot AMOR (AMOUR), ce que de nombreux exégètes avaient déjà remarqué, et il assez clair que l'Empire romain, avec la mécanicité "démiurgique" qui le caractérisait, s'opposait diamétralement au principe de l'Amour spirituel: l'Amour, contrairement à ce qu'on pense habituellement, est beaucoup plus qu'un simple "sentiment humain" car il est ce qui unit tous les êtres vivants entre eux et il est ultimement le principe qui maintient la cohésion des mondes. Sans Amour, les mondes se désagrègent et se dissolvent... un simple petit coup d'oeil au bulletin télévisé vous renseignera assez vite sur cette réalité!

Mo Ti, un des porte-parole du taoïsme, affirmait que "la cause de tout le mal dans le monde tient au manque général d'amour universel, s'il régnait un amour englobant tout, cela aurait pour conséquence la paix et le bien-être"

Et David Icke avait donné ce titre à un de ses livres: "Infinite love is the only truth. Everything else is illusion"


Donc osmont, je te souhaite amour, unité, et paix de l'âme!



Akima :)


osmont norbert a dit…

ceux qui ont répondu à mon commenataire étaient pas particuliérement visés mais y ont répondu . j'en suis fort aise ; cela réponds à ce que j'esperais : laisser un avis fondé sur une connaissance du sujet .
pour ma part j'ai comparé ce que dit evola par rapport à la bourgeoisie des milieux universitaire qui est là pour conforter le systeme .
Dans ce sens il a fait beaucoup mieux que la bourgeoisie des milieux universitaire

minimiser ses écrits àlors que l'on fait un commentaire qui est bien en deça est la pratique uselle et n'apporte rien .
les point de vues sont relatifs
pour ma part evola est un néme couteau et je ne m'en sers pas comme réference.
mais je ne minimise pas ses écrits je les relativise en fonction de son milieu et époque. ce qui sembles difficile pour ceux qui veulent la vérité ou rien

osmont norbert a dit…

pour préciser un peu plus ce ne sont pas des gens comme evola qui peuvent influer sur le cours des evenements ,ni guénon d'ailleurs.celui ceux qui influe sur le cours
des évenemnts c'est ceux qui agissent les institutions ,les organisations et beaucoup viennet des milieux bourgeois qui remplissent les grandes ecoles et universités.
trouver ceux qui ont les connaissances et qui fondent des expressions qui agissent au niveau des citoyens dans le sens d' l'évolution c'est plutôt rare. et pour ma part c'est ceux que je mets au1 er rang et dans ce domaine y a pas foule

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