mercredi 4 décembre 2013

La bande de Gaza se noie sous les eaux usées et les conspirations



La dernière torture infligée à Gaza pourrait sembler juste une nouvelle façon d’humilier ce territoire pour le plus grand plaisir d’Israël, de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, et du gouvernement égyptien sous la coupe des militaires... Mais quelque chose de bien plus sinistre se prépare.

Cette fois-ci, la punition collective appliquée à Gaza prend la forme d’eaux venues des égouts qui inondent de nombreux quartiers de cette zone déshéritée et en pleine pénurie énergie, d’une surface de 360 ​​km2 (139 milles carrés) sur lesquels vivent 1,8 million d’habitants. Même avant la récente crise résultant d’une grave défaut d’approvisionnement d’électricité et de la disparition du carburant jusque-là fourni en contrebande à travers la frontière égyptienne, Gaza était lentement mais sûrement rendue inhabitable. Un rapport bien documenté des Nations Unies déclarait l’année dernière que si aucune initiative urgente n’était prise, Gaza serait « invivable » d’ici 2020 . Depuis que le rapport a été publié en août 2012, la situation n’a fait qu’empirer.

Citant des responsables de Gaza, le New York Times a rapporté le 21 novembre que 13 stations d’assainissement dans la bande de Gaza ont soit débordé, soit sont près de déborder, et que plus d’un million de mètres cubes d’eaux usées non traitées s’écoulent chaque jour vers la mer Méditerranée. « Le service de l’assainissement pourrait bientôt ne plus être en mesure de pomper de l’eau potable pour les foyers de Gaza, » indique le journal.

Farid Ashour, directeur des services d’assainissement et de fourniture d’eau dans les municipalités côtières de Gaza, a déclaré au même moment que la situation était « catastrophique ». « Nous n’avons jamais fait face à une situation aussi dangereuse que cette fois-ci, » dit-il. Mais la situation n’a aucune raison d’être dangereuse ou catastrophique comme elle l’est actuellement. Il a tout simplement été voulu qu’il en soit ainsi.

La seule et unique centrale électrique de Gaza a été la cible prioritaire des avions de guerre israéliens pendant des années. En 2006, elle a été détruite dans un raid aérien israélien, puis rouverte un an plus tard, pour être ensuite à nouveau détruite. Et elle était loin d’être à pleine capacité quand elle fonctionnait encore récemment, fournissant à peine 30% des besoins en électricité de Gaza qui s’élèvent à 400 mégawatts. Cent vingt mégawatts viennent d’Israël , et près de 30 mégawatts venaient d’Égypte. Le total était loin des besoins de base de la bande de Gaza, mais en tout cas, Gaza survivait. Après l’éviction de Morsi et la répression militaire égyptienne, la pénurie est maintenant à 65 % du total nécessaire.

Dans une interview avec l’agence de nouvelles humanitaire des Nations Unies (IRIN), James W. Rawley, le coordinateur humanitaire pour les territoires palestiniens occupés, dépeint une situation hallucinante où la crise impacte « tous les services essentiels, y compris les hôpitaux, les cliniques, les service s’occupant des eaux usées et les stations de pompage de l’eau. »

Les Israéliens de leur côté, n’ont eu aucun souci à se faire depuis depuis la dernière confrontation militaire avec le Hamas. « L’ année dernière a été une bonne année », a déclaré, selon L’Economist, le commandant de la division d’Israël qui « surveille » la bande de Gaza, le brigadier Michael Edelstein. En raison de la forte baisse du nombre de roquettes tirées depuis la bande de Gaza en représailles des attaques israéliennes et du siège qui se poursuit (50 roquettes cette année, comparativement à 1500 l’an dernier), « les enfants dans les villes frontalières d’Israël peuvent dormir dans leurs lits, pas dans des abris, et ne vont plus à l’école en autobus blindés », selon l’édition datée du 16 novembre.

« Mais la promesse du côté israélien d’aider à relancer l’économie de Gaza n’a pas été tenue »,indique le journal. Israël a fait tout ce qui était en son pouvoir pour que la bande de Gaza reste dans une situation de crise, bloquant les exportations et empêchant même les panneaux solaires d’entrer dans le territoire sous blocus afin que les Palestiniens assiégés ne puissent produire leur propre électricité. « Durant ce temps, la bande de Gaza est en train de mourir sur pied. »

Prêts à tout pour trouver des solutions à court terme, le Premier ministre de Gaza, Ismaïl Haniyeh, a lancé de nouveaux appels à Mahmoud Abbas pour un gouvernement d’union. « Ayons un seul gouvernement, un seul parlement et un Président », a déclaré Haniyeh dans un récent discours, cité par l’agence Reuters. Un porte-parole du Fatah, Ahmed Assaf, a rejeté l’appel car « il ne contenait rien de nouveau ». Pendant ce temps, l’Autorité palestinienne décidait de mettre fin à la subvention sur le carburant livré à Gaza via Israël, augmentant de 79 cents le prix déjà situé à 1,62 dollar US le litre. Selon Ihab Bessisso de l’Autorité palestinienne, la décision d’annuler l’exemption de la taxe sur le carburant de la bande de Gaza a été prise parce que l’envoi de carburant à meilleur marché à Gaza « était injuste pour les habitants de Cisjordanie ».

Mais le souci d’équité a peu à voir là-dedans. Selon L’Economist , Al Monitor et d’autres médias, des efforts égyptiens sont aujourd’hui déployés pour remettre en selle Mohammed Dahlan, l’ancien chef de la sécurité de la bande de Gaza et chef du Fatah , afin d’accélérer l’effondrement attendu du gouvernement du Hamas. Al Moniteur a rapporté le 21 novembre que Dahlan – un commandant du Fatah chassé par le Hamas en 2007 en raison, entre autres, de ses liens étroits avec le renseignement israélien – avait rencontré le général al-Sisi au Caire. Évidemment , le but est de renverser le Hamas dans la bande de Gaza. Mais la question est de savoir comment ? Certains « suggèrent qu’une brigade palestinienne soit rassemblée dans al-Arish et marche sur la bande de Gaza pour, avec le soutien égyptien, vaincre le large éventail de forces mises sur pied par le Hamas dans la dernière décennie ».

Avec les Frères musulmans et Morsi chassés de la scène, au moins pour l’instant, la bande de Gaza est plus vulnérable que jamais. Certains des partisans d’Abbas et de Dahlan pensent certainement que le moment est venu de donner le coup de grâce à leurs adversaires dans le petit territoire assiégé.

Ramzy Baroud

Source : http://www.palestinechronicle.com/the-plot-thickens-gaza-is-flooded-wi...

Traduction : Info-Palestine.eu - Claude Zurbach http://www.info-palestine.net/spip.php?article14225

4 commentaires:

Phil deFer a dit…

Il se dit qu'il y aurait beaucoup beaucoup de gaz dans les eaux territoriales revenant actuellement aux territoires palestiniens de GAZA... Vu d'ici, on, dirait bien que les juifs font tout ce qu'ils peuvent pour rendre la vie impossible aux gazaouis et favoriser ainsi leur éventuel exode vers la Cisjordanie... semble t il avec la complicité des dirigeants du Hamas, dont il se dit aussi qu'il ne s'agit que d'une bande de corrompus aux origines juives... (comme par exemple, les Al Saoud...)... je dis ça, je dis rien...^^

Anonyme a dit…

Les agissements des colons sionistes sont inhumains et inacceptables.

Pourquoi tant de haine parmi les peuples?
Et peuples de Dieu en plus, sur cette terre dite sacrée depuis des lustres depuis mathuzalem^^...

Israël Palestine pourquoi la séparation alors que vous croyez en Un Seul Dieu comme l'on toujours témoigné ses élus?

Un Seul Dieu infiniment Glorieux pour tous...aucun peuple n'est supérieur à l'autre...

ENEE

Alexandre Laforest a dit…

Alex a dit:
Il en on rien a f**tre ,tout ce qui compte maintenant c'est l'argent, voilà le nouveau dieu de ce monde pourrie,pire invention de l'homme.

Anonyme a dit…

Palestine je t'♥ !!!!

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