mardi 4 février 2014

Un économiste propose un revenu de 200 euros pour chaque habitant de la zone euro.

 Il ne s'agit que d'un pot de vin destiné à calmer la population.

La critique est facile, mais émettre des propositions est bien plus difficile, affirme l'économiste belge et philosophe Philippe Van Parijs sur le blog de la London School of Economics. Il propose d’instituer le versement inconditionnel d’un revenu de base universel de 200 euros pour tous les résidents légaux de l'UE, ou à tout le moins, des Etats membres de la zone euro.


Ce revenu modeste, qu’il appelle « eurodividende », pourrait être complémenté par les revenus du travail, du capital et des bénéfices sociaux, et il permettrait d'assurer une répartition plus équitable des « fruits de l'intégration ». Il pourrait être financé par un impôt spécifique qui pourrait être une taxation de 20% de l'assiette de la TVA harmonisée dans toute l'Union européenne, ce qui représenterait environ 10% du PIB total de l'UE :

Pourquoi avons-nous besoin d’un tel programme inédit ? Pour 4 raisons, affirme Van Parijs :

✔ L’Europe n’a pas de mécanismes tampons similaires à ceux que l’on trouve aux USA et qui se substituent à des ajustements de taux de change pour les Etats individuels. Le premier est la migration entre Etats. La proportion de résidents des Etats-Unis qui se déplacent d’un Etat à un autre dans n’importe quelle période donnée est 6 fois supérieure à celle des résidents de l’UE qui se déplacent d’un Etat membre à l’autre. Notre diversité linguistique est une contrainte qui implique qu’il sera difficile d’espérer une intensification des mouvements migratoires.

Le second mécanisme tampon de la zone dollar vient des redistributions entre Etats effectuées par l’Etat providence fédéral. Lorsque le Michigan ou le Missouri souffrent économiquement, entre 20% et 40% de leurs dépenses sociales, sont de facto prises en charge au niveau fédéral. Dans l’UE, les transferts d’ajustement entre les Etats membres comptent pour moins de 1%. Pour être viable, notre union monétaire doit se doter de ses propres mécanismes tampon, et ceux-ci pourraient s’assimiler à un eurodividende.


✔ La diversité linguistique et culturelle du continent européen fait qu’il est compliqué et coûteux pour les communautés de migrer entre les différents Etats-membres. L’intégration dans un nouveau pays est plus longue, elle réclame des ressources sur les plans administratif et éducationnel, et elle crée des tensions plus durables que celles que les citoyens américains ont à subir lorsqu’ils changent d’Etat. Mais si des transferts automatiques, du type d’un eurodividende, étaient prévus du centre de l’Europe vers sa périphérie, les gens n’auraient plus besoin de migrer en aussi grand nombre. L’immigration serait donc plus digérable pour les pays accueillants, et moins affaiblissante pour les pays de la périphérie qui subissent cette fuite des cerveaux.


✔ La libre circulation des capitaux, des biens et des services et des personnes au sein de l’UE amenuise la capacité des Etats à opérer les redistributions qu’ils faisaient par le passé, et qui leur permettaient d’assurer leurs priorités démocratiques, et la solidarité entre leurs citoyens. De plus en plus, ils sont contraints de veiller à leur compétitivité, comme des entreprises, pour attirer les capitaux et les cerveaux, et limitent au maximum leurs dépenses sociales. A moins que l’UE ne mette en place un mécanisme tel que l’eurodividende, les pouvoirs des Etats-providence et leur diversité seront de plus en plus rabotés par la nécessité de cette compétition.

✔ La création d’un eurodividende pourrait renforcer l’attrait de l’Europe pour les citoyens européens, et lui permettre de ne plus être considérée comme une bureaucratie sans cœur.

Van Parijs envisage également les critiques qui pourraient être formulées à l’encontre de son eurodividende :

✔ Pourquoi faire appel à la TVA pour financer un tel mécanisme, et pas à une taxe Tobin, ou une taxation basée sur les revenus, par exemple ? Tout simplement parce que la TVA n’est pas progressive, elle varie assez peu d’un pays à l’autre, ce qui pourrait assurer une certaine égalité de traitement. En outre, comme elle permettrait de lever bien plus de fonds, elle serait plus efficace.

✔ On pourrait faire appel à des dispositifs spécifiquement adaptés à chacune des 4 problématiques qui justifient la création d'un eurodividende. Mais l’eurodvividende aurait le mérite de simplifier et unifier la réponse à apporter à ces 4 raisons, et donc, d’être bien plus facile à gérer.

✔ Enfin, beaucoup objecteront qu’il serait injuste d’allouer des revenus à des gens sans contrepartie. Mais Van Parijs explique que l’eurodividende correspondrait en fait à une juste redistribution des fruits de l’intégration européenne. Actuellement, rien n’est fait pour compenser le citoyen européen du fait qu’il n’y a plus de guerre en Europe, ni de coûts associés ; pour lui reverser une part des gains réalisés par les entreprises en raison de leur concurrence accrue, ou de la plus grande mobilité des facteurs de production pour une plus grande productivité.

On ne sait pas quelles sommes ces conséquences de l’intégration européenne ont permis de faire gagner, mais ce que l’on sait, c'est qu’elles ont été réparties de façon très inégale au sein de l’UE. La création d’un eurodividende serait le moyen le plus simple de s’assurer que chaque européen pourrait retirer un bénéfice tangible de ces résultats.

« Est-ce utopique ? Bien sûr, de même que l’Union Européenne elle-même était utopique il n’y a pas encore si longtemps, et autant que l’était le système de sécurité sociale avant que Bismarck n’assemble les premières pierres de sa fondation. Mais le système de pension de Bismarck n’est pas né de ses bons sentiments. Il l’a créé parce que les gens ont commencé à se mobiliser en faveur de réformes radicales dans tout le Reich qu’il tentait d’unifier. Qu’est ce que nous voulons? », conclut Van Parijs.

http://www.express.be/business/fr/economy/200-euros-par-mois-pour-chaque-resident-de-lue-un-eurodividende-finance-par-la-tva.htm

7 commentaires:

Anonyme a dit…

je propose a ce charlot de commencer pas le sien ,200 euro,allez hop

Anonyme a dit…

SYD
hs: c'est tragique http://mobile.lepoint.fr/societe/l-experience-tragique-du-gourou-de-la-theorie-du-genre-31-01-2014-1786513_23.php

Anonyme a dit…

Aux States, il touche beaucoup plus que ça , a rien foutre et pour maintenir "l'ordre" en autorisant le deal dans les quartiers défavorisés.
En fait il peuvent toucher jusqu'à 1500 euros, pour rester tranquille dans leur quartier, à se droguer, voler entre eux, et se tuer aussi entre eux..
Alors 200 euros... Pour pas que ça pête, je trouve ça pas cher payé...
Donc ils veulent vraiment que ça pête.
Ou bien c'est quoi le délire là ? Solidarité européenne?
Des Roms en pagaille ici, incasable, impossible à "exploiter"
mais ils sont là, à fouiller dans des poubelles "malheuresement" mais franchement quand les gosses ils voient ça vous pensez que ça les rassure pour leur futur?
Quel société de merde, société où on peux se payer le silence pour 200 euros/habitant de la zone euro.
Alors que le total d'or physique, présent et possédé par tous les pays membre de la zone euro, représente un poids, tel que l'on pourrait donner 250 grammes d'or à chaque habitant de la zone euro , là maintenant! y compris pour les + friqués aussi, ne soyons pas égoiste.
Bref grand foutage de gueule

ElectronLibre

Anonyme a dit…

Résoudre un problème de dette par plus de dette.
C'est logique, sa mère aurais pris sa pilule, on serrai rester con.

Je vis avec 250 € par mois depuis 26 mois, alors envoie, Philou...

Anonyme a dit…

Vraiment agité du bulbe l'"économiste"
Bismark, utopie, "compenser qu'il n'y ait plus de guerre", "intégration des États"...
un grand gloubi-boulga de lycéen, dans cette Europe où le seul dénominateur commun est la monnaie, non pas une monnaie commune mais unique !

jusque dans les années 1990, plus de 75 % du budget de fonctionnement de ladite Europe était consacrée à la Politique Agricole Commune, merveilleuse avancée technologique de l'immédiat après-guerre qui transforma le modèle européen d'agriculture traditionnel en machine industrielle calquée sur le modèle américain sur des exploitations gigantesques, rasant parties boisée, haies, mares et tout obstacle à la mécanisation forcée...
rasant du même coup le biotope, compensant à coup d'engrais, pesticides, fongicides chimiques...
vidant les campagnes de ses habitants pour augmenter le sous-prolétariat urbain corvéable à merci...(avant que la tendance ne s'inverse, vers les années 2000)

200 € à tous, sauf les britanniques (va savoir, Charles !) sans conditions de ressources, cette proposition essaye de se justifier sur un vague plan philosophique (en "compensation" de la paix), cherchant un financement sur l'improbable tva à taux européen unique (dont aucun état ne veut, ça aurait déjà été fait depuis 50 ans sinon !), un budget qui permet tout juste de financer l'achat de tabac pour un couple ou de payer la location longue durée d'une voiture bas de gamme à courte obsolescence programmée...

les plus bas revenus devraient bénéficier de bien plus, sans condition, sachant que tout serait ré-investi dans le système niveau nourriture de qualité, soins médicaux, loisirs enrichissants, autant de postes de dépense qui, au final, permettraient de diminuer les déficits croissant des assurances maladie, sans parler du taux de suicide dont tout dirigeant se fout royalement ! ! !

Ce gloubi-boulga de la pensée lycéenne est totalement absurde, à mon goût !

Raoul Popo

hello a dit…

"un os à ronger pour les gouverner tous d'une main de fer dans un gant de velours" :)

serge durand a dit…

bon 200 euros c'est bien avec des petits boulot à coté
c'est quoi d'aprés vous les petits boulots à coté ?

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Commentaires fermés

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