jeudi 24 avril 2014

L'Europe se prépare à vivre sans le gaz russe





Bien que les représentants de l'UE évitent d'évoquer la situation qui pourrait surgir en Europe en cas de coupure prolongée de gaz russe, les experts de l'agence Fitch n'excluent pas que Bruxelles puisse interdire les exportations gazières russes suite à la dégradation des relations avec Moscou, et étudient les conséquences possibles de cette démarche.

L'agence de notation internationale Fitch Ratings a publié mercredi un rapport intitulé "Vivre sans gaz russe".

"La Russie fournit 27% du gaz consommé par l'Europe et, vu le prix très élevé d'une interdiction [des importations gazières russes] pour les deux parties, nous estimons qu'une telle perspective n'est possible qu'en cas de dégradation substantielle de la crise ukrainienne. Des interruptions momentanées touchant uniquement le transit gazier via l'Ukraine constituent un scénario plus probable, scénario auquel l'Europe est mieux préparée grâce à ses stocks importants et au nouveau gazoduc récemment mis en service entre la Russie et l'Allemagne", lit-on dans le rapport.

Une réduction de l'offre de gaz sur le marché européen entraînerait une hausse des prix d'autres matières énergétiques, dont le pétrole et la houille. Les prix de l'électricité augmenteraient également. Si la situation se prolongeait, la métallurgie et l'industrie chimique seraient confrontées à des problèmes très graves. Les entreprises de ces secteurs fermeraient ou réduiraient considérablement leur activité suite à la concurrence de la part des régions disposant de matières énergétiques moins onéreuses, telles que les Etats-Unis ou les pays du Proche-Orient.

Les exportations de gaz naturel par Gazprom

L'hebdomadaire allemand Der Spiegel rapporte, citant l'association indépendante Gas Storage Europe, que les capacités de stockage européennes sont actuellement remplies en moyenne à 46%, ce qui suffirait à subvenir aux besoins en gaz pendant deux mois tout au plus. Dans des pays comme la Grèce, la Bulgarie, la Slovaquie et la Hongrie, les stocks de gaz sont pratiquement épuisés, si bien qu'en cas de suspension des livraisons russes, ces pays subiraient une pénurie de gaz en quelques jours. L'aide apportée par d'autres Etats serait très limitée, la capacité des gazoducs européens n'étant pas insuffisante à cet effet.

http://fr.ria.ru/business/20140424/201060234.html

6 commentaires:

jalil nael a dit…

c'est surtout la france qui aura des difficultés a s'approvisionner en gaz plus que n'importe quel etat d'europe

Yann Gompel a dit…

+ 10 puissance 9² Jalil nael !!!

Chercheur du Temps a dit…

Se passer du gaz russe est possible. Avec du temps et de gros sacrifices. Après Fukushima et l’arrêt de tous leurs réacteurs nucléaires, les Japonais y sont bien arrivés… mais au prix d’une envolée des coûts énergétiques et de répercussions sévères sur leur économie.
Les deux mois de stocks évoqués sont ridicules pour faire face à une brutale pénurie et à un redéploiement des sources d’approvisionnement qui ne sont pas légion.
Posons-nous une seconde les questions qui fâchent : qui a intérêt à un « choc gazier » et pourquoi ? A court et moyen terme, les Russes n’y ont guère intérêt. L’UE est aujourd’hui largement dépendante de la Russie et lui assure de substantielles rentrées de devises : tuer la poule aux œufs d’or n’a guère de sens et la priverait d’un excellent moyen de pression. Il lui faudra encore quelques années avant de largement tourner son appareil productif et de gazoduc vers les marchés asiatiques. Le Qatar qui complote depuis des années pour devenir l’incontournable puissance gazière y a, au contraire, tout intérêt. C’est bien pour cela qu’il a fomenté guerres et « révolutions » pour neutraliser des concurrents et/ou s’emparer de leurs gisements gaziers. Que l’Arabie saoudite tente d’étouffer aujourd’hui le Qatar ne change rien à l’affaire : c’est un autre potentat qui raflerait la mise à la place du petit émir… L’Algérie est bien placée pour jouer les fournisseurs de substitution… pour son plus grand malheur. C’est un gros producteur proche, trop proche (géographiquement), de l'Europe… Combien de temps des Européens en disette d’énergie résisteront aux sirènes de l’OTAN qui, avant peu, va proposer une petite intervention militaire humanitaire pour venir en aide à un « printemps » maghrébin, kabyle, islamique d’opposants à la réélection aussi triomphale que factice du mort-vivant Bouteflika ?
Pour les Américains, l’option algérienne leur permettrait d’offrir un nouveau front de dislocation du monde arabe en se cachant (mal) derrière les Européens dans un mauvais remake de l’assaut « humanitaire » sur la Libye. Avec probablement des résultats aussi désastreux à courte et moyen terme… et donc l’inévitable recours aux sources d’approvisionnement sous contrôle de l’oncle Sam et l’obligatoire signature du partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP)… En même temps, une pareille expédition guerrière en Méditerranée offrirait l’indispensable opération de diversion à l’inévitable désagrégation de l’Ukraine et à son dépeçage par ses voisins (Russie, Pologne, Roumanie, Moldavie, Hongrie…).
Il va falloir soigneusement scruter la situation du côté d’Alger, des Aurès et du Sahara pour voir comment va tourner l’imbroglio ukrainien.

Chercheur du Temps a dit…

Se passer du gaz russe est possible. Avec du temps et de gros sacrifices. Après Fukushima et l’arrêt de tous leurs réacteurs nucléaires, les Japonais y sont bien arrivés… mais au prix d’une envolée des coûts énergétiques et de répercussions sévères sur leur économie.
Les deux mois de stocks évoqués sont ridicules pour faire face à une brutale pénurie et à un redéploiement des sources d’approvisionnement qui ne sont pas légion.
Posons-nous une seconde les questions qui fâchent : qui a intérêt à un « choc gazier » et pourquoi ? A court et moyen terme, les Russes n’y ont guère intérêt. L’UE est aujourd’hui largement dépendante de la Russie et lui assure de substantielles rentrées de devises : tuer la poule aux œufs d’or n’a guère de sens et la priverait d’un excellent moyen de pression. Il lui faudra encore quelques années avant de largement tourner son appareil productif et de gazoduc vers les marchés asiatiques. Le Qatar qui complote depuis des années pour devenir l’incontournable puissance gazière y a, au contraire, tout intérêt. C’est bien pour cela qu’il a fomenté guerres et « révolutions » pour neutraliser des concurrents et/ou s’emparer de leurs gisements gaziers. Que l’Arabie saoudite tente d’étouffer aujourd’hui le Qatar ne change rien à l’affaire : c’est un autre potentat qui raflerait la mise à la place du petit émir… L’Algérie est bien placée pour jouer les fournisseurs de substitution… pour son plus grand malheur. C’est un gros producteur proche, trop proche (géographiquement), de l'Europe… Combien de temps des Européens en disette d’énergie résisteront aux sirènes de l’OTAN qui, avant peu, va proposer une petite intervention militaire humanitaire pour venir en aide à un « printemps » maghrébin, kabyle, islamique d’opposants à la réélection aussi triomphale que factice du mort-vivant Bouteflika ?
Pour les Américains, l’option algérienne leur permettrait d’offrir un nouveau front de dislocation du monde arabe en se cachant (mal) derrière les Européens dans un mauvais remake de l’assaut « humanitaire » sur la Libye. Avec probablement des résultats aussi désastreux à courte et moyen terme… et donc l’inévitable recours aux sources d’approvisionnement sous contrôle de l’oncle Sam et l’obligatoire signature du partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP)… En même temps, une pareille expédition guerrière en Méditerranée offrirait l’indispensable opération de diversion à l’inévitable désagrégation de l’Ukraine et à son dépeçage par ses voisins (Russie, Pologne, Roumanie, Moldavie, Hongrie…).
Il va falloir soigneusement scruter la situation du côté d’Alger, des Aurès et du Sahara pour voir comment va tourner l’imbroglio ukrainien.

Chercheur du Temps a dit…

Se passer du gaz russe est possible. Avec du temps et de gros sacrifices. Après Fukushima et l’arrêt de tous leurs réacteurs nucléaires, les Japonais y sont bien arrivés… mais au prix d’une envolée des coûts énergétiques et de répercussions sévères sur leur économie.
Les deux mois de stocks évoqués sont ridicules pour faire face à une brutale pénurie et à un redéploiement des sources d’approvisionnement qui ne sont pas légion.
Posons-nous une seconde les questions qui fâchent : qui a intérêt à un « choc gazier » et pourquoi ? A court et moyen terme, les Russes n’y ont guère intérêt. L’UE est aujourd’hui largement dépendante de la Russie et lui assure de substantielles rentrées de devises : tuer la poule aux œufs d’or n’a guère de sens et la priverait d’un excellent moyen de pression. Il lui faudra encore quelques années avant de largement tourner son appareil productif et de gazoduc vers les marchés asiatiques. Le Qatar qui complote depuis des années pour devenir l’incontournable puissance gazière y a, au contraire, tout intérêt. C’est bien pour cela qu’il a fomenté guerres et « révolutions » pour neutraliser des concurrents et/ou s’emparer de leurs gisements gaziers. Que l’Arabie saoudite tente d’étouffer aujourd’hui le Qatar ne change rien à l’affaire : c’est un autre potentat qui raflerait la mise à la place du petit émir… L’Algérie est bien placée pour jouer les fournisseurs de substitution… pour son plus grand malheur. C’est un gros producteur proche, trop proche (géographiquement), de l'Europe… Combien de temps des Européens en disette d’énergie résisteront aux sirènes de l’OTAN qui, avant peu, va proposer une petite intervention militaire humanitaire pour venir en aide à un « printemps » maghrébin, kabyle, islamique d’opposants à la réélection aussi triomphale que factice du mort-vivant Bouteflika ?
Pour les Américains, l’option algérienne leur permettrait d’offrir un nouveau front de dislocation du monde arabe en se cachant (mal) derrière les Européens dans un mauvais remake de l’assaut « humanitaire » sur la Libye. Avec probablement des résultats aussi désastreux à courte et moyen terme… et donc l’inévitable recours aux sources d’approvisionnement sous contrôle de l’oncle Sam et l’obligatoire signature du partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP)… En même temps, une pareille expédition guerrière en Méditerranée offrirait l’indispensable opération de diversion à l’inévitable désagrégation de l’Ukraine et à son dépeçage par ses voisins (Russie, Pologne, Roumanie, Moldavie, Hongrie…).
Il va falloir soigneusement scruter la situation du côté d’Alger, des Aurès et du Sahara pour voir comment va tourner l’imbroglio ukrainien.

Eric Darel a dit…

Perso, j'ai une plaque électrique lol

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