vendredi 6 juin 2014

Affaire du Musée Juif de Bruxelles : La drôle arrestation d’un djihadiste peu loquace



Lors de son arrestation par les douaniers, lors d’un contrôle de routine, l’auteur présumé de la tuerie du musée juif de Bruxelles n’a pas perdu son sang-froid. A la différence de Mohamed Merah, Mehdi Nemmouche s’est rendu sans combattre.


Les conditions de l’arrestation du djihadiste Mehdi Nemmouche laissent perplexes. Pourquoi le tueur présumé s’embarque-t-il, moins d’une semaine après les faits, dans un bus Eurolines qui opère la liaison entre Amsterdam et Marseille ?

C’est certainement la meilleure façon de tomber entre les mains de la police, et le jeune roubaisien ne l’ignore certainement pas, lui qui a fréquenté dans son quartier les trafiquants de stupéfiants. De la police ou de la douane, en l’occurrence : à peine le car est-il stationné sur le parking de la station de la gare Saint-Charles que trois douaniers montent à bord.

Les douaniers disposent d’une liste des passagers et ont jeté leur dévolu sur quelques-uns d’entre eux. Nemmouche en fait partie. Un douanier se poste au fond du car, un autre à l’entrée, tandis que le troisième commence son inspection

, selon un mode opératoire classique. Apercevant un sac posé sur un siège, le « gabelou » au flair confirmé le soupèse. Il lui semble un peu lourd. Il aperçoit même quelque chose qui pourrait ressembler au canon d’une arme. Il ne fait part à personne de sa surprise, mais transporte le sac à l’avant du car.

Comme personne ne réagit, les douaniers s’enquiert, sans mettre la pression, de savoir à qui appartient ce « sac de linge ».
Quelques minutes s’écoulent avant que Mehdi Nemmouche ne se démasque. « C’est à moi », dit-il, espérant peut-être que les douaniers ne découvrent pas la Kalachnikov et les balles qu’il contient.

Le douanier resté au fond du car s’avance et se livre à une rapide palpation qui s’avère concluante : le voyageur porte sur lui une arme de poing. Aurait-il pu dégainer et faire un carnage dans le bus ? On se souvient comment Mohamed Merah, le tueur toulousain, avait livrer bataille comme un forcené avant de mourir sous les balles de la police. Nemmouche, lui, se rend sans un bruit, sans une balle tirée. Une reddition sur laquelle les policiers de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) l’ont certainement interrogé. Comme ils cherchent à savoir pourquoi il a pris la direction du Sud de la France. Avait-il l’intention de renouer avec des personnes rencontrées lors de son incarcération dans les prisons de Grasse, Salon-de-Provence et Toulon, d’où il avait été libéré en 2012 ?

Selon nos informations, le jeune homme s’est montré peu loquace au cours des premières heures de sa garde à vue. Mais là encore, on est troublé par le fait qu’il ait éprouvé le besoin d’enregistrer sa voix sur une carte mémoire, avec les photos des armes qui ont servi à éliminer quatre personnes dans l’enceinte du musée juif. Il a aussi conservé ses vêtements, casquettes comprises, ce qui est en totale contradiction avec ce que l’on apprend à l’école du crime : aussitôt le forfait commis, si l’on veut limiter les risques, on brûle ce que l’on porte. Il a également conservé les armes, ce qui laisse perplexe quant à son appartenance à un réseau structuré. Allait-il commettre un nouveau crime avant de finir en martyr ? Une seule certitude : on ne se met pas « au vert » avec son matériel de guerre.

Frédéric Ploquin 

SOURCE : Marianne.net via Les moutons enragés

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