lundi 30 juin 2014

Les ABCD de l'égalité seront remplacés par un plan d'action généralisé



C'est donc la fin de l'expérimentation des ABCD de l'égalité, ce dispositif lancé début 2014 dans 600 classes, de la maternelle au CM2, réparties dans 10 académies. Un dispositif largement critiqué par les «anti-genres» qui devait être généralisé si l'expérimentation se révélait concluante. Ce ne sera pas le cas. En contrepartie, le ministre de l'Éducation et sa collègue aux Droits des femmes, qui cogèrent le dossier, annoncent un plan d'action ambitieux «sans équivalent».


Une communication ressassée depuis maintenant quelques jours qui ne saurait cacher une reculade à la fois symbolique et réelle. L'égalité filles-garçons concernera désormais aussi les élèves du collège et du lycée. Elle sera inscrite dans le projet éducatif des établissements. Elle sera intégrée à la formation initiale de l'ensemble des enseignants. Ces derniers auront accès à une mallette pédagogique, mise à leur disposition en septembre. Des belles annonces qui laissent certains sceptiques, à commencer par la FCPE, première fédération de parents, classée à gauche, qui a largement soutenu les ABCD.

«Une reculade masquée»

«Je crains que ces grandes avancées annoncées ne masquent une reculade», explique clairement Paul Raoult, le président de cette fédération. «Sur le terrain, les militants ont mouillé la chemise», poursuit-il, dénonçant des annonces ministérielles destinées à «calmer une minorité d'extrémistes qui ne va d'ailleurs pas se calmer». Et une nouvelle reculade de Benoît Hamon, «après les rythmes scolaires et les programmes».

«Généralisation égalité filles-garçons. C'est pas gagné!» estime Christian Chevalier à l'Unsa, farouche défenseur également des ABCD.

«C'est un enterrement de première classe. Comme toutes les grandes reculades, tout ceci est annoncé à coup de trompette comme une grande avancée», lance Pierre Favre, président du syndicat national des écoles (SNE), qui, un brin ironique, salue «le bon sens de Benoît Hamon». «Intégrer un chapitre sur l'égalité filles-garçons dans les enseignements, ce qui, du reste, existe déjà, est une bonne chose», poursuit-il, saluant la fin de «ces stages à destination des enseignants les invitant à remettre en cause leurs pratiques, à se flageller. Il y avait là-dedans quelque chose relevant de la manipulation, du lavage de cerveau».

«Avec les ABCD, on a fait une fois de plus cette erreur historique consistant à confier à l'école ce qui revient à la société. Cette expérimentation a été lancée de façon précipitée sous la pression de mouvements extérieurs à l'école, notamment le mouvement LGBT, parfaitement légitime au demeurant.»

À ce jour beaucoup de questions restent en suspens. Quel sera le contenu de la fameuse mallette pédagogique? En toute logique, elle devrait reprendre les fiches et conseils livrés sur le site des ABCD. Mais surtout, ces ABCD ne seront plus des moments clairement identifiés et dédiés. Avec le risque pour certains de voir cette question fondue dans la masse, au même titre que l'éducation civique.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/06/30/01016-20140630ARTFIG00172-abcd-de-l-egalite-un-enterrement-de-premiere-classe-une-simple-reculade.php

3 commentaires:

Amaury Massalis a dit…

Bien souvent le plan consiste à proposer quelque chose d'inacceptable, de taper très haut, bien au-dessus de l'objectif final, puis face aux protestations se replier sur ce que l'on avait initialement prévu d'atteindre.
Il se pourrait que l'ABCD n'était que la phase une du plan.

Utopia a dit…

Oui, je pense que tu as raison. Ce n'était qu'une manière de nous préparer mentalement à ce qu'ils ne vont pas manquer de nous proposer et qui semblera nettement plus acceptable. Ce qui nous ramène toujours à cette fameuse manipulation mentale ;)

ben oinen a dit…

Maintenant et plus que jamais, tout repose sur les parents.

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