mardi 26 août 2014

Aprés 50 jours de combats le Hamas obtient un cessez-le-feu illimité à Gaza



Au cinquantième jour de l’opération «Bordure protectrice», Israël et les organisations palestiniennes sont tombés d’accord pour un cessez-le-feu à durée illimitée. Celui-ci a débuté mardi soir, peu après 19 heures locales. Négocié par les moukhabarat (renseignements égyptiens), le deal prévoit une accalmie totale sur le terrain d’une durée d’un mois en échange d’une large ouverture des points de passage contrôlant les accès de la bande de Gaza, ainsi qu’un élargissement de la zone de pêche dévolue à l’enclave.


Rancœur. Au terme du premier mois de calme débuteront des pourparlers portant sur le statut futur de l’enclave palestinienne, la reconstruction de son aéroport international détruit au début des années 2000 dans le cadre de la Deuxième Intifada, la mise en eau d’un port ainsi que la création d’un mécanisme de contrôle international des marchandises pénétrant à Gaza. Une exigence israélienne destinée à empêcher ou à ralentir le réarmement du Hamas et de ses alliés.

Dans ce cadre, l’Autorité palestinienne, qui avait été expulsée de l’enclave à la suite du putsch du Hamas en juin 2007, sera appelée à jouer un rôle puisque plusieurs centaines de ses hommes seront formés en Egypte afin d’assurer la sécurité aux différents points de passage de l’enclave. Et d’empêcher divers lanceurs de roquettes de s’approcher de la «barrière de séparation» longeant Israël.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a officialisé la conclusion du cessez-le-feu à l’occasion d’une conférence de presse organisée mardi soir. Au Hamas, le chef de la branche politique gazaouie de l’organisation, Ismaïl Haniyeh, et son porte-parole, Sami Abou Zouhri, ont confirmé l’existence de l’accord avant même l’intervention d’Abbas. Il ne s’agit pas d’une simple anecdote car, en prenant cette initiative, Haniyeh et Abou Zouhri ont forcé la main de leur patron, Khaled Mechaal, le directeur général de la branche politique basé au Qatar, ainsi que des Brigades Ezzedine al-Qassam (la branche militaire) qui étaient, elles, prêtes à poursuivre le combat autant qu’elles l’auraient jugé nécessaire.

De leur côté, les dirigeants israéliens ont traîné à confirmer l’existence du cessez-le-feu. Nombre d’entre eux, à commencer par Benyamin Nétanyahou qui se fait discret, ne cachent d’ailleurs pas leur malaise. Car cinquante jours après le déclenchement de la «guerre de Gaza», les résultats de Tsahal sont loin d’avoir atteint leurs espérances ainsi que celles de la population. En effet, à l’origine, l’état-major prévoyait une opération éclair censée, grâce à des bombardements intensifs, briser l’infrastructure des Brigades Ezzedine al-Qassam en une semaine - quinze jours maximum -, tout en augmentant la rancœur de la population locale contre l’organisation islamiste.

De fait, durant ce cycle de violence, plus de 2 150 Palestiniens ont été tués (parmi lesquels un nombre indéterminé de combattants) et 10 900 ont été blessés. Près de 10 000 bâtiments ont été rasés ou touchés. Mais le Hamas était bien préparé à cette épreuve. Il n’a donc pas plié, et l’Etat hébreu s’est laissé embarquer dans la guerre d’usure qu’il voulait à tout prix éviter.

«Fêter». A contrario, l’organisation islamiste, qui était fort affaiblie avant le début du conflit en raison, entre autres, de l’hostilité du nouveau régime égyptien à son égard et de la perte d’une grande partie de ses revenus financiers, a réussi à se refaire une santé. En tout cas, au sein du monde arabe, il profite désormais de l’aura que lui confère sa «résistance face à l’ennemi sioniste».

Dès l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le Hamas de Gaza a en tout cas organisé une série de réunions publiques destinées à «fêter sa victoire sur l’occupant». Ses porte-parole ont alors fait écho au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui venait de promettre que la reconstruction «débutera le plus rapidement possible».

http://www.liberation.fr/monde/2014/08/26/israel-et-le-hamas-declarent-un-cessez-le-feu-illimite-a-gaza_1087544

1 commentaires:

Chercheur du Temps a dit…

Ce n’est pas tant le Hamas qui a « gagné » que l’entité sioniste en Palestine occupée qui a perdu. Et largement ! L’objectif de Benyamin Nétanyahou était clair et claironné : anéantir une bonne fois pour toutes la menace que représentait le Hamas pour la sécurité du peuple élu. L’aviation devait écrabouiller les Brigades Ezzedine al-Qassam et leurs fichus lance-roquettes, les blindés de Tsahal devant nettoyer le terrain et l’occuper pour contraindre les palestiniens à l’exode vers l’Egypte.
Rien ne s’est passé comme prévu.
Les frappes aériennes, pour meurtrières qu’elles ont été contre les civils, n’ont en rien empêché les tirs de missiles qui se sont abattus jusqu’à ces dernières heures encore sur le territoire occupé par l’entité sioniste. Et cela malgré les milliards de dollars dépensés par les Etats-Unis pour la protéger avec le Dôme de fer qui mériterait plutôt le nom de Passoire de fer. L’opération terrestre a rapidement tourné à un remake de Stalingrad pour l’armée la plus morale du monde et les mercenaires appelés à la rescousse des meilleurs clients de Pampers.
A la défaite militaire (quand on n’atteint aucun de ses objectifs malgré des pertes conséquentes, il est difficile de parler de victoire même tactique…), s’ajoute la déroute diplomatique et la bérézina en matière de communication et d’image de marque.
Tout ça pour finalement accepter un cessez-le-feu illimité où il n’est pas plus question du démantèlement des missiles que du désarmement des Brigades Ezzedine al-Qassam. Où l’on commence, du bout des lèvres, à envisager un début de desserrement du blocus de Gaza. Les « garanties » exigées par Tel Aviv ne lui garantissent que de sauver la face… a minima. Ainsi, le déploiement de centaines d’hommes de l’Autorité palestinienne pour assurer la sécurité aux différents points de passage de l’enclave et empêcher les fedayin de s’approcher de la «barrière de séparation» longeant Israël relève du gag. Même chose avec la création d’un mécanisme de contrôle international des marchandises pénétrant à Gaza pour empêcher ou ralentir le réarmement du Hamas. L’arsenal des Brigades Ezzedine al-Qassam est encore bien fourni et le féroce blocus sioniste ne les a jamais empêchées de s’équiper. De même, le pseudo cordon protecteur des forces de l’Autorité palestinienne s’avère totalement illusoire contre des tirs de missiles pouvant partir de n’importe où dans Gaza et toucher n’importe quel point du territoire de l’entité sioniste. Quant aux tunnels, hantise des dirigeants de Tel Aviv et toujours opérationnels pour la plupart, ils risquent fort de constituer les bases de départ de futures offensives…
« Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort » disait Nietzsche et c’est ce qui a de fortes chances d’arriver au Hamas. A contrario, on pourrait même dire que « Ce qui ne tue pas votre ennemi vous rend plus vulnérable » !

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