vendredi 8 août 2014

Le directeur de rédaction de l'Express implore les français juifs de renoncer aux démons du sionisme

Pour une fois, un journaliste dit ce qu'il pense et il  a raison.  À quand le grand exorcisme des français juifs ?



Les nouveaux Baal-Zebud

Elle insinue, elle susurre, elle suggère ; ou bien elle affirme, elle tonitrue, elle clame. Quel que soit son registre, et elle les utilise tous, la peur est toujours mauvaise conseillère. Elle signe la faiblesse, elle prouve la panique, elle témoigne déjà de la défaite. Elle n'est pas l'enfant de la vigilance, elle est son contraire, son démon. Si la communauté juive de France, confrontée à la tension importée de Gaza et à la nouvelle fièvre antisémite, écoute sa peur, elle ne fera que de mauvais choix.

Le premier, et sans doute le pire, est celui de l'autodéfense. L'esprit de milice est une déchéance, et confier son sort à des nervis, c'est nourrir la violence, en accepter la pérennité et considérer qu'elle est désormais le registre dominant de la société française. Entre la naïveté suicidaire du troupeau de proies et le recours à des gangs communautaires, il y a l'appel exigeant aux forces de l'ordre républicaines. La Ligue de défense juive croit protéger la tribu, mais ne fait que motiver ses ennemis : sa dissolution sera salutaire.

L'autre impasse, de plus en plus envisagée, et trop souvent empruntée, est la fuite, vers un ailleurs qui est un nulle part. Appeler alya une désertion ne change rien à sa nature, et tous ceux qui incitent des citoyens à quitter leur nation au nom de leur religion ne rendent service ni à l'une, abandonnée, ni à l'autre, dévoyée. L'alya ne peut être qu'une démarche religieuse, motivée par la foi et non par un raisonnement politique, social ou sécuritaire. Une alya laïque a pu se justifier quand il s'agissait de bâtir l'Etat d'Israël, mais son avatar actuel est une imposture.

Bunkériser sa religion n'est pas acceptable

Comment un juif qui craint une poussée antisémite en France et choisit d'y abandonner ceux qui ne peuvent ou ne veulent partir pourra-t-il se laver de l'accusation de lâcheté ? Quel que soit le mal qui menace notre pays, c'est ici qu'il faut le combattre, par sens de l'honneur et par intérêt stratégique : livrer les démocraties à l'antisémitisme, c'est promettre Israël à un destin de forteresse assiégée.

Bunkériser sur place sa religion n'est pas plus efficace, ni acceptable. Céder à la tentation du communautarisme, c'est choisir l'asphyxie par crainte de la tempête. La force de la République est dans le droit à l'indifférence, cette liberté de vivre ses convictions religieuses ou philosophiques avec la garantie de ne pas être résumé à ces choix. Prôner le communautarisme en lieu et place du contrat républicain, c'est féodaliser la France, c'est installer un néon sur le portail du futur ghetto. La foule républicaine, d'où n'émerge nulle obédience, est le plus sûr bouclier contre l'antisémite, toujours acharné à identifier ses cibles. Et c'est parce que la République est aujourd'hui fragile qu'il ne faut en aucun cas la délaisser, car nulle communauté ne résisterait à la barbarie qui suivrait sa chute.

Aucun nationalisme ne saurait, non plus, lutter contre l'antisémitisme autrement qu'en de trompeuses victoires à court terme. Les juifs de France se trompent s'ils considèrent vital de soutenir Benyamin Netanyahu en ses alliances radicales, ses colonisations excessives et ses options militaires contestables : le patriotisme, c'est la guerre pour assurer la paix dans la sécurité ; le nationalisme, c'est la guerre pour la guerre.


La caution d'une dédiabolisation de façade du FN

De même, les juifs de France se leurrent s'ils se rallient au FN pour contrer la progression de l'islam dans notre société. D'abord, le néo-lepénisme n'a pour eux qu'une compassion éphémère et intéressée : ils sont la caution d'une dédiabolisation de façade, pour mieux cacher les vérités du "détail" et de la "fournée". Ensuite, raisonner contre une partie des Français, c'est préparer une guerre civile, cette guerre dont même les vainqueurs sortent perdants.

L'actualité est un carrefour brumeux où la seule voie raisonnable est celle de la République, et ceux qui conseillent aux juifs de France d'emprunter une autre direction leur font courir de grands périls. Que prennent garde ceux qui consultent les nouveaux Baal-Zebub pour apaiser leur crainte ! S'ils pensent qu'être français est un problème pour être juif, ils donnent raison à ceux qui estiment qu'être juif est un problème pour être français.

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/les-nouveaux-baal-zebud_1564124.html

3 commentaires:

Brebis Gall a dit…

Et voilà qu'ils resservent le détail et la fournée ! Pauvre Express de Servan-Schreiber...

Borniol a dit…

Néanmoins un constat limpide et sans voile de la situation et des mauvais choix juifs, Brebis Gall. Bien que, plutôt que la panique et la défaite, la peur ne déclenche chez ces gens imbus de leur personne la violence et la cruauté, les dirigeants juifs ont choisi d'affronter de face et avec leur orgueil incomparable le regard du monde sidéré de leur mépris. Je ne suis pas sur qu'il suffise d'avoir organisé une influence pesante sur le monde pour faire accepter cette arrogance a des peuples qui eux, ne considèrent pas leurs dirigeants comme des guides et qui gardent encore un peu d'humanité et de liberté.

Patrice Sanchez a dit…

le barbier retournerait il sa veste après avoir depuis des lustres monté les communautés les unes contre les autres,
le peuple se souviendra de vos éditos nauséabonds
dans la vie il y a une justice qui ne saurait tarder à arriver pour les prostitués de votre corporation et les politicards qui ne valent guère mieux !
Il serait préférable de prendre un bille d'avion sans retour pour jérusalem avant que le peuple de france ne vous mette dans un charter à coup de pied dans le fondement !


Enregistrer un commentaire

Commentaires fermés

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.