dimanche 23 novembre 2014

Pervers narcissiques : le cas du dandy

À chacun de relier les points...



Répondre à la question : qu’est-ce que le dandy, c’est comprendre l’individualité contrariée dans une société de masse. Penser le dandy, c’est d’abord penser deux choses. C’est penser la déféminisation de l’hystérie, et c’est penser sa désexualisation. Pour le comprendre, il faut d’abord faire un bref retour sur la théorie de l’hystérie, puis évoquer la figure du dandy telle qu’elle s’est constituée au XIXe siècle. Ce cheminement amènera à rencontrer des figures plus mineures de l’hystérie : le mondain, le sophistiqué, le bohème…



Faisons rapidement retour sur la théorie de l’hystérie. Après avoir été analysée, conformément à son étymologie, comme une maladie « féminine », - la maladie de la matrice -, l’hystérie a été rapprochée de la neurasthénie, au XVIIè siècle, en un mouvement qui ne faisait que reprendre une théorie du IIe siècle ap. JC avec Sextus Empiricus, et elle a été étendue aux hommes.

L’hystérie a été vue sous l’angle d’une maladie neurologique par Jean-Martin Charcot (1825-1893). Elle concernait donc tant les hommes que les femmes. Freud a repris ce point de vue mais a resexualisé, – voire sursexualisé selon certains – l’hystérie quant à son origine, qu’il voit principalement dans des émotions sexuelles mal digérées. L’hystérie est alors un paradigme de la maladie mentale. Un siècle plus tard, nous n’en sommes plus là, et c’est la notion même d’hystérie qui semble disparaître derrière des symptômes rattachés à d’autres pathologies. Dans ces conditions, l’hystérie peut-elle encore nous dire quelque chose de la maladie mentale ?

En tout cas, l’approche de l’hystérie en termes de paradigme ne paraît plus adéquate. C’est une approche en termes de position de vie qui retient notre attention. L’hystérie est une attitude, une position. C’est une position devant le monde et devant les autres. En cela, c’est une solution à un problème. Plus précisément c’est une tentative de solution à un problème d’économie psychique défaillante. Il s’agit d’économie psychique, et non seulement d’économie sexuelle. Ce que nous explorons ne se situe donc pas dans la lignée de la position de Freud de l’origine sexuelle de toutes les névroses donc de l’hystérie.

Comprendre à nouveaux frais l’hystérie, c’est la désexualiser. L’hystérie, est « une pathologie dans l’engagement des rôles, qu’ils soient sexuels ou non » écrit Georges Charbonneau. Nous évoquions plus haut l’idée que toute position de vie assumée constitue une tentative d’auto-thérapie. On peut estimer que l’hystérie est une « mauvaise » réponde à un vrai problème : une forme particulière de neurasthénie, l’acédie. Il y a en effet des liens entre hystérie et acédie, exactement entre l’hystérie et une tentative de soigner une acédie, celle-ci entendue comme non pas une paresse, non pas une simple tépidité (défaillance de l’énergie, relâchement) mais au contraire comme une tension, mais une tension qui ne sait à quoi s’employer, une tension qui s’entrave elle-même et qui se heurte au non désir de soi, produisant ainsi une sorte de « tristesse sèche ».

En ce sens, Albert Camus écrivait : « Le dandysme est une forme dégradée de l’ascèse ». Il poursuivait : « Le dandy créé sa propre unité par des moyens esthétiques, … La créature jusque là recevait sa cohérence du créateur. A partir du moment où elle consacre sa rupture avec lui, la voilà livrée aux instants, aux jours qui passent, à la sensibilité disperse. Il faut donc qu’elle se reprenne en main. » (L’Homme révolté, 1951). L’hystérie est une tentative d’échapper à l’acédie ; elle s’inscrit dans un système global d’économie psychique. D’où l’intérêt d’étudier, au delà de tout paradigme, les figures passées et actuelles de l’hystérie, maintenant nommée l’histrionisme.

Certaines de ces figures ont un profil assez reconnaissable. Ne négligeons pas ce que nous dit le sens commun sur l’hystérique : celui qui « fait des histoires », le coléreux pour un rien, l’acariâtre. C’est là l’hystérie rouge pourrait-on dire. Naturellement, ces caractéristiques peuvent se trouver chez d’autres types de personnalité, le psychopathe par exemple. Elles ont par contre un sens particulier chez l’hystérique, c’est le « vouloir se faire remarquer » (comme une tour que l’on voit de loin dans un paysage – ce qui pourrait amener à évoquer une hystérie architecturale), « vouloir attirer l’attention », « vouloir être au centre des préoccupations des autres ».

L’hystérique est ainsi un être qui adopte une attitude de hauteur, non pas par distance radicale avec les autres, mais pour se faire remarquer. Le succès recherché et surtout affiché, ou encore la revendication insatiable peuvent être ses moyens. L’hystérique est un phobique à l’envers, il a toujours besoin d’être sûr d’être au centre de l’attention d’autrui.

Le mondain, le dandy, le sophistiqué

Le mondain est une figure possible de l’hystérie, il veut être parmi ses pairs, du petit nombre de ceux « qui comptent ». Il y a une affectation dans l’hystérie. Le sophistiqué, le délicat, le maniéré sont d’autres figures possibles de l’hystérie, même si ces figures peuvent renvoyer aussi à d’autres personnalités pathologiques, narcissiques notamment, évitantes parfois (ce qui n’est pas le cas du mondain). Ces dernières figures, ces attitudes sont toutes tangentielles par rapport à la centralité : entendons qu’elles ne visent pas à la centralité d’une manière simple, classique, comme le mondain y vise, mais d’une manière détournée. Plus radicale est une autre figure de l’hystérique. Nous voulons parler de la figure du dandy.

Il y a trois modes de repérage possibles des hystéries : en fonction de la typification des rôles sexuels (ainsi le Don Juan …), de la symptomatologie corporelle (ainsi l’hypocondriaque …), du positionnement dans le champ social. Le dandy relève de ce troisième registre. Qu’est-ce qui caractérise le dandy ? C’est un rapport à la centralité complexe. Le dandy est obsédé par la centralité, mais toutefois il ne souhaite pas participer à celle-ci n’importe comment. Il souhaite apparaître, vu du centre, comme étant aux marges, ailleurs, « différent ». L’important pour le dandy, c’est « comment on le voit du centre ». C’est là toute la différence avec le mondain qui veut être « de ceux du centre », et non seulement au centre, et encore moins « vu du centre ». Il y a une dimension « nostrique » (la nostrité, l’appartenance au « nous », à une communauté) chez le mondain (la volonté « d’en être »). C’est une dimension d’appartenance qu’il n’y a pas chez le dandy.

Autre figure, le sophistiqué. Celui-ci est intermédiaire entre le mondain et le dandy. Il est certes, avant tout, proche du dandy. Mais sa sophistication ne constitue pas un refus aussi radical de la « nostrité » - le sentiment d’un ‘’nous’’ - que pour le dandy. Le sophistiqué est snob d’apparence mais il est moins méprisant que le dandy. Sa sophistication est une mise à distance des autres qui ne va pas jusqu’à l’auto-mise à l’écart du dandy entendu stricto sensus. Ceci posé, les frontières entre ces sous catégories sont minces. Ecoutons les propos du chanteur Christophe, un contemporain qui relève d’un dandysme sophistiqué : « le dandysme ce serait une différence, je n’ai jamais regardé la définition sur mon dictionnaire [le dandy ne regarde pas dans un dictionnaire mais dans son dictionnaire -JML], le dandysme ce serait une différence dans laquelle je me retrouve, qui m’appartient… Mais je peux prendre des exemples. Un dandy c’est quelqu’un qui aime avoir des exemplaires uniques – mettons, j’ai créé ces bottes : alors que d’habitude on met toujours la fermeture à l’intérieur de la jambe, sur ce modèle elles sont à l’extérieur. (…). Pour moi, le dandysme c’est l’affirmation d’une différence assumée à tous les niveaux… en ce sens on peut parler d’une attitude, mais une attitude commandée par l’esprit. » i. Le dandysme est du « beau bizarre », selon le terme du parolier Bob Decout et le titre d’une chanson de Christophe, avec toujours une dimension de nostalgie et de romantisme. Charles Baudelaire avait écrit : « Le beau est toujours bizarre. Je ne veux pas dire qu'il soit volontairement, froidement bizarre, car dans ce cas il serait un monstre sorti des rails de la vie. Je dis qu'il contient toujours un peu de bizarrerie, de bizarrerie non voulue, inconsciente, et que c'est cette bizarrerie qui le fait être particulièrement le Beau » (1855).

A beaucoup d’égards, le sophistiqué est proche du snob. « Il n'existe pas de snob à temps partiel ou d'intermittent du snobisme. Il s'agit d'une vocation, d'un sacerdoce, d'une carrière. » écrit Jean-Noël Liaut ii. Le terme snob vient de William Makepeace Thackeray, auteur de Barry Lindon et d’un Livre des snobs, publié en 1848. Le snob, qui tient à la fois du sophistiqué et du mondain, est d’emblée un être marqué par un décalage. Il veut paraître au dessus de ce qu’il est socialement. Il aspire, note l’historien Frédéric Rouvillois, « à un statut supérieur au sien ; [c’est en ce sens] un intrus, un imitateur, un vaniteux. » iii. A la fin du XIXe siècle, le critique littéraire Jules Lemaître écrit que le snob est un « mouton de Panurge prétentieux, un mouton qui saute à la file, mais d’un air suffisant. » Le snob peut aussi être proche du dandy quand ce dernier est un mondain paradoxal.

Ainsi était Arthur Meyer, issu d’une famille juive, fondateur du Musée Grévin, boulevardier notoire, comploteur au coté de la royaliste duchesse d’Uzès, qui fut, au tournant du XIXe et du XXe siècle un dandy caractérisé, cherchant à dérouter par rapport à ses origines et à être où on ne l’attendait pas. C’est ainsi que ce fils de rabbin devint catholique, antidreyfusard et royaliste. Néanmoins, il se bâtit en duel avec l’antisémite Edouard Drumont et fut attaqué par l’Action française. Il était par ailleurs patron du journal Le Gaulois, un titre qui évoque un journal populaire et qui était au contraire un quotidien peu diffusé, aristocratique et mondain, qui finira racheté par Le Figaro en 1929. Un homme de paradoxes savamment entretenus.

Arthur Meyer lui-même voyait dans le snobisme « le refuge naturel d’une société à laquelle la république a refusé toutes les réalités, et qui est condamnée à se contenter des apparences. » Il en ressort en tout cas clairement que le snobisme et le dandysme sont ici la même chose – une chose qui consiste à vouloir apparaître en écart avec les conventions. A l’extrême, et sans le talent d’Arthur Meyer, cela produit des gens en décalage mental avec leur situation réelle, dans une sorte de paraître sans être et qui vivent, en termes heideggeriens, sans authentique « être-là ». Toutefois, il ya bel et bien une différence entre le dandy et le snob. Emilien Carassus allait même jusqu’à dire que le snob est une « falsification du dandy ». Pourquoi ? Parce que le snob cherche à paraître au dessus de ce qu’il est dans la hiérarchie sociale, tandis que le dandy cherche à imposer sa propre image « décalé ».

L’attitude dandy vise à essayer d’attirer les regards mais pour dire « je ne suis pas celui que vous croyez que je suis ». Cette dérive de l’identité trouve un terrain fertile dans les temps modernes. Pourquoi ? Parce que les identités de rôle y sont de moins en moins données d’avance. Les incertitudes identitaires peuvent ainsi déployer leurs figures à foison. En outre, les sociétés démocratiques amènent à un certain nivellement apparent des moeurs. Dans le cas de ces sociétés, l’attitude dandy a pu être analysée, de manière sans doute trop complaisante, mais qui contient une part de vrai, comme « une réaction pour établir la personne humaine dans ce qu’elle a de beau, d’unique, face à une société qui tend à uniformiser, à réduire les êtres » iv. C’est par réaction à cette uniformisation, et parfois par envie de situations sociales supérieures que le dandysme trouve à s’employer en mobilisant les artifices du snobisme. Il semblerait d’ailleurs que snob veuille dire « non noble » et, en ce sens, Marcel Proust v parle quelque part d’une femme « snob bien que duchesse » - ce qui semble bien indiquer une antinomie.

Dans le foisonnement de ces figures, la moins hystérique est le mondain, qui est dans le registre d’un certain plaisir de la vie sociale (cf. le poème de Voltaire qui porte ce nom), puis vient le sophistiqué qui correspond à une hystérie plus grande, ou en tout cas à une névrose plus prononcée, puis enfin le dandy, qui est dans l’esquive permanente, et dans l’hystérie la plus pathologique.

Qu’est-ce à dire quand nous parlons de figures plus ou moins hystériques ? C’est ici qu’il est nécessaire de revenir sur la symptomatologie complexe de l’hystérie. Elle n’est pas spectaculaire. Nous avons tous en tête l’image de l’hystérique comme celui, celle qui « en fait trop ». Mais l’hystérie peut être discrète. Et le dandy se rapproche alors de la discrétion de l’hystérie quotidienne. Petite description phénoménale de cette dernière. Une femme entre dans une rame de métro. Habillée en rouge. Elle se précipite vers une place assise, et ouvre immédiatement, visiblement en état d’urgence, la fenêtre pour avoir plus d’air. Sans bien sûr demander si cela gène quelqu’un (nous sommes en mai, ce n’est pas la canicule). Elle se rassoie, serre ses sacs contre elle, sourit (se sourit à elle-même), témoignant du sentiment d’avoir réussi sa mission : trouver une place, l’aménager, s’y installer. Trente secondes plus tard, elle baille ostensiblement (l’ennui arrive vite chez l’hystérique). Puis son vis-à-vis se lève, elle se précipite alors pour s’asseoir à la place laissée vacante, le tout rigide, lèvres serrées. C’est cela l’hystérie : surjouer le quotidien et le banal, et exactement surjouer l’instant, bien plus souvent que « faire des crises d’hystérie » même si cela peut être une modalité. L’hystérique surjoue l’instant car « l’instant est le sommet de la centralité ».

La fausse concision du style dandy

A la discrétion de l’hystérie quotidienne répond la sobriété du style dandy. Le style dandy, ce n’est pas l’extravagance, celle par exemple des Merveilleuses du Directoire, extravagance toute dans la centralité et dans une sorte d’égalitarisme de la centralité. Ce qui caractérise le style dandy, c’est la sobriété vi. Mais il y a dans cette sobriété quelque chose de décalé. Cette sobriété est une fausse concision. Elle est elliptique. Il y a ainsi, dans le dandysme littéraire, un « reste à dire », et, dans le dandysme vestimentaire, un subtil décalage qui dit : « Je ne suis pas là où vous croyez. Et je ne suis pas celui que vous croyez ». Le dandy aime le simulacre, et tout particulièrement le simulacre du naturel, le faussement négligé par exemple.

Au plan littéraire, le dandysme est toujours de l’auto-narration. Le sujet et l’auteur sont mélangés. Tout est peu ou prou auto-portrait chez le dandy. Le dandy affectionne la litote, celle-ci qui est, relève Clément Rosset, « la caricature du secret, ou encore son échec, puisque la chose que l’on prétend voiler y est, non pas dissimulée ou diminuée, mais au contraire présentée sur un plateau et proposée, démesurément grossie, au spectacle universel » vii.

Remarquons la fausse concision du style littéraire dandy maintenant. C’est le fait que l’abondant, le florissant, auxquels on pourrait s’attendre (le baroque en d’autres termes) sont remplacés par un style « court », qui, à défaut d’être vigoureux, est une forme brève de la grandiloquence. C’est une hystérie discrète, une sorte d’hystérie blanche. Le dandy porte des masques. Mais ceux-ci ne cachent pas une personnalité secrète – un secret romantique, une sombrerie, ni même des personnalités multiples -, ils masquent plutôt l’absence de personnalité.

Ce qui tient lieu de personnalité au dandy, c’est le fétichisme. Pour le dandy, sa singularité se joue socialement et lui tient lieu d’identité. Le dandy ne s’approprie pas son propre désir ; il vit à travers le regard des autres. Sa singularité est validée par et seulement par le regard des autres. Pour le dandy, l’autre ne sert qu’à cela : servir de miroir. Conséquence : l’autre au sens de la concrétude d’une autre personne humaine n’existe tout simplement pas pour le dandy. Le dandy est en un sens rabattu sur son identité idem et non sur son identité ipsé, mais ce qui compte pour lui, c’est moins son rôle réel que celui que lui attribuent les autres. Le dandy est un être à regarder, il érotise son « être vu » qui est un « être à voir ». La panne identitaire du dandy l’amène à sans cesse surenchérir dans le déploiement du style viii. Le dandy aime la parade : c’est une « vamp » masculine. Ce qu’il aime dans la parade, c’est le signifiant, pas le signifié : les signes de la virilité par exemple, pas son exercice. (En ce sens on peut considérer que H-P Lovecraft était exactement un dandy comme le montre Lyon Sprague de Camp ix).

Ce qui importe au dandy, c’est comment on le considère socialement. Le dandy refuse tout échange social normal, il organise les conditions pour que tout don n’entraîne jamais un contre-don, pour prendre chacun à rebours. Exemple : quelqu’un signala une fois à Brummell qu’il le trouvait fort élégant. Réponse de Brummell : « Hélas non, puisque vous l’avez remarqué ». L’attitude du dandy est de chercher à être remarqué mais en faisant toujours la « fine bouche », ce qui est bien sûr une position « féminine », entendons par là, une position correspondant à la représentation sociale de la position féminine.

Chose importante, cette attitude va avec un antiféminisme théorique fort : le dandy se veut un être « froid » à l’opposé de la « chaleur » féminine et de ses « pleurs ». Barbey d’Aurevilly nous dit que le dandy voit les femmes comme de « dramatiques machines à larmes ». De fait, l’antiféminisme du dandy est radical, bien que lui-même représente plus un troisième sexe que le sexe masculin. Mais précisément, si le dandy était homme, il se distinguerait de la femme sans avoir à la haïr.

L’antiféminisme du dandy est lié à sa haine de la « nature », à sa détestation de la « campagne ». Baudelaire écrit : « La femme est le contraire du dandy. Donc elle doit faire horreur. La femme a faim et elle veut manger. Soif, et elle veut boire. Elle est en rut et elle veut être foutue. Le beau mérite ! La femme est naturelle, c’est-à-dire abominable. Aussi est-elle toujours vulgaire, c’est-à-dire le contraire du Dandy. » (Mon cœur mis à nu. Journal intime). Le dandy déteste la femme mais il vomit aussi l’amour, qu’il renvoie à la perte de l’identité individuelle. Même jouissant, le dandy reste un avare et un coquet.

Offert, mais imprenable, le dandy fait de lui-même un objet de consommation. Son désir, c’est d’être désiré, et c’est même là son seul désir. Il esthétise la vie sociale elle-même en même temps qu’il l’érotise. L’essence du dandysme n’est aucunement, comme croit pouvoir l’avancer Michel Onfray, « la rébellion perpétuelle, le refus du grégarisme, l’éloge de l’individu, l’insoumission permanente » x. D’une part, le dandy est bien trop froid pour être comparable à un volcan, d’autre part il n’est ni un anarchiste, ni un rebelle, ni un « sculpteur d’énergie » comme aimerait le croire Onfray. Il n’est ni l’anarque de Jünger, ni Napoléon, ni Stendhal. Le dandy a le souci de l’ordre – un souci exactement maniaque au sens médical du terme. « L’écriture ponctue, structure, rachète une débauche solitaire, sans en sortir, sans jamais viser, ne fût-ce que par l’imagination, un ailleurs réel » xi.

Le dandy suppose un certain style de société : il faut que l’aristocratie soit en déclin et que la démocratie ne soit pas pleinement installée. Hors ces conditions, l’extravagance a plus sa place que le dandysme à proprement parler. Mais la vanité mêlée de recherche d’originalité trouve toujours à s’employer. Barbey a ainsi pu parler de dandy d’avant le dandysme pour le duc de Lauzun, petit marquis devenu favori de Louis XIV, et on peut bien sûr trouver maints exemples de dandys d’après le dandysme.

Mais la catégorie de dandy ne saurait être étendue sans discernement. Elle perdrait alors toute valeur en tant que forme de personnalité hystérique-histrionique. Ainsi, on peut douter que le prince Charles-Joseph de Ligne, militaire de valeur, écrivain, homme de contacts suivis avec ses pairs ait quelque chose à voir avec le dandysme : il ne suffit certainement pas d’être brillant pour être dandy, il faut être un inadapté social – et ce n’est pas donné à tout le monde !

Fils de personne

Le dandy est à l’écart de toute vraie collectivité humaine. Le dandy est « fils de personne ». Il nie les filiations, dans le sens ascendant comme descendant. Laisser des traces, non, brouiller les pistes, oui. Le dandy s’abstrait du poids de l’histoire. Il brouille aussi les appartenances sociales : elle n’est ni bourgeois ni prolétaire. Pas plus qu’il ne croit à l’histoire, le dandy ne croit à la nature. Le romantisme de la nature ? Très peu pour lui. Ni croyance au progrès ni souci d’un quelconque ordre naturel : le dandy n’est ni conservateur ni progressiste. La vision du monde du dandy est ainsi une clé de compréhension du style qu’il adopte. Le dandy voit le monde en esthète, et il le trouve laid. Voir en esthète ce qui relève du pratique permet de se donner le « luxe » de prendre un air dégouté. Le dandy privilégie les figures marginales de ce monde : l’« Apache » en 1900, le milieu « underground » de nos jours.

Conscient de l’uniformisation croissante du monde et des modes, le dandy réagit à cela, non par une extravagance générale mais par des particularités fétichistes. Il se veut œuvre d’art résolument fragmentaire, et non microcosmique ; il se veut à l’instar de la toile du peintre mise dans un cadre, comme ce cadre qui est partie intrinsèque de l’œuvre d’art et extrinsèque de la nature (cf. Kant, Critique de la faculté de juger, 1790).

Le dandy n’est pas « pittoresque » non plus qu’il ne se veut « authentique ». Il a « le besoin ardent de se faire une originalité » écrit Baudelaire (A noter que Baudelaire lui-même fut qualifié de « Boileau hystérique » par le critique Alcide Dusolier qui admirait son style sans partager son esprit). Le dandy n’est jamais naturel, et c’est son point commun avec le puritain. Il ne copie rien, mais il parodie tout. Il brouille la distinction entre l’original et la copie. Il joue pour cela tout particulièrement sur l’ambiguïté du romantisme et du thème mélancolique. Il y a quelque chose de faisandé chez le dandy. L’esthétisation du tragique est la grande ressource du dandy, dans laquelle il puise pour orchestrer son style.

Cette esthétisation recherchée par le dandy est trop extrême pour ne pas donner de contre-effets. Ainsi, au plan vestimentaire, le dandy, à force de vouloir apparaître « distingué » finit par paraître surtout « décalé ». En même temps le dandy a bien vu, mieux que le mondain, que notre société n’a plus vraiment de centre, du moins fait vivre une pluralité de ceux-ci, circonstanciels, éphémères, en adéquation à des milieux et des stratégies qui ne durent qu’un temps. L’obsession de la centralité du dandy est donc doublement particulière : elle consiste à être fasciné « à rebours » donc à chercher à être en vue des marges, marges « à la mode », marges « branchées », des marges qui sont en fait des centralités périphériques ; mais l’obsession « anti-centriste » (le dandy ne veut pas être au centre si le centre est le lieu de la banalité) du dandy est aussi en butte à l’incertitude sur ce que sont les marges et les centres ; d’où le fait que, à partir de 1848 et de l’entrée dans la modernité, le dandy est avant tout – et paradoxalement – un homme des foules.

***

Il y a une topologie particulière du dandy au XIXè siècle. Le dandy d’alors aime les « salons » puisqu’ils ont pour fonction de désennuyer et que la menace de l’ennui fait partie de l’arsenal du dandy. Il aime aussi les clubs, car on y joue sa visibilité de la centralité mais ce dans un cadre pré-choisi. Le dandy glisse alors vers le mondain. Il y a là ce que Robert Kempf appelle « une double postulation vers le cloître et la scène » xii. Mais le dandy peut aussi aimer laisser entrevoir l’ellipse de sa singularité dans la foule anonyme ou tout milieu anonyme. C’est là même tout son jeu – un jeu non conscient - proprement hystérique : se montrer, séduire et plus encore se laisser séduire (posture féminine qu’il prise), puis se dérober. Jeu de cache-cache infantile. Le style du dandy c’est apparaître, disparaître, et laisser une aura.

Bien entendu, le dandy ne peut travailler avec les autres, il est inapte à des relations de travail avec autrui, qui supposent engagement et fiabilité. Pour le dandy, « tout ce qui est utile est laid » comme écrit Théophile Gautier (préface à Mademoiselle de Maupin). Tout travail utile est donc laid.

Toujours au XIXè siècle, le dandy est le promeneur de Baudelaire qui met sa singularité à l’épreuve du non sens de la société de masse, fasciné par la marchandise et, déjà, le fétichisme de la marchandise. Quand le dandy se fait homme des foules, il est toujours en retrait xiii. L’écriture d’esquisses, de croquis où il se tient à distance de lui-même peut lui tenir lieu de rôle. A l’occasion, le dandy préfèrera le « peu » du livre – de préférence sans lecteurs - au « trop » du journalisme. L’essentiel pour le dandy est de ne jamais s’engager vraiment, de refuser l’épaisseur et le poids des choses.

Combler le vide en se tenant à distance de lui-même : c’est cela la méthode du dandy. « Le Dandy doit aspirer à être sublime, sans interruption. Il doit vivre et dormir devant un miroir. » écrit Baudelaire (Mon cœur mis à nu). « Un dandy, écrit-il encore dans un article consacré à Constantin Guys [peintre à propos duquel Baudelaire rédige les essais Le peintre de la vie moderne], xiv peut être un homme blasé, peut être un homme souffrant ; mais, dans ce dernier cas, il sourira comme le Lacédémonien sous la morsure du renard. » De son coté, Barbey d'Aurevilly écrivait : « J'ai, parfois dans ma vie, été bien malheureux, écrivait, mais je n'ai jamais quitté mes gants blancs. » Une attitude que les Anglais résument par la formule : Never explain, never complain. Mais ce serait trop tirer le dandy vers le stoïcien que d’en rester là. Le vrai stoïcien est à l’opposé du narcissisme du dandy.

Albert Camus remarquait : « ‘’Vivre et mourir devant un miroir’’», telle était, selon Baudelaire, la devise du dandy. Elle est cohérente, en effet. Le dandy est par fonction un oppositionnel. Il ne se maintient que dans le défi. » (L’Homme révolté). L’archétype du dandy tel qu’il s’est définit au XIXe siècle c’est Georg Bryan Brummell (1778-1840). Le beau Brummell, d’origine modeste, fut un arbitre de la mode, ami du Prince de Galles, créateur de costume et esprit sarcastique. Il mourut ruiné après avoir fait de la prison pour dettes. Sa vie inspira Jules Barbey d’Aurevilly qui publia Du dandysme et de George Brummell en 1845 xv.

A cette date, Barbey d’Aurevilly est sur le point de se convertir au catholicisme. Il a abandonné les idées libérales de sa jeunesse pour se rapprocher des idées de Joseph de Maistre, doctrinaire de la contre-révolution. Son ouvrage sur Brummell est en vérité « le texte de son propre dandysme » comme écrit Fréderic Schiffter, auteur de fins essais sociétaux xvi. Comme Brummell, Barbey cherche à se « froidir » - à paraître froid. Il rappelle le principe de Brummell : restez dans le monde tant qu’on n’a pas produit d’effet, disparaître dés qu’on a produit un effet sur la société qui nous environne. Etonner plus que plaire vraiment. Garder son sang froid. Etre caustique, mais sans verve puisque celle-ci serait réservée aux passions et que le dandy n’en a pas. Savoir user du silence comme du bon goût de la fierté. Rester stoïque au point d’être parfois un martyr de la légèreté. N’accepter ne n’être fouetté que par sa propre vanité. Ne jamais rien donner aux autres et, en conséquence, en recevoir peu ou rien et ainsi être sûr de ne jamais rien perdre. N’être aimé que par spasmes. Aimer la distance non par pudeur mais parce qu’elle permet d’être fugitif. Etre ainsi un rejeté-rejetant, incompris-incompréhensible. L’ambition – car c’est bien de cela qu’il s’agit – de l’hystéro-dandy est d’être « impossible » xvii. Soyons assuré qu’il y arrive.

La posture initiale de Brummell est toute de retenue, sobriété vestimentaire mais avec chic, sobriété de langage, pas d’engagement politique, absence de frasques sexuelles. La différence est grande avec des dandys tel lord Byron, ou, plus tard, Oscar Wilde. Comme le souligne Otto Mann, auteur de Der Moderne dandy (1925), il n’y a chez le dandy, à l’origine, rien de flamboyant mais une recherche d’équilibre – un équilibre qui se veut toutefois au dessus de la société moyenne de son temps, jugée médiocre xviii. En Allemagne, la figure du dandy est proche de celle, peu flatteuse, du Petit Bossu. Une chanson dit : « es-tu amoureux,/ lascif d'amour/ laisse moi, mon beau / voir de quoi tu as l'air? -/ Pfui! poilu,/ dandy bossu !/ Noiraud, calleux/ nain sulfureux!/ Cherche toi une fille,/ à qui tu plais! »

Le sentiment de médiocrité des temps présents qui affecte le dandy – à moins qu’il n’affecte seulement d’éprouver ce sentiment - se nourrit de la nostalgie d’une société plus haute comme chez Joseph Addison et Richard Steele (Les beautés du spectateur, 1801) qui exhortent à retrouver paideia (éducation au sens de formation de l’homme) et humanitas. Dans cette perspective, William Morris, John Ruskin, Dante Gabriel Rossetti représentent un équilibre entre un certain dandysme et la capacité de création artistique. A l’époque actuelle plus encore qu’au XIXe siècle, le dandysme peut être une réaction en quelque sorte esthétique contre les sollicitations émotionnelles abusives et l’hyperémotivité ambiante – d’où la froideur affectée du dandy. « Le dandysme est un soleil couchant; comme l’astre qui décline, il est superbe, sans chaleur et plein de mélancolie.(…). » écrit Baudelaire (Le peintre de la vie moderne). Toutefois, la logique du dandysme reste pathologisante, c’est une logique de l’auto-mise à l’écart et du mépris des liens sociaux. Certes, tous les dandys ne sont pas [encore] fous, mais le dandysme rend fou.

Il n’y a pas de dandysme sans narcissisme. Un extrait de Maurice Barrès le montre tant par le fond que par la forme littéraire qui est la sienne : « A certains jours, se disait-il, je suis capable d'installer, et avec passion, les plans les plus ingénieux, imaginations commerciales, succès mondains, voie intellectuelle, enviable dandysme, tout au net, avec les devis et les adresses dans mes cartons. Mais aussitôt par les Barbares sensuels et vulgaires sous l'oeil de qui je vague, je serai contrôlé, estimé, coté, toisé, apprécié enfin; ils m'admonesteront, reformeront, redresseront, puis ils daigneront m'autoriser à tenter la fortune; et je serai exploité, humilié, vexé à en être étonné moi-même, jusqu'à ce qu'enfin, excédé de cet abaissement et de me renier toujours, je m'en revienne à ma solitude, de plus en plus resserré, fané, froid, subtil, aride et de moins en moins loquace avec mon âme. » (Le culte du moi I. Sous l’œil des Barbares). L’écriture – on le voit chez Barrès - fait partie du fétichisme du dandy ; c’est pour lui une façon de s’aimer narcissiquement.

Le dandy se fait parfois aussi collectionneur. C’est encore une des formes de son fétichisme. Pierre-Marc de Biasi a prétendu que la mise en scène de collectionneurs dans les livres de Balzac constitue une compensation de « l’échec de la satisfaction sexuelle par la division fétichiste du plaisir ». La « collectionnite » du dandy peut notamment être collection de rencontres prostitutionnelles. Le dandy ne recherche pas une compagne, ni plusieurs amantes – les femmes l’ennuient parce que l’altérité l’ennuie – il recherche des jeux de miroirs, et la prostituée, par la multiplicité des désirs qu’elle « centralise », dont elle est, en d’autres termes, le réceptacle, parvient bien à donner la réplique au dandy. Par son biais, il s’opère en sorte un transfert de centralité au profit du dandy. Avec la prostituée, le dandy en a, dans tous les sens du terme, pour son argent. La marchandisation, il l’a, la fétichisation du corps, le sien et celui de la femme, il l’a. L’anhistoricité de son acte, il l’a. La séduction et l’esquive, il l’a. Fausse séduction et vraie esquive bien sûr. Mais n’est-ce pas exactement ce qu’il recherche ? Sauf accident, qui serait l’apparition d’un don ou d’un contre-don, le dandy a donc tout ce dont il a besoin pour alimenter son autoportrait. La prostituée, à la fois « duchesse » et « grisette », soumise et maîtresse du jeu, satisfait aussi le goût du dandy pour le brouillage des identités tout autant que pour la généralisation de l’échange marchand. Il y a là une fascination dans laquelle Georg Simmel voyait une antidote à l’angoisse du pur objet (Philosophie de l’argent, 1903).

Le dandysme comme ennui de l’autre

Dans tous les cas, le dandy est un personnage à qui il n’arrive rien, au sens où il n’est jamais changé, jamais affecté par ce qui lui arrive ; il n’est pas sujet à de vraies émotions, et encore moins à de vrais changements de direction de vie. Le dandy n’est d’ailleurs pas sujet du tout, il est l’objet de son dandysme, le dandysme l’agit, il est la femelle de son dandysme. C’est pourquoi A rebours, le roman de Huysmans dont le personnage est Les Esseintes est un roman « sans action ni dialogue ». Pour le dandy, il ne se passe jamais rien.

Le dandy est fétichiste. La fétichisation des morceaux du corps, et du corps en morceaux correspond aussi à cette fascination exercée par la prostitution. Pour le fétichiste, c’est précisément la valeur d’échange qui est plus fascinante que la valeur d’usage. La femme peut aussi représenter, comme Salomé dans A Rebours de Huysmans « la déité symbolique de l’indestructible Luxure, la déesse de l’immortelle Hystérie, la Beauté maudite » . Là encore, il s’agit d’esquisser, et non de représenter : Salomé n’est pas l’hystérie mais sa déesse. Esquisser et esquiver : le goût de l’hystérique est dans l’inachèvement. Aucun aboutissement n’est possible. L’hystérique est hors désir : si le mélancolique peut être au delà du désir, - il l’a expérimenté et il l’a déposé dans un passé qui n’est plus –, l’hystérique est en deça.

L’ennui est la coquetterie du dandy. C’est son fétiche. Mais quand il n’y a que de l’ennui, il n’y a pas forcément dandysme, il peut n’y avoir que la simple figure du bohème, celui qui rechigne à s’engager dans le monde, qui est chichiteux, en somme, quant aux prises de parti dans le domaine professionnel, amoureux, politique, sociétal. C’est en ce sens que le bohème se cherche voire se dérobe au sens de l’esquive et de la latéralité dandyste. Mais le terme bohème désigne plutôt un mode de vie alors que dandy désigne une organisation de la personnalité.

C’est naturellement un ennui de l’autre qu’éprouve le dandy, puisque l’autre ne l’intéresse pas bien qu’il en ait besoin continuellement comme miroir. C’est le cas échéant un ennui de la femme (comme figure de l’autre). L’ennui a l’avantage pour le dandy d’être auto-référentiel. Il est aussi inspiré du modèle culturel féminin de l’attente, l’attente du prince charmant irréel, le réel n’étant « jamais assez bien ». Le dandy prétend réagir à l’ écoeurement d’un monde où « tout se répète » mais c’est surtout lui qui ne sait pas se renouveler.

Qu’est ce que l’ennui ? Le sentiment de non implication dans le monde, un sentiment de non responsabilité de soi. Le dandy vit avec un sentiment d’étrangeté au monde – alors que le monde est, que cela plaise ou non au dandy, le seul accès au soi (il n’y a pas de « soi intérieur », de soi hors monde, hors l’épreuve du monde et les preuves du monde). Le rapport du dandy au monde, c’est un romantisme dans le plus mauvais sens du terme. C’est le roman préféré à la vie. C’est une « neurasthénie délicate » (Emilien Carassus). C’est pourquoi, si le dandy se veut élégant, il n’est jamais, dans la mesure où il n’aime personne, « un vrai gentleman », comme le remarqua William Maginn.

L’incertitude identitaire de celui qui s’ennuie se voit bien dans ce propos de Barbey d’Aurevilly : « Je ne sais pas ce que j’aurais donné ce soir pour ne pas être moi-même ». Attention : ce dont il est question n’est pas la panique du phobique qui ne supporte pas la centralité qu’il pense devoir assumer et dont il surestime l’impact. L’ennui, c’est l’ère du vide et ce n’est donc ni la phobie ni le tourment des passions. Léo Bersani disait que le dandysme était « une forme d’individualité non personnelle ». Comme la femme fatale, le dandy n’est personne. A la chaleur des passions, le dandy préfère l’ennui froid. Ennui de s’être perdu lui-même. Froideur de ne pouvoir s’aimer, et ainsi de pouvoir aimer les autres. Une hystérie blanche comme nous l’avons écrit plus haut.

Dans le mélange d’apparaître et de retrait, et de dérobade du dandy, il y a un problème de distance. Le dandy n’a pas la bonne distance de celui qui a vécu, le dandy a le figé de celui qui ne peut s’engager dans le monde mais ne peut néanmoins plus se prévaloir de sa juvénilité. Le dandy met trop de distance dans ses relations sociales, distance à lui, distance aux autres, mais il a peur de cette distance et tente de l’apprivoiser par des pirouettes. 

http://esprit-europeen.fr/etudes_metapo_plv_dandy.html

29 commentaires:

Madhibiki a dit…

Je ne suis pas pro soral, loin de la, même si il lui arrive parfois de dire des vérités si et la.
Mais cette couverture est une calomnie, il n'a jamais envoyé des selfies a poile a des gamines.
Coup monté.
Il n'a également jamais retouché la photo pour se "gonfler".
La soit disant photo originale est bien la fausse, c'est le corps d'un jeune. L'effet miroir n'est même pas cohérent.
Pour finir, quel est le rapport entre la photo et l'article Ror ??

Patrice Sanchez a dit…

Quand on confond le phare de sa pensée avec la turgescence de son gland tôt ou tard cela finit par se payer casher !


scorpio a dit…

Ouaip ! Et sinon, t'en pense quoi, toi, Ror ? ;-)

Rorschach a dit…

@ Scorpio

Ce que Nabilla a fait à sa carrière, Soral l'a fait à la dissidence, on peut dire sans crainte de se tromper que Soral est la Nabilla de la complosphére.

@ Madhibiki

Il ne l'a pas peut être envoyé à des gamines mais je peut t'assurer qu'il est très content de s'être exposé ainsi, d'ailleurs il a reçu plus de 10 demandes en mariage !

Quand au rapport entre la photo et l'article, je te laisse le soin de faire toi même les recoupements.

Amaury Massalis a dit…

Ror, tu as probablement raison, cette "entreprise Soral" pourrait participer à la confusion générale. Vers qui vont se tourner les déçus ? En qui avoir confiance ?
Le sabotage et la dé-construction de la société progresse chaque jour davantage.

Amaury Massalis a dit…

Le "dandy" semble assez proche du "pervers narcissique" !!

Rorschach a dit…

Le mondain, le dandy, le don Juan ou le sophistiqué sont autant de types de pervers narcissiques mais il en existe d'autres.

pâte à pizza a dit…

cette définition du dandy est pathétique. Publier des articles tel que celui-là témoigne d'un manque affligeant de repères culturels. Soral est victime d'une campagne de calomnies et s'abaisser à publier de tels articles avec sa photo est consternant. Quant à donner des leçons en complotisme à Alain Soral, vu les âneries qu'on peut lire régulièrement ici, le mieux serait encore de s'abstenir pour ne pas se décrédibiliser définitivement. (cf. la fin du monde de 2012)

Kyru REX a dit…

Je pense qu'il faut soutenir tous les mouvements qui aident à la Réconciliation Nationale et Internationale, en évitant le danger de vénérer les chefs charismatiques comme des gourous.

Dieudonné & Alain Soral présentent le parti Réconciliation Nationale

https://www.youtube.com/watch?v=f_uWU7fQ2wg

Alain Soral a des défauts c'est vrai mais qui n'a pas de défauts ?

Ce n'est donc pas lui ni Dieudonné que nous devons vraiment soutenir mais les idéaux qu'ils portent : la Réconciliation Nationale.

C'est à dire que nous devons réussir à faire vivre ces nobles idéaux même quand il n'y a pas de leaders, en fait chacun doit être capable d'être lui-même un leader.

" Soit le changement que tu veux voir dans le monde " ( Mahatma Gandhi )



cedplayx a dit…

Quoi qu'il en soit, tout le monde a la preuve irréfutable qu'il est complètement Goy jusqu'au bout du bout :-)


Il s'est fait piéger, en retour il a insulté.
Réaction normale.

On polémique sur le selfie bite de soral mais personne ne parle jamais des penchants de Fred Mitterrand , Dany le rouge, jack Lang etc...

Il n'a violé personne, il a juste envoyé en mms une photo nu à une gazelle qui l'avait chauffé avec des tas de photos à poil....

tono tony a dit…

Soral est un porc ni plus ni moins...lui qui se revendique chrétien et qui serait à la droite de Jésus si il était là...à la droite de DSK oui...

les cles du rocher les cles du rocher a dit…

Soral à certains défauts psychique et psychologique, et après...?
Vous en avez tous, sinon vous ne seriez pas la...
L'important c'est ce que l'on fait non pas ce que l'on est.
Il est sur le fauteuil que personne n'a voulu prendre avant lui, alors c'est sur qu'il doit être "particulier", mais lui n'est pas derrière un écran, il est dans la vrai vie, il prend plus de coups qu'il en donne, l'important ce n'est pas lui mais sa cause...
Je suis tout à fait d'accord avec Ror, il est la nabilla de la dissidence, mais ou s'arrête à priori cet accord, c'est qu'il est le représentant d'une tranche de la population, une tranche à qui il a apporté, que l'on soit d'accord ou pas avec lui, il a apporté des outils de réflexions qui n'exister pas avant lui.
J'ai beaucoup de mal à anticiper les prochains evenments le concernant, ce que je sais, c'est que quand le système s'acharne sur quelqu'un, c'est que ce quelqu'un a quelques chose de libérateur en lui, à déterminer ensuite quel est ce "quelque chose"
IL EST TEMPS d'arrêter d'avoir peur...

Aldebaran4261 a dit…

Les chroniques de Rorschach c'est un peu le pif gadget des feuilles de choux su web. Pour comparer Soral à Nabilla, il faut avoir un sacré parti pris. Dans cette affaire de cabale que penserait Rorschach si on piratait son PC et qu'on diffusait ses documents perso ? En validant ce déchainement clairement prédis par BHL de quel côté se trouve ce blogueur à grosse tête ?

les cles du rocher les cles du rocher a dit…

Cela me fait pensé à un dialogue dans Batman, on a les héros que l'on mérite...

Rorschach a dit…

@ cedplayx

Cette affaire ne se résume pas à un selfie, il a aussi planté un couteau dans le dos de Farida Belghoul, LLP, Joe LeCorbeau... bref tous ceux qui sont capables de réfléchir et d'agir indépendamment de lui.

@ pâte à pizza

Raté, sur ce blog on a jamais parlé de la fin du monde en 2012.

Amaury Massalis a dit…

Comment connaitre la vérité sur ce sujet ? Informations et désinformation se télescopent. Soral a depuis quelques temps agité un chiffon rouge, mis en évidence certains faits jusque là "discret", certes, est-ce par calcul ou par idéal ? Que propose-t-il ? S'il était au pouvoir que ferait-il de mieux, de plus, que les politiques actuels ?
Il ne propose pas de rupture totale avec le système actuel.
Qui le fait ? Qui propose un changement de paradigme ?

Dredger a dit…

Salut,
Ce qui compte, c'est le message qu'il fait passer, les analyses qu'il fait, qui sont en générale très bonnes et pertinentes, il synthétise bien, et même s'il peut parfois (certains diront souvent) être corrigé ou affiné, de manière globale il a un rôle positif. En bref, y'a le fond et la forme.
Peut-être que c'est justement ses faiblesses humaines qui font qu'il est tétu et téméraire, qu'il ose dire alors que peu de monde en ose autant. Les mauvais côté de sa personnalité sont en effet de constater qu'il s'est troublé avec d'autres figures de la dissidence comme Ror les a listées, puis cette affaire qui a certainement été montée en épingle, avec du faux rajouté en cerise sur le gâteau pour tenter de jeter un discrédit le plus fort possible contre lui.

Tout le monde est parfait ?
Moi je retiens juste ses analyses, son cul, c'est son problème, tout comme c'est le problème privé de chacun, y'a vraiment pas de quoi fouetter un chat et comparé à des politiques bien en place, preuves à l'appui, c'est peanuts cette histoire !
Donc je rigole aussi car on voit ceux qui n'aime pas cette personne et qui en profite pour cracher dessus ici même, disons que ... chacun a son avis, bien entendu, mais pour moi, c'est la signature d'une personne qui a un problème en lui (une névrose) et cette histoire fait écho à son problème, du coup, projection et critiques - exemple parmis ceux qui ont répondu : Patrice Sanchez, tono tony - un conseil les gars : creusez ce problème chez vous - vous ne voyez ici que le pétard mouillé qui fait pshhhht alors qu'à côté, les recherches et analyses de Soral sont de la bombe, soit problème de discernement soit problème névrotique perso, je pencherais plutôt pour le 2iem, ou alors, c'est que vous êtes vachement "plante verte" ^^

cedplayx a dit…

@Ror
Oui, même si les tenants et aboutissants de ces histoires semblent plus complexes qu'une histoire de couteau dans le dos. J'attends les explications de soral.

En attendant, je préfère le soutenir.


Pour le coup, cette histoire de selfie est bien trop mise en avant selon moi.

cedplayx a dit…

Ah, sur E&R on a la lettre de la fameuse Binti....

Finalement, c'est de l'esbroufe et une toute simple histoire de flirt virtuel.

Soral en ressort blanchi une fois de plus.

Par contre on suppose qu'il y a un paquet de merde (pour être poli) qui gravit(ait) autour de lui.

Zaki Kojak a dit…

Vivement la soraloscopie de LLP !!!!

Maxime Lauvray a dit…



Il n'a pas fallu attendre ces récentes histoires entre Soral et certains membres de la dissidence pour se remettre en question à son sujet.
Sa mayonnaise a tenu tout juste le temps avant le début des réelles problèmes à venir de l'année prochaine.

J'ai moi même été un lecteur et un spectateur de ses interventions mais quand vous avez quelqu'un qui, comme les politiciens est incapable de parler simplement et qui revendique haut et fort certaines valeurs qui laissent à désirer ( tout comme ses rapprochements idéologiques Freudiens), il y a anguille sous roche.
Certaines de ses idées sont justes sur le point analytique mais le personnage est mauvais, et surtout...il sert un projet que nous combattons, Soral est un escroc à l'effigie d'un BHL qu'il combat tant..
Nous sommes dupés, nous les chercheurs de vérités subissons des attaques de l'empire grâce à des pions intellectuels, nos adversaires savent que la plupart des gens qui cherchent ( vraiment..pas les zozos) sont en état d'éveil, ces gens parasitent notre éveil et notre compréhension globale..
En même temps, ça a du bon, la vie fait son tri...

thorgari a dit…

C'est bien de vouloir changer le monde. Mais pour avoir quoi a la place ? Des contestataires, se déclarant dissidents, et se comportant comme des cochons ?
Sans comportement exemplaire, nulle réussite n'est possible pour le changement de paradigme.
De mon point de vue, seuls des individus éveillés peuvent prendre en main le changement. Ce qui veut dire rendre louanges a Dieu et suivre le chemin qu'Il nous indique. Ainsi nous atteindrons l’Unité.
Sans quoi, nous nous comporterons comme un groupe d'egos, ou des groupes de groupes d'egos. Et les erreurs du passe reviendrons.
Les enseignements traditionnels nous indiquent un comportement exemplaire. Alors Soral peut bien invoquer la Tradition, son ego prends le dessus. Il parle de religion sans louer Dieu. Son discours sonne creux. Si Soral s’éveille, alors peut-être sera-t-il le courageux chevalier que beaucoup attendent...
En attendant, il s'exprime comme un ado quand il insulte une femme. Quelque soit ce qu'elle a put dire, cette attitude est indigne et le décrédibilise totalement.
Son travail d'information est remarquable mais il n'a pas la sagesse nécessaire pour avoir la tête du mouvement.
Paix a vous

Aldebaran4261 a dit…

"Cette affaire ne se résume pas à un selfie, il a aussi planté un couteau dans le dos de Farida Belghoul, LLP, Joe LeCorbeau... bref tous ceux qui sont capables de réfléchir et d'agir indépendamment de lui." Jamais Soral n'a fait de déclaration publique concernant ces sujets, mais rorschach est dans les secrets d’alcôves, comme pour planête X ... En parlant de gros mytho ?

Luxar a dit…

La planète X qui nous maintient dans la peur et l'angoisse, merci pour ces frousses successives, nous en avons besoin. Cet article sur AS, est comment dire, d'un manque d'impartialité flagrant. Pour qui et quoi marche tu?

Rorschach a dit…

http://nsa25.casimages.com/img/2011/05/10/110510122327922664.gif

Seppuku Banzai a dit…

Soral commence a déconner sévère , il pète un câble..... D'abord , si vous allez sur son site vous pourrez voir que l'on est discrètement passé d'un site d'information à un site a la gloire de..... Il n'y a qu'à lire les commentaires et le courrier des lecteurs , soral ne publie que ceux qui l'encensent , on se croirait a la fête d'anniversaire que Kim jung machin de Corée , ou au service de communication de Staline , c'est pathétique et ce n'est pas crédible aux yeux des personnes sensées , mais a t il seulement envie d'attirer les personnes sensées ?
Aux niveau des infos , elle arrivent en retard par rapport aux autres sites d'informations et beaucoup sont zappées...pourquoi?
En plus , je pense que les propos qu'il a tenu envers cette jeune fille (dont je me fous) sont intolérables ( allez sur ER et vous verrez qu'il les reconnaît " les noires aiment les blancs etc..") , un homme qui n'est pas raciste ne les tiendrait pas même sous le coup de la frustration ou de la colère. Chassez le naturel et il revient au galop!
Quant aux photos , allez sur ER et vous verrez qu'il reconnaît que ce sont les siennes , je crois rêvé , lui ...l'intellectuel .....qui se fait un selfie à poil .....ehehe sans déconner ? On pourrait s'y attendre la part d'un candidat de télé réalité mais là .....pitié ...quoi? Il se trouve beau ? Il aime son corps? C'est une blague? Pensez a tous ces grands révolutionnaires et imaginez les en train de se faire un selfie...le Che par exemple....ce n'est pas très viril pour celui qui se prétends être un exemple de virilité !
Enfin , pour un homme qui se dit catholique et qui se revendique de la parole de Jésus il n'est pas très cohérent , ne sait il pas que l'adultère est un péché ainsi que l'idolâtrie sans parler de la haine et du racisme !
Ses problèmes avec les autres cadors de la résistance ne peuvent pas être tous le fruit de la manipulation talmudo maconico sioniste ehehe .....le mec pète un câble et ça commence a se voir!
Il n'y a pas de fumée sans feu.
Je suis déçu de lui et cela ne date pas des photos , je respecte son intellect, ses analyses et constats , mais l'homme me déçoit de plus en plus .
Le pire c'est qu'il jette le discrédit sur l'ensemble de la résistance et qu'il entraîne tout et tous dans sa chute .
Peut être n'est il qu'un outil du système finalement , peut être ne sert il lui non plus qu'à dédiaboliser le FN ...en effet , en le faisant passer pour plus dangereux que le FN on fait rentrer ce dernier dans la "norme" ...." Vous voyez que le FN n'est pas fasciste et antisémite , regardez ER!"

Rappelez vous de Matrix ( pour ceux qui ont compris le film) la révolte est orchestrée par la matrice dans le but de la contrôler !

Houx a dit…

@ROR
Je perçois, depuis que je lis votre blog, que nous entretenez une forme de jalousie à l'égard de Soral.
S'engouffrer dans la brèche du privé comme n'importe quelle revue people c'est assez inélégant. D'autant que ces "délicatesses" viennent d'Elfassi et consorts, au moment où A.S. et Dieudo créent un parti.

Reconnaissez au moins que Soral décrypte l'histoire avec beaucoup de brio et d'honnêteté. Ca lui coûte très cher.

tono tony a dit…

Il y'a encore plus minable que Soral , ce sont tous ses fan boys...

Ibra Timité a dit…

Je trouve cette affaire d'un ridicule ! Je trouve aussi que la dissidence est rempli de guignols et il vaut mieux qu'elle s'effondre et que chacun montre son vrai visage. Si certains ont voulu prendre Soral pour un dieu c'est leur problème ce n'est qu'un con d'humain imparfait qui a parfois des analyses intéressantes et ça s'arrête là. J'ai du respect pour Pierre Hillard ou Marion Sigaut, les autres que ce soit le libre penseur, Farida Belgoul et autres sont des repoussoirs naturels. J'aime assez bien Tepa de Meta Tv aussi les autres... Dieudonné je le perçois comme un bouffon qui m'amuse et rien de plus. Certains viennent vomir sur Soral et ça m'amuse, quoi ils sont déçus ? Et puis quoi encore ? Il fallait le prendre pour ce qu'il est ! Un mec à l'égo surdimensionné, qui dit certaines choses intéressantes, qui se contredit et qui essaie de faire le grand écart pour donner un semblant de cohérence à ses propos. Il aime avoir raison donc rien que ça, ça pousse à se méfier de lui. Après que chacun mène son combat !

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