mardi 16 décembre 2014

2014, l’année où l’Empire a refusé de mourir dans son lit




On espérait un peu naïvement que l'Empire US mourrait dans son lit (1). Il n'en est rien. Gangrené par sa faillite financière, morale et sociale, il décline bien sûr comme prévu et le Système atlantiste avec lui. Sauf que tout se passe beaucoup plus vite qu'attendu.


Saisi de panique, l'Empire a donc mis à profit l'année 2014 pour semer partout le chaos pour tenter de conjurer son déclin, allant jusqu'à construire toutes les conditions d'une Troisième guerre mondiale. Il aura évidemment pris soin de fixer l'épicentre de la chose loin de son sanctuaire (2), avec l'assentiment d'une élite européenne de groupies-technocrates, et autres idiots utiles, encadrés par un proconsul allemand rétabli dans sa grandeur (3).

2014 aura donc été l'année d'un emballement stupéfiant et d'une montée aux extrêmes terrifiante, l'année où l'Empire aura refusé de mourir dans son lit, ouvrant une nouvelle séquence historique plus folle que jamais.

Du grand frère protecteur au tortionnaire

Lorsque des clowns formatés dans des écoles de com' prétendent lui commander, l'Histoire peut se montrer d'une cruauté infinie. Ainsi en va-t-il du dernier POTUS, Barack Hussein Obama, à la fois Prix Nobel de la Paix, geôlier en chef du camp de torture de Guantanamo et artisan d'une nouvelle guerre froide à l'issue potentiellement apocalyptique.

Le mythe hollywoodien du grand frère américain protecteur, un peu couillon mais bienveillant, est bel et bien définitivement enterré, malgré la puissance de la machine de propagande mobilisée pour l'entretenir.
Aujourd'hui, la plupart des peuples du monde sont ainsi passés de la fascination pour l'American Dream au dégoût à l'égard d'une hyperpuissance aussi vorace que brutale, qui n'hésite pas à semer la mort et le chaos pour « perdurer dans son être ».

2014 fait à ce titre un peu figure de point d'orgue, où l'on aura vu l'Empire étrenner l'année par une alliance avec des groupes néonazis ukrainiens - pour perpétrer le coup d'État que l'on sait - , puis la terminer dans la puanteur exhumée de ses habituelles pratiques tortionnaires (4).
Et c'est aux pieds de cet Empire-là que les élites européennes n'en finissent plus de ramper, se soumettant à tous ses diktats, couvrant tous ses crimes, se prêtant à toutes ses manigances les plus folles. A cet égard, le cas de l'Allemagne mérite désormais une attention particulière.

« We've beaten the Germans twice, and now they're back! »

On se souvient des craintes de Mitterrand et de la Dame de fer à l'aube de la réunification allemande, craintes parfaitement résumées par Margaret Thatcher lorsqu'elle s'était écriée : « Quoi, nous avons battu deux fois les Allemands et les voilà encore de retour ! (5)». De facto, l'Allemagne est en effet (re)devenue la puissance dirigeante en Europe, au point que certains observateurs, comme Emmanuel Todd, n'hésitent plus à parler d'un Empire allemand reconstitué (6). Or la soudaine adhésion de la chancelière allemande à l'hystérie guerrière antirusse de l'Empire US pose de graves questions.

Suite au scandale des écoutes perpétrées par la NSA sur son téléphone portable, on pensait pourtant que la lune de miel avec Washington ne serait pas pour demain, la chancelière allemande faisant savoir qu'« entre des amis proches et des pays partenaires comme le sont la République fédérale d'Allemagne et les États-Unis depuis des décennies, une telle surveillance d'un chef de gouvernement ne saurait exister. » Parlant même d'un « coup sérieux porté à la confiance mutuelle entre les deux pays ». C'était en octobre 2013, peu avant le début du coup d'État de Kiev.
Mme Merkel s'était ensuite joint à la meute des toutous pour hurler avec l'Empire contre Moscou, mais toutefois sans excès. Du moins jusqu'au discours de Sidney, le 17 novembre dernier, où la chancelière a attaqué la Russie avec une agressivité inédite, affirmant notamment « que les agissements de la Russie mettaient en péril la paix en Europe » (7).

Comme le souligne Philippe Grasset dans dedefensa (8), « aucun élément nouveau décisif, dans les trois ou quatre derniers mois, ne paraît devoir justifier le revirement de Merkel exprimé dans des termes si dramatiques et alarmistes, et encore moins l'expliquer. » D'où l'hypothèse, de plus en plus répandue, que les écoutes de la NSA ont finalement payé, et que les USA feraient tout simplement chanter la chancelière. Les États-Unis disposeraient donc de « moyens de pression pouvant aller aussi bien de documents récupérés de l'ex-RDA, par exemple des archives de la Stasi, que de certaines affirmations et confidences de la chancelière interceptées par la NSA. » C'est bien évidemment possible, la politique étrangère étasunienne relevant davantage du gangstérisme que de la diplomatie.


L'Empire aux abois

De son côté, l'Empire poursuit furieusement sa montée aux extrêmes. Le 12 décembre dernier, le Congrès US a ainsi autorisé la livraison d'armes létales à l'Ukraine en votant à l'unanimité un texte que d'aucuns considèrent comme une véritable déclaration de guerre contre la Russie (15). Nous en sommes donc là, en cette fin 2014.

En s'appuyant sur les faiblesses, les aveuglements ou les rêves de grandeur inavoués d'acteurs européens parfaitement lamentables dans cette affaire, l'Empire a décidé de privilégier la politique du pire pour tenter de conjurer son déclin, fixant une guerre en Europe de l'Est en acceptant avec une inconséquence inouïe la possibilité d'une confrontation militaire entre puissances nucléaires. C'est peut-être que pour lui le temps presse de plus en plus.
L'offensive menée contre la Russie a en effet convaincu les pays du Brics de passer à la vitesse supérieure et les rapprochements entre Moscou et Pékin, et même plus récemment New Delhi, font paniquer Washington (16).

Sur le plan intérieur, la situation étasunienne se détériore d'heure en heure. Un Américain sur 5 bénéficie désormais de bons d'alimentation pour vivre (17), et une réplique amplifiée de la crise des subprime de 2008 est d'ores et déjà sur dans les starting blocks.
Pour éviter la rébellion des 99% contre les prédateurs du corporate power US, c'est-à-dire du peuple contre le gouvernement, l'administration Obama a même exhumé la vieille technique de la division raciale pour noyer le poisson (18), ce qui est tout de même un comble pour un premier Président noir US. Mais passons.

La faillite des États-Unis est consommée tant sur les plans financier que moral ou social. Ne reste dès lors que l'Empire en tant que structure, en tant que Système, en tant que machine à dominer et à écraser, dans toute sa froideur et toute sa brutalité.
Un Empire aux abois, qui refuse de mourir dans son lit.

http://www.entrefilets.com/2014_l_annee_ou_l_empire_refuse_de_mourir_dans_son_lit.html

Via :
http://fr.sott.net/article/24211-2014-l-Empire-a-refuse-de-mourir-dans-son-lit

6 commentaires:

Ibra Timité a dit…

Personnellement je suis parfois un peu de l'avis du professeur Hillard qui pense que tout ceci est une mascarade et que le but de ces "tensions" est d'accélérer la consolidation des différents blocs. Notamment eurasia avec la renforcement des BRICS parmi lesquels la Russie, l'Inde et la Chine. Et océania avec OTAN et affidés. Je ne peux lui donner tort. Alors je sais que certains veulent voir en Poutine "le bon". Bien que celui-ci ait l'air moins pourri que la racaille qu'il y a en face, mon instinct me pousse à me méfier. Je pense qu'il y a plusieurs niveaux de lecture de ce qui se passe dans le monde. Et à un niveau de lecture effectivement tout ceci favorise la création de gros blocs qui ensuite seront fusionnés pour le gouvernement mondial. Alors bien sûr il y a des tensions entre les mondialistes mais je me dis que le but final est le gouvernement mondial qui sera amené de gré ou de force. Pas sûr cependant que les hommes politiques comprennent véritablement ce qui se passe.

Amaury Massalis a dit…

Pour qu’une république devienne une emporocratie il faut qu’elle soit mercantile (la haute finance dirige en sous-mains), qu’elle puisse assujettir des peuples par la force, la puissance politique et économique, qu’elle possède une armée puissante pour s’imposer hors de ses frontières (des bases réparties partout dans le monde et une marine puissante). Les USA sont donc une emporocratie et non une démocratie.
C'est sa perte ce crédit à l'extérieur comme à intérieurs qui la feront s'écrouler. L'empire chancelle déjà : d'où viendra le petit coup de pouce décisif ?

niagara delyon a dit…

La chute du dollar.
Quand le dollar chutera toutes les monnaies du monde chuterons, mais une seul une monnaie remontera rapidement c’est les fameux dollars.
La majorité des peuples du monde font plus confiance au dollar plutôt qu’a leur monnaie nationale.
Quand les pays se débarrassent de leur dollar pour acheter de l’or le dollar retourne dans les mains des banksters
Le pétrole qui chute c’est moins de dollar qui circule, donc encore un avantage pour les banksters.
Plus de dollar chez les banksters moins chez leurs opposants, donc le jour ou les monnaie chuteront et que tout le monde va vouloir des dollars c’est qui va revendre son or pour avoir 1 dollar qui vaudra 10 euros ou plus.
La banque gagne quand l’argent papier est dans ses mains, tant que les billets sont en circulation la banque est perdante donc moins de dollar qui circule c’est toujours la cabale qui tient la barre.
Bon s’est mon analyse personnel elle vaut ce quelle vaut.

niagara delyon a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Florent a dit…

Actuellement c'est la rouble et non le dollar qui chute :hap:

Franck D. a dit…

Changement de situation de dernière minutes , c'est la chute du rouble pour la Russie !

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Commentaires fermés

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