vendredi 30 janvier 2015

L'affaire de la plainte contre l'enfant de 8 ans est le révélateur d'une société où l'autorité des adultes a disparu



Un enfant de 8 ans contre Peter Pan !

On verra dans cette analyse que les adultes n’en sont plus. Ainsi ils n’ont même plus les bases pour distinguer un adulte d’un enfant et les conséquences de tout ordre qui en découle. On a vu alors un des profs qui porte plainte contre… l’enfant.


L’enfant est emmené par la police au… commissariat. Partant de là, on mettra « adultes » entre guillemets car ce mot ne se distingue de l’enfant que par l’âge auquel se rapporte son objet. On voit des attitudes de la part des « adultes » qui traitent l’enfant comme un adulte et ce pour une raison. Ces « adultes » n’ont aucune idée de la notion de hiérarchie (c’est le comble dans une école). Ce qu’on appelle ici hiérarchie, c’est pour que le contemporain comprenne. La hiérarchie est en réalité une « soumission ». Rappelons que la soumission n’est pas nocive, c’est un ordre dans lequel au sein d’une société à peu près potable, le Sage soumet les plus puérils à son autorité. Ceci en vue de leur élévation (c’est la signification du mot : élève) : connaissance et savoir par l’instruction, l’expérimentation et l’expérience (cette dernière de l’adulte comme de l’élève).

Ainsi on obéit au plus vieux (le grand-père, le père, le plus vieux du village). Celui qui est soumis à l’autorité du plus sage, a lui-même autorité sur le plus jeune (le grand frère sur le petit) etc… C’est une situation de groupe social très naturel, pourtant ce genre de relations sociales vous sont totalement exotiques alors pour mieux faire digérer ce constat, disons que c’est un système de Senpai et kōhai (au Japon) le plus banal du monde.


Dis mon enfant, comment on fait les bébés ?

A l’échelle du peuple, les enfants sont possesseurs de la hiérarchie. Ils commandent le professeur, les parents (ces « adultes ») qui a pour conséquence une anarchie puisque l’enfant en étant puéril ne se commande pas lui-même. D’où à la question du flic : « c’est quoi le terrorisme ? »

La réponse de l’enfant « j’en sais rien ». Ce à quoi le sage du village, devant pareille scène, répondrait comme à un enfant au policier « es-tu en train de demander à un enfant son avis et de structurer sa pensée, alors que c’est à un enfant d’agir ainsi envers un adulte pour qu’il accède à la connaissance ?»

A l’échelle du pouvoir (en dehors du peuple : le Tiers-Etat inversé) la hiérarchie naturelle (quoi que…), elle, est maintenue : soumission intégrale des enfants et des adultes (du peuple). Comprenons bien que le politique devant ses intérêts ne se laissera jamais emmerder par un enfant qui n’est pour lui qu’une crotte de nez sur un pare-brise. D’où la question d’une autre analyse : d’où l’intérêt du pouvoir réel que les enfants soumettent les « adultes » (ou plus justement que les « adultes » soit soumis aux enfants) ?

Ayant autant d’acuité visuelle qu’une protée anguillard, du côté populace, l’illusion de détention de pouvoir de l’adulte est maintenue par… des punitions… Et quand cette illusion est brisée, la réalité ressurgit : on fait appel, comme un enfant courant dans les jupons de sa mère, à ceux qui détiennent l’autorité réelle, en se précipitant tout simplement vers la police qui incarne le pouvoir, le vrai, c’est-à-dire le sommet de la hiérarchie, celle à qui l’on est soumis (enfants comme « adultes »). Dans une hiérarchie normale, un problème comme ça à l'école, on le règle en famille : convocation parents, explication, inspecteur d'académie. D'un point de vue de "l'autorité", l'enfant aura tous les jours un prof qui l'a envoyé au commissariat... bonjour l'ambiance...

Pourquoi une si pénible explication ?

Pour expliquer l’attitude des « adultes » vis-à-vis de l’enfant. On répète. « Adultes », on exclut ce qui est le pouvoir réel : les policiers eux-mêmes trouvent cette façon de faire des « adultes » disproportionné. Mais cela s’explique parce que les « adultes », sur ce coup, ont été dépossédés de leur autorité, alors que le pouvoir réel (représenté par la police) ne branle pas d’un nanomètre. « L’adulte » a pris un gros doigt d’honneur.

Après cela, on a l’exploitation de l’évènement par l’autorité réelle pour mieux asseoir la hiérarchie, ou plutôt maintenir fermement une soumission pour ceux qui n’auraient pas compris : les enfants. Car, puisqu’ils ont autorité sur les « adultes » il faut leur faire comprendre qui est le patron afin qu’ils ne prennent leurs aises que dans la sphère du peuple. L’affaire du terrorisme est un sujet auquel l’Etat tient, alors pas touche ! D’autant plus qu’on a affaire à un petit Ahmed (Ndt : « encore des bougnoules ! ») qui permet de faire une pierre deux coups : soumission + division, à qui profite le crime. Bilan : crache sur ton prof mais Charlie ta gueule !


La parole à la défense

Ces chers « adultes » rétorqueront que le message véhiculé est scandaleux et fait l’apologie du terrorisme. Le Sage répondrait, compte tenu qu’il a 8 ans nous dirons plutôt : absence de compassion. Et puisqu’il faut dire les choses nettes, l’élève ne sachant pas ce qu’il racontait, on voit bien que de cette affaire, au fond, il en a rien à foutre. En effet, soulignons que des petites têtes blondes peuvent donner exactement la même réponse. Il n’y a pas de nationalisme religieux chez un enfant de 8 ans qui a pour préoccupation ses échanges de cartes Pokémon sauf s’il vit dans un pays type Palestine/Arabie Saoudite.

Et puis quand même ! Si l’on ne souhaite pas entendre de la part des élèves certaines réponses sur certains sujets : pourquoi leur poser la question ? Charlie n’est pas dans le programme scolaire non ? De plus c'est de la triche on demande aux élèves quelque chose sans qu'ils connaissent la règle du jeu : "ce qu'il faut dire et ne pas dire" ce sont des enfants, c'est de la triche !

La réponse des « adultes » sera aussi que le fait est gravissime. A une objection près. Si vous avez bien lu plus haut vous avez la réponse. « Gravissime » pour « l’adulte » parce qu’il traite les propos d’un enfant d’égal à égal par rapport à « l’adulte lui-même ». Ceux qui ont déjà vu un enfant savent que 30 secondes après ses paroles, l’enfant ne pense qu’à regarder l’horloge dans un énième cours pourri avec un prof incompétent, afin de savoir combien de temps il lui reste à tenir pour prendre sa revanche sur l’équipe de Tom qui l’a battu la veille alors qu’il y avait main.


Une caméra chez chaque Français !

La réponse ultime de la part des français (souvent de souches ou bien blancs) que j’appellerai la technique Jean Moulin, qui consiste à dire « il dit ça parce que les parents le disent c’est eux qu’il faut condamner » avec les bagages dans le coffre (« les arabes… », « dehors »). Des puritains qui ont l’âme bonne, charitable et qui se scandalisent de propos violents.

Ceci dit Faux-derches accepte l’argument et propose d’aller plus loin. Il faut condamner les parents et mettre des micros dans chaque foyer. Avec cette méthode, espérons que les puritains n’aillent jamais en prison à tort pour des propos mal interprétés comme « les arabes des grenades ! » ou « laissons-les s’entretuer dans les quartiers c’est toujours ça de gagné », ce serait injuste par rapport aux melons, parce que cela rééquilibrerait le quota de français de souches en taule. « On est chez nous ! quand même ! ».

http://www.faux-derches.com/articles/enfant-commissariat.htm

6 commentaires:

amclevel a dit…

Une tempête dans un verre d'eau ^^
En réalité le père a été convoqué pour sa réaction violente devant le directeur d'ecole
Le père qui a déjà des suspicion de violence sur son enfant et qui responsable d'une association contre l'Islamophobie
Bientôt on pourra même plus critiquer l'islam
Les medias succombent au complotistme qui consiste a diffuser une information pour faire un Buzz sans l'avoir vérifié au préalable

Anton Anton a dit…

Cet enfant est devenu un héros parmi les siens. L'émulation créée ne manquera pas de se développer. Le pire étant que l'effet poduit est recherché, comme la production négative de nos politiques, c'est à dire tout! Absolument tout! Il y aura des comptes à rendre, s'il reste quelques vivants....

Utopia a dit…

Si si les gosses dans les écoles ont eu droit à tout un speech sur charlie et ils ont même fait des dessins "je suis ch..."

tono tony a dit…

Anton Anton a dit…
Cet enfant est devenu un héros parmi les siens.
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Bien sur...les musulmans ont pris pour symbole un héro de 8 ans...n'importe nawak vraiment...

tono tony a dit…

amclevel a dit…

Bientôt on pourra même plus critiquer l'islam

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Vas y je t'en prie, on n'est plus à ça prés... mais je ne vois pas le rapport avec l'article...

paul george a dit…

"lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants,
lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,
lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus au-dessus d'eux l'autorité de rien ni de personne,
alors c'est là, en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie."
Platon.

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